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Aujourd'hui l'économie

Coronavirus: les banques peuvent-elles tenir le choc?

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Le bureau de la banque américaine Goldman Sachs à la bourse de New York.
Le bureau de la banque américaine Goldman Sachs à la bourse de New York. AFP/Chris Hondros/Getty Images

Le coronavirus va plonger le monde dans la récession, c’est une certitude avec un ralentissement économique jamais vu depuis la Deuxième Guerre mondiale...Dans cette crise, les banques sont en première ligne. Confrontés à une flambée des impayés, elles sont chargées dans le même temps de continuer à irriguer l’économie. Les principales institutions bancaires multiplient les annonces, se disant prêtes à affronter la crise…

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Douze ans après la grande crise financière, les banques américaines sortent le slogan de rigueur : « on espère le meilleur mais on se prépare au pire » C'est le pire choc depuis la grande dépression des années 1930. Et c’est le PDG de Goldman Sachs, l’une des banques responsables de la crise de 2008 qui le dit.

Que font-elles exactement ces banques ?

Elles provisionnent leurs comptes afin de pouvoir répondre aux défauts de paiements qui s’accumulent. Parce que les entreprises ferment, les salariés perdent leur emploi par milliers et ne peuvent honorer leurs créances.
Pour y répondre, Goldman Sachs a provisionné 937 millions de dollars. Ses rivales comme Citigroup et Bank of America, plus exposés aux petits clients, ont elles provisionné… plusieurs milliards de dollars.

On imagine que ça a des incidences sur leurs résultats ?

Les charges supplémentaires pour couvrir le risque ont fait que leurs revenus ont été divisés par deux ce trimestre pour Goldman Sachs et Citigroup. « Heureusement », il y a la spéculation. La volatilité créée par la situation de crise vient enrichir leurs activités de courtage des matières premières ou des devises par exemple. Globalement, avec la dérégulation bancaire de ces dernières années, les banques peuvent dire merci à l’administration Trump qui leur a permis de s’enrichir de façon prodigieuse. D’ailleurs, elles n’envisagent pas le moins du monde de suspendre les dividendes aux actionnaires. Des élus du Congrès s’en sont émus il y a une semaine auprès de la Banque centrale.

En Europe, les banques sont censées être armées pour faire face à la crise

L’ensemble des réglementations instaurées depuis la crise de 2008, règles prudentielles si souvent citées comme responsables de leur moindre rentabilité…face aux banques américaines, aujourd’hui, ces règles leur évitent de sombrer. Depuis dix ans, les banques européennes mettent en réserve une grande part de leurs bénéfices pour constituer un « coussin de sûreté » afin d’amortir les chocs comme celui que nous vivons. Le système est solide a affirmé dernièrement Christine Lagarde, la directrice de la Banque centrale européenne. Si solide, que le mois dernier, la BCE a fait sauter en partie les règles. Le fameux coussin de sécurité a été revu à la baisse. Ce qui permet aux banques de libérer des fonds pour absorber les pertes dus aux impayés, mais surtout de continuer de faire leur travail : irriguer l’économie avec le crédit.

Et pour qu’elles continuent à le faire, les autorités mettent les moyens

La Banque centrale européenne continue de fournir des liquidités en très grande quantité comme elle fait depuis des années.

De leur côté, les États garantissent le plus souvent les prêts pour permettre aux banques d’aider les entreprises et éviter faillite et licenciements.

Les États prennent donc en charge une partie du risque. Mais cela suffira-t-il ? Dans un contexte où la politique des taux bas entament déjà beaucoup leurs revenus, certains économistes pensent que la réglementation ne protège pas assez les banques. Cette crise, dont on ne voit pas encore la fin, pourrait servir d’ultime « stress test » pour évaluer leur solidité, en particulier leur solvabilité.

En Italie, les banques sont extrêmement exposées : à la dette de leur État mais aussi à une situation économique très dégradée qui voit leur niveau de créances douteuses déjà important…augmenter encore.

Responsables de la crise en 2008, en première ligne aujourd’hui, les banques de Washington à Bruxelles, espèrent une chose : que cette crise-là ne dure pas trop longtemps.

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