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Aujourd'hui l'économie

Coronavirus: occasion historique pour les énergies renouvelables?

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Un parc éolien en France (photo d'illustration).
Un parc éolien en France (photo d'illustration). AFP /Georges Gobet

« Un choc historique ». Voilà comment l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a qualifié jeudi l’effondrement de la demande en pétrole, en gaz et en électricité depuis qu’une bonne partie de la planète est confinée pour éviter la propagation du coronavirus. Un choc historique qui pourrait aussi se transformer en occasion historique de soutenir les énergies renouvelables dit aussi l’agence. Encore faut-il que les acteurs y soient incités.

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Les chiffres sont historiques. L’effondrement de la demande mondiale en énergie pourrait être de 6% cette année selon l’Agence Internationale de l'énergie. Avec des transports et des usines à l’arrêt ou au ralenti selon les pays, le pétrole et le charbon reculent. Ce qui a pour effet de réduire de 8% les rejets de CO2 dans l’atmosphère. Un recul 6 fois plus fort qu’après la crise financière de 2008. Pas forcément de quoi se réjouir vu le bilan humain de la crise mais la planète respire. Les compagnies pétrolières beaucoup moins, dont l’effondrement des prix affecte leur santé financière.

Dans ce contexte, on peut se demander si elles vont revenir sur leur stratégie d’investissement dans les énergies renouvelables

Contrairement à ce qu’on aurait pu penser, ça ne semble pas en prendre le chemin. Tout dernièrement et malgré la crise, la compagnie anglo-néerlandaise SHELL s’est fixé pour la première fois des objectifs tangibles pour réduire ses émissions carbone. Comme BP juste avant elle. Quant au français Total, son patron assure que la crise ne remet pas en question les investissements dans les renouvelables, 1,5 à 2 milliards de dollars cette année. Dans la tempête actuelle, le groupe les considère même « comme un facteur de stabilisation ». Sous-entendu par rapport aux investissements pétroliers, devenus coûteux et risqués. La pression politique reste forte. A la fin de ce mois, Total sera saisi en Assemblée générale d’une résolution des actionnaires sur ces engagements pour le climat.

On peut se poser la même question pour les États. Vont-ils continuer de soutenir les énergies vertes ?

Question brûlante. Si l’on se rappelle la crise financière de 2008, la reprise avait à l’époque entraîné une explosion de l’usage du pétrole et du charbon et partant, des émissions polluantes. Aujourd’hui, avec une offre en pétrole aussi pléthorique, et aussi bon marché, il sera difficile de ne pas retomber dans la facilité. En Chine, les usines dont beaucoup fonctionnent au charbon sont en train d’être relancées…L'Agence internationale de l’énergie plaide pour que les plans de relance économiq des États prévoient des investissements à grande échelle dans les énergies propres pour à la fois accélérer la transition énergétique et stimuler les économies.

Tout indique que le secteur des renouvelables n’échappera pas à la crise

Le mois denier, le cabinet spécialisé Rystad avait estimé que les effets du virus allaient se faire sentir durablement dans la filière. C’est le cas en particulier dans des pays comme le Brésil, le Mexique et l’Afrique du Sud qui ont d’ambitieux projets de panneaux solaires. En cause, le ralentissement économique qui va déprécier leur devises locales face au dollar et donc renchérir ces programmes. En France, le mois dernier, le gvt a tenu à rassurer la filière en lui accordant un répit financier. À Bruxelles, le responsable du projet de Pacte Vert européen promet que malgré la crise, chaque euro destiné à relancer l’économie alimentera la transition écologique et numérique. Un volontarisme que tous les États ne pourront pas ou ne voudront pas partager dans la crise actuelle.

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