Revue de presse française

À la Une: le gouvernement confiant sur les conditions du retour en classe en France

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Le Premier ministre Édouard Philippe avec son ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, à l'Assemblée nationale à Paris le 21 avril 2020.
Le Premier ministre Édouard Philippe avec son ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, à l'Assemblée nationale à Paris le 21 avril 2020. AFP/Jacques Witt

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C’est à la Une du journal Le Figaro qu’il le dit : le ministre de l’Éducation nationale y assure que « la majorité des écoles rouvrira partout » en France. Dans un entretien qu’il a accordé à ce quotidien, Jean-Michel Blanquer ajoute à son optimiste prévision « la majorité des collèges en zone verte », en référence au classement des départements par couleurs, actuellement vert, orange ou rouge, pour aboutir à un classement final bicolore, vert ou rouge, qui se traduira par des modalités définitives du déconfinement différentes.

Dans cet entretien au Figaro, Jean-Michel Blanquer répète également la « priorité » du gouvernement : « l’école primaire ». Et selon le ministre, les classes de cette école, qui est celle du tout début de scolarité, à partir du cours préparatoire pour les plus jeunes élèves, « vont pouvoir rouvrir très vite », car elles sont « de douze élèves », dit Jean-Michel Blanquer au Figaro, soit, selon lui, « 300 000 enfants ».

On le voit, comme pratiquement partout dans le monde, la crise du coronavirus est bien évidemment toujours à la Une en France. Celle du quotidien Libération plus l’essentiel de son édition du jour est aujourd’hui confié aux bons soins du service de « Check News » de ce journal, c’est-à-dire, en français dans le texte, au service de vérification des informations. Dans Libé, aujourd’hui, seize questions sont posées sur le début du déconfinement à venir en France. Pour démêler le vrai du faux.

Trop de fausses informations circulent au sujet de cette crise du coronavirus, et le gouvernement, bien sûr, s’en agace. Mais de là à faire la police des infos, il y a un pas, qu’il a franchi, provoquant un tollé dans la presse française :

Depuis deux semaines, le site Internet du gouvernement a mis en ligne des articles publiés par des médias dotés de services spécialisés dans la vérification d’information.

Protestations de la presse, donc, vous le disiez, comme celles de Libération. Lequel journal dénonce le « faux pas de com » du gouvernement, l’exécutif étant accusé de rétablir un « ministère de l’information » et de vouloir « certifier » la « vérité ». Démarche que Libé rapproche du roman 1984, de George Orwell !

Car cette initiative gouvernementale pose trois problèmes, estime Libération : premièrement, les directions des journaux concernés n’ont « pas été informées » ; deuxièmement les articles cités sur le site du gouvernement émanent des journaux qui comportent un service dédié de « fact-checking », ce qui a pour effet d’en « éliminer » les autres ; troisièmement cette initiative « pourrait laisser croire au public que le gouvernement s’institue en juge (…) et appose une estampille officielle ». Seulement voilà, objecte Libé, « la communication gouvernementale est une chose, le travail des rédactions en est une autre ».

Ce quotidien tient en conséquence à préciser que cette initiative « ne recouvre aucune forme que ce soit de partenariat entre Libération et les services de communication gouvernementale ». Et Libération intime le site du gouvernement à avertir « très clairement ses lecteurs que cette liste de liens, qui s’apparente à une revue de presse, n’engage en aucune manière les titres concernés ». Et ce n’est bien sûr pas la revue de presse de Rfi qui dira le contraire.

Et pas davantage Le Figaro, lorsque ce journal pointe « un raté de plus » de la communication gouvernementale, « le maillon faible, selon ce quotidien, de la gestion de crise », Le Figaro estimant qu’au sommet de l’État, « on semble prêt à succomber à la tentation de l’ORTF », du nom de cet office d’État qui régentait la radio comme la télévision au temps béni des lampes à huile, du charme des équipages et du général de Gaulle.

Polémiques, donc, entre médias et gouvernement français, mais qui sont de peu d’importance au regard des tensions entre la Chine et les États-Unis, le président américain Donald Trump ayant à plusieurs reprises déclaré disposer de preuve que le coronavirus provient d’un laboratoire de Wuhan :

Et cette crise de nerfs est loin de s’apaiser puisque ce matin, dans le quotidien Le Parisien, l’ambassadeur de Chine en France répond sans ménagement à Donald Trump. « S’il a des preuves, qu’il les montre ! Mais qu’il cesse de duper les gens avec des lessives en poudre », bucheronne fort peu diplomatiquement ce diplomate. Pour l’ambassadeur Lu Shaye, « pas question de fuite de virus ». La Chine « n’a ni la volonté ni la capacité de créer ce genre de coronavirus », dit-il au Parisien. N’empêche, Donald Trump, marchand de « lessives », c’est ce qui pourrait s’appeler la diplomatie du coronavirus. 

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