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Revue de presse Afrique

À la Une: le Covid-Organics

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Le président malgache Andry Rajoelina préside la cérémonie de lancement de son «remède miracle» contre le coronavirus.
Le président malgache Andry Rajoelina préside la cérémonie de lancement de son «remède miracle» contre le coronavirus. AFP/Rijasolo

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Le Covid-Organics, c'est le nom du remède miracle qui permettrait de soigner le Covid-19, s'il faut en croire du moins les récentes déclarations du président malgache, Andry Rajoelina. « Ce médicament a été élaboré, précise Le Point Afrique, par L'Imra, l'Institut malgache des recherches appliquées. Il contient de l'artemisia, une plante aux airs de fougère issue de la pharmacopée traditionnelle chinoise et cultivée sur la Grande Île pour lutter contre le paludisme. »

Andry Rajoelina y croit dur comme fer : « J'annonce officiellement la réussite et les bons résultats des essais de notre remède, a-t-il affirmé dimanche, on peut dire qu'il a donné un résultat concluant sur les malades du Covid-19 à Madagascar et qu'il peut limiter et atténuer ses effets sur le corps humain. »

Et d'ailleurs, rapporte L'Express de Madagascar, à Antananarivo, le président malgache a d'ores et déjà annoncé deux cas de guérison par le Covid-Organics, à l'issue des premiers tests.

Toutefois, reconnaît le quotidien Madagascar Tribune, « À Madagascar, et dans d’autres pays du monde, il y a encore ceux qui restent perplexes par rapport à cette déclaration du chef de l’État malgache. La plupart d’entre eux préfèrent tout simplement avoir des explications plus scientifiques et des données plus fiables. »

Aucune preuve scientifique...

Justement, qu'en pense la communauté scientifique internationale ? « L'Organisation mondiale de la santé, relève Le Point Afrique, a reconnu que certains médicaments et remèdes traditionnels "pouvaient atténuer les symptômes" du coronavirus, mais a rappelé qu'il "n'existait aucune preuve que ces substances pouvaient prévenir ou guérir la maladie". L'OMS avait même voté dès 2007 une résolution appellant à un retrait progressif des monothérapies à base d'artémisinine par voie orale des marchés. » En effet, cette plante, absorbée en tisane pour lutter contre le paludisme, aurait des effets contreproductifs. Elle ne serait efficace qu'associée à d'autres molécules.

En fait, précise Jeune Afrique, « dans la communauté scientifique, les études commencent tout juste. Le célèbre institut Max Planck, en Allemagne, qui aligne 18 prix Nobel depuis 1948 et 15 000 publications par an, a lancé un essai in vitro le 8 avril, en collaboration avec l’entreprise américaine ArtemiLife et des chercheurs danois. Dans un communiqué, ce centre de recherches explique que des études ont montré que l’artemisia démontrait une certaine efficacité contre un virus semblable à l’actuel coronavirus. (…) Toutefois, confie à JA Catherine Hill, épidémiologiste et ancienne cheffe de service à l’Institut Gustave Roussy, à Villejuif, "il faudra des données in vitro, et seulement ensuite des données avec de vrais patients, sinon rien ne prouve évidemment que l’artemisia agisse sur le coronavirus". »

Prudence !

Donc, ne nous emballons pas !, lance Le Pays au Burkina Faso. Certes, reconnaît le quotidien ouagalais, « cela rendrait grandement service à l’humanité, au moment où les résultats concluants de nombreux tests et autres expériences à travers le monde, se font encore attendre. Et s’il n’y a pas de doute que la pharmacopée traditionnelle a aussi un rôle à jouer dans la lutte contre le Covid-19, on peut tout de même se demander si le président malgache ne met pas quelque peu la charrue avant les bœufs, en se lançant dans la promotion d’une plante qui est encore loin d’avoir fait toutes ses preuves de façon irréfutable contre la pandémie spécifique du Covid-19. C’est pourquoi, estime Le Pays, en dehors de toute homologation scientifique, c’est peu de dire que l’histoire de ce "remède miracle", est un véritable pari risqué pour le président malgache.

Et ce, d’autant qu’au-delà des dividendes politiques et des retombées économiques que son pays pourrait en tirer, c’est la vie de millions de personnes qui est ici en jeu. » Et Le Pays d'insister : « Au moment où la science n’a pas encore trouvé le remède adéquat, et encore moins le vaccin contre la maladie, peut-on raisonnablement parier sur l’efficacité absolue d’une plante, quelles qu’en soient ses vertus, et qui est loin d’avoir satisfait à tout le protocole d’homologation scientifique applicable en pareilles circonstances ? Assurément, non, répond le quotidien burkinabé. Car, ce serait prendre le risque de mettre des vies en danger au cas où le produit présenterait par la suite une certaine nocivité ou encore des effets secondaires non maîtrisés. C’est pourquoi, même si ce "remède miracle" paraît quelque part comme un espoir, il y a lieu de rester prudent. »

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