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Chronique des médias

Avis de tsunami sur les médias

Audio 02:45
Franck Riester, ministre de la Culture sur RFI le 18 février 2020. Le gouvernement travaille à un plan global en faveur de la presse.
Franck Riester, ministre de la Culture sur RFI le 18 février 2020. Le gouvernement travaille à un plan global en faveur de la presse. © RFI

Les médias, et en particulier de la presse, sont dans une situation alarmante depuis le début de l’épidémie et du confinement.

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C’est une situation paradoxale : rarement les audiences des journaux télévisés comme des sites de presse n’ont été aussi bonnes, rarement les chaînes comme les radios d’information n’ont rassemblé autant de téléspectateurs ou d’auditeurs… Jamais on n’a eu autant besoin d’investigation comme de sources fiables et indépendantes face à la déferlante des infox sur le virus…

Et pourtant, jamais les médias en France, dans le monde, n’ont semblé aussi menacés. Le paradoxe, c’est que la consommation d’articles sur Facebook a progressé en mars de 50% et, selon le New York Times, ce sont alors les grandes références journalistiques qui sont consultées. Mais dans le même temps ces journaux, ces médias voient leurs recettes publicitaires s’effondrer et leurs ventes en kiosques se raréfier du fait du confinement. Cela menace de nombreux titres de presse, notamment les journaux locaux les plus fragiles, comme le quotidien Paris Normandie, qui demandera mardi sa liquidation judiciaire au tribunal de commerce.

Dans un premier temps, de nombreux éditeurs de médias ont pu s’appuyer sur les mesures de chômage partiel qui permettent de faire prendre en charge par l’État une partie de leur manque à gagner. Mais avec des recettes publicitaires à -70 ou -80% dans les télévisions privées, comme à TF1 ou M6, et des parutions qui s’interrompent dans la presse comme à L’Équipe Magazine, le chômage partiel ne suffit pas pour ces médias. Ils demandent un crédit d’impôt sur la publicité pour pouvoir combler leurs pertes. Ce que conteste des médias indépendants comme Arrêt sur images ou Next Impact, vivant des abonnements, selon lesquels ce serait une distorsion de concurrence.

Franck Riester, le ministre de la Culture a d’ores et déjà annoncé qu’il étudierait cette possibilité de crédit d’impôt. Mais le gouvernement travaille surtout à un plan global en faveur de la presse. Un plan comprenant non seulement des mesures fiscales de ce type mais aussi des solutions pour assurer la continuité de la distribution des journaux en sauvant Presstalis et permettre une restructuration des imprimeries ou la mise en place de fonds stratégiques en faveur de la presse. Des aides vont être versées de façon anticipée et le chômage partiel sera étendu aux journalistes pigistes.

Mais avec des festivals ou des rencontres sportives annulés, des tournages arrêtés, on devine que l’arrêt de la publicité aura des conséquences en chaîne car c’est toute une partie de l’information et de la création audiovisuelle qui en dépend. Selon Franck Riester, cela amènera le gouvernement à revoir son projet de loi sur audiovisuel à l’aune de la crise.

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