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Reportage Afrique

Côte d'Ivoire: à Yopougon, «on veut de l'eau à la maison»

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Dans le quartier de Yopougon Gbamnan Djidan 1, la grande majorité des 720 foyers n’ont pas accès l’eau courante. (Image d'illustration)
Dans le quartier de Yopougon Gbamnan Djidan 1, la grande majorité des 720 foyers n’ont pas accès l’eau courante. (Image d'illustration) Pixabay/akphotography1021

En Côte d’Ivoire, au moins cinq millions de personnes connaissent des difficultés d’accès à l’eau salubre. Dans la capitale économique Abidjan, des quartiers entiers ne sont pas raccordés au réseau d’eau. Alors que la Côte d’Ivoire est le pays d’Afrique de l’Ouest le plus touché par l’épidémie de Covid-19, l’ONG Eau et Vie redouble d’efforts pour palier à ces manquements et permettre aux populations d’être en mesure de respecter les gestes-barrière.

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Sous un soleil de plomb, Cynthia trône devant une bonne douzaine de bidons multicolores, qui contenaient autrefois de l’huile de cuisine. C’est elle qui est chargée de les remplir d’eau, d’organiser la file d’attente, et de gérer la petite caisse qui déborde de pièces de monnaie.

Les habitants du quartier se pressent pour venir se fournir à ce point d’eau d’urgence. Elle en vend au moins 250 par jour. « Les habitants du quartier, comme il y a un problème d'eau, ils n'ont pas les compteurs dans les maisons, ils viennent à la source pour prendre de l'eau. Quand ils arrivent, ils sont en rang comme il se doit, et c'est par ordre d'arriver. Les bidons ont leur rang, les bassines ont leur rang », explique Cynthia.

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Pour un accès au réseau à tous

Dans ce quartier de Yopougon, Gbamnan Djidan 1, la grande majorité des 720 foyers n’ont pas accès l’eau courante. La distribution a été suspendue pour lutter contre les raccordements illégaux. L’ONG Eau et Vie, implantée depuis 2015 en Côte d’Ivoire, milite pour l’accès au réseau pour tous. En raison de la crise liée au Covid-1, il a fallu trouver des solution d’urgence explique, derrière son masque, Sikidi Coulibaly, agent communautaire pour l’organisation

« Lorsque tu viens avec ton bidon, c'est six bidons de 25 litres à 50 francs, avant la crise c'était 3 bidons à 50 francs, mais vu la situation c'était impératif pour Eau et Vie de baisser les prix de 50 % pour permettre à tous les ménages de s'approvisionner à moindre coût », déclare Sikidi Coulibaly.

Environs 24 bidons d'eau pour une vie de famille

Les habitants de ce quartier vivent d’emplois informels qui génèrent de faibles revenus. Awa Bamba a 3 enfants, et réside dans un petit deux pièces, à une centaine de mètres du point d’eau d’urgence. Elle a besoin chaque jour d’au moins 24 bidons pour faire la vaisselle, le ménage, la cuisine, et le débarbouillage de toute la famille

« On a besoin de l'eau chez nous à la maison, parce que toujours venir charger de l'eau là, c'est fatiguant. C'est très important même, parce qu'avec toutes les maladies là, on a besoin de l'eau à la maison, pour se laver les mains, se préparer, se laver. S'il n'y a pas d'eau là, c'est pas joli à voir... », imagine Awa. 

Les activités de l’ONG Eau et vie créent aussi quelques tensions dans le quartier. Les revendeurs traditionnels d’eau, qui se raccordent illégalement au réseau, voient leur business s’écrouler. Mais l’ONG estime que ce piratage des réseaux génère des inégalités, les bidons d’eau étant vendus à des prix trop élevés.

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