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Revue de presse française

À la Une : le casse-tête du déconfinement

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Le Premier ministre Edouard Philippe avec son ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, à l'Assemblée nationale à Paris le 21 avril 2020.
Le Premier ministre Edouard Philippe avec son ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, à l'Assemblée nationale à Paris le 21 avril 2020. Jacques Witt / POOL / AFP

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« Un travail de dentellière », s'exclame Sud-Ouest. « La semaine qui s’ouvre verra Édouard Philippe présenter demain mardi son plan à l’Assemblée, et le mettre au vote. (…) Santé publique, écoles, entreprises et fonction publique, magasins, transports, rassemblements : ces six chapitres sont au menu de la déclaration du Premier ministre. Édouard Philippe abordera aussi la délicate question du traçage avec le projet d’une application StopCovid censée retrouver les contacts des porteurs de virus, complétant ainsi l’arsenal pour que la reprise économique et sociale ne rime pas avec reprise de l’épidémie. (…) Mais à la vérité, pointe Sud-Ouest, rien ne sera intangible mardi soir. Car la suite de la semaine sera consacrée à la 'co-construction' de la mise en œuvre avec les élus locaux, sans lesquels les directives nationales pourraient rester lettre morte. »

Ce plan aura un « rôle clé », souligne La Dépêche du Midi, celui « d’en finir avec les nombreux couacs qui ont émaillé la gestion de la crise par le pouvoir. Sur les masques ou sur les tests, les zigzags et les contorsions de la communication gouvernementale et élyséenne – gênants mais pas étonnants compte tenu de l’incroyable complexité de l’épidémie – doivent cesser pour redonner confiance aux Français et ouvrir une perspective pour les mois qui viennent. L’exécutif l’a bien compris qui a accéléré la présentation de son plan de déconfinement. »

La santé ou l'économie ?

En fait, pointe Libération, « se pose aux responsables, scientifiques, élus et, finalement, à chaque citoyen, un dilemme complexe, incertain, vertigineux à certains égards : choisir la santé à tout prix ou bien faire entrer dans l’équation les épreuves qu’un long confinement risque d’imposer à la société. Jusqu’à présent, la santé l’emporte, à juste titre. (…) Mais qui peut passer sous silence, s'interroge Libération, les violentes conséquences de la récession déclenchée par l’enfermement obligatoire des trois quarts de la population ? Y compris sur le plan sanitaire. (…) La santé doit l’emporter sur l’économie, dit-on. Certes. Mais une économie délabrée menace aussi la santé, souligne le journal, entre autres calamités. Le gouvernement doit choisir, non entre la morale et la 'realpolitik', mais entre deux risques, que scientifiques et économistes sont incapables d’évaluer avec certitude. Il faut trancher entre deux solutions dangereuses derrière un voile d’ignorance. La politique, dans ces circonstances, retrouve sa nature tragique. »

Pour Le Figaro, c'est clair : il faut redémarrer l'activité économique au plus vite... « Les chiffres - malheureusement provisoires - de cette catastrophe économique donnent le tournis : à ce jour, plus de 10 millions de Français se trouvent au chômage partiel et le gouvernement a déjà mobilisé 100 milliards d’euros de fonds publics en urgence. Les déficits se creusent, la dette explose, la croissance plonge, les risques de faillites augmentent… plus le temps passe, plus les dégâts deviennent irréparables. (…) Personne n’imagine cette situation tenable plus longtemps. Dans les entreprises, où l’on s’est organisé tant bien que mal pour passer la crise, l’heure est à la mobilisation. (…) Mais tous ces efforts resteront vains, prévient Le Figaro, tant que le pouvoir politique n’accomplira pas sa part du chemin. En assurant - il serait temps - la distribution de masques et de tests à grande échelle. En définissant, enfin, après tant de changements de pied et tant d’injonctions contradictoires, les règles claires, précises et de bon sens qui permettront concrètement ce redémarrage. »

Reprendre l'école : dans quelles conditions ?

Autre grande préoccupation : la reprise de l'école à partir du 11 mai... « Périlleuse rentrée », titre La Croix. « Une certitude : le retour en classe ne sera pas obligatoire, a confirmé l’Élysée. Autrement dit, on ne saurait tenir rigueur aux parents qui préféreraient garder leur progéniture à la maison, que leur décision soit liée à une vulnérabilité particulière de leurs enfants, à leur propre fragilité face au virus, voire simplement à la conviction que les conditions sanitaires d’une reprise ne sont pas réunies. Une position que pourraient adopter deux tiers des familles, à en croire un récent sondage. »

« Le gros doute », renchérit Le Parisien. « Les experts du conseil scientifique ont dressé une liste de mesures drastiques, note le journal, pour que la sonnerie de l’école, top départ d’une reprise progressive de l’activité sociale et économique, ne s’accompagne pas d’une recrudescence incontrôlée de l’épidémie. (…) Nettoyages renforcés des locaux, port du masque pour l’ensemble des adultes ainsi que pour les collégiens et les lycéens. (…) 'Il y a un protocole sanitaire, on va l’appliquer drastiquement, et si un établissement n’est pas en mesure de le faire, il n’ouvrira pas. On fera du cas par cas', rassure-t-on au cabinet de Jean-Michel Blanquer, qui doit réunir par visioconférence aujourd’hui les recteurs d’académie. Une méthode, conclut Le Parisien, qui soulève un immense point d’interrogation sur le nombre d’écoles, de collèges et de lycées en capacité de cocher toutes les cases. »

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