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Reportage Afrique

Afrique du Sud: une initiative pour payer l'hôtel au personnel soignant

Audio 02:17
Plus de 300 soignants ont déjà été infectés par le coronavirus en Afrique du Sud.
Plus de 300 soignants ont déjà été infectés par le coronavirus en Afrique du Sud. AFP/Rodger Bosch

Les soignants sud-africains sont sur le front depuis le début de l’épidémie. Pour soutenir leur effort, une hôtelière du Cap a eu l’idée de les mettre en contact avec des hôtels, désormais quasi-vides, pour les héberger au plus près de leur lieu de travail.

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Kim Whitaker a été parmi les premières personnes à être malade du coronavirus en Afrique du Sud, après un voyage en Allemagne. Lors de sa convalescence, elle a eu le temps de réfléchir aux solutions qu’elle pouvait apporter face à la pandémie.

« Lors d’un échange avec des entrepreneurs italiens de Lombardie, qui était alors l’épicentre de l’épidémie, on nous a expliqué combien cette crise était terrible », se souvient Kim Whitaker. « Quelqu’un a demandé : “qu’est-ce que vous auriez fait différemment, il y a deux semaines ?”, et un docteur a répondu : “j’aurais organisé des solutions d’hébergement pour les médecins et les infirmières qui sont aujourd’hui épuisés. »

C’est ainsi qu’est née la plateforme Ubuntu Beds. Plus de 400 établissements ont déjà proposé des chambres vides pour être mis en relation avec 300 soignants souhaitant être accueillis.

Douze euros par nuit pour loger une personne

Kim travaille désormais sur les financements afin de pouvoir proposer un hébergement gratuit : « Pour l’instant, on est en train de récolter des fonds, pour pouvoir placer des soignants. Cela coûte en moyenne environ 12 euros par nuit, pour loger une personne. Donc plus on arrive à lever de fonds, plus on pourra héberger de soignants », déclare-t-elle.

Actuellement, une vingtaine de travailleurs sont logés. Et Kim a déjà mis ses propres hôtels à disposition, comme celui du Cap, gérés par Ruth Mmatli : « Tous les voyageurs internationaux sont rentrés chez eux, et notre hôtel serait sans doute resté vide jusqu’à la fin du confinement. Pour que ça marche, on nettoie en profondeur nos chambres très régulièrement, et les quelques espaces communs sont aussi très souvent désinfectés. On n’accepte plus qu’une personne par chambre. »

« Au moins ma famille est en sécurité »

Melissa Mandes est infirmière au Cap. Jusqu’à présent, elle mettait une demi-heure pour se rendre sur son lieu de travail. Avec son nouvel hébergement, elle ne met plus que 5 minutes, et elle se sent moins sous pression : « Je vis avec ma mère, et mon fils de 5 ans. C’est dur pour moi de rentrer, ils veulent pouvoir être proches de moi et ma crainte c’est vraiment de les contaminer », dit-elle. Puis d'ajouter : « En plus, ce qui m’inquiète, c’est que la région du Cap-Occidental est en ce moment l’un des épicentres de l’épidémie... et donc cela me soulage d’avoir un peu moins de stress, de pouvoir me dire que je suis exposée, mais qu’au moins ma famille est en sécurité. »

Plus de 300 soignants ont déjà été infectés par le virus dans le pays, depuis le début de l’épidémie. En Afrique du Sud, où le confinement sera progressivement allégé à partir de vendredi 1er mai le nombre de cas positifs au coronavirus continue de grimper régulièrement : 4996 personnes testées positives, et 93 victimes.

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