À la Une: plus qu'une semaine...

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Vue aérienne de la place de l'Étoile à Paris, désertée pendant le confinement, le 4 avril.
Vue aérienne de la place de l'Étoile à Paris, désertée pendant le confinement, le 4 avril. REUTERS/Pascal Rossignol
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C'est en effet, lundi 11 mai, dans une semaine donc que le confinement devrait prendre fin... Devrait et non pas doit, car le doute subsiste.

En effet, « La France sera-t-elle déconfinée le 11 mai ? », s'interroge Le Figaro en première page. « Emmanuel Macron l’avait annoncé, le 11 mai est la date théorique du déconfinement. Mais le président avait aussi ajouté, le 14 avril, que celui-ci ne serait possible "que si nous continuons d’être civiques, responsables, de respecter les règles, et si la propagation du virus a effectivement continué à ralentir". Or, à sept jours de cette "libération", rien n’est encore assuré, pointe Le Figaro. L’exécutif se montre même de plus en plus prudent. La semaine dernière, Édouard Philippe avait déjà rappelé la possibilité de prolonger ou de relancer le confinement en présentant son plan à l’Assemblée. Olivier Véran, le ministre de la Santé, assure lui que, si le nombre de nouveaux malades repartait à la hausse, "la date de lever du confinement pourrait être remise en question". Réponse jeudi... »

Commentaire du Figaro : la situation est complexe, certes... Mais cela « n’exonère pas le gouvernement de ses responsabilités. Celle d’une parole désordonnée, ­parfois contradictoire, qui se pare d’autoritarisme pour être entendue. Aux Français, que l’on n’imaginait pas si disciplinés, on inflige une forme d’infantilisation qu’ils ne supporteront peut-être pas longtemps. »

Quels mauvais élèves ?

En effet, renchérit Le Courrier Picard, le gouvernement « brandit la menace d’une punition, comme le ferait un instituteur constatant du désordre dans la classe. Ce serait injuste de faire porter le chapeau d’un report aux Français qui ont globalement respecté le confinement, supportant l’insupportable. Ce relâchement constaté ces derniers jours est surtout le signe, pointe Le Courrier Picard, que le confinement ne pourra pas durer beaucoup plus longtemps. (…) Quand il faudra désigner les mauvais élèves, les Français confinés ne seront pas les seuls à se faire taper sur les doigts, au prétexte d’un relâchement observé ces derniers jours. »

Pour sa part, Sud-Ouest relève ce qu'il appelle « l'étrangeté de ce moment : un mélange d’impatience et de sourde anxiété. Impatience, bien sûr, de retrouver les coudées franches, de retisser dans le vif de la rencontre les liens familiaux et amicaux, de profiter enfin de ce printemps confisqué. Impatience aussi de pouvoir rejoindre ceux qui œuvrent déjà au redressement d’un pays à genoux. Et de chasser la frustration de l’inaction forcée. Mais ne mésestimons pas la part de crainte qui hante le pays, pointe encore Sud-Ouest. Celle des autorités bien sûr, bientôt confrontées à la sanction de la réalité et au jugement des citoyens quant à la pertinence de leurs décisions. Mais crainte aussi des personnes qui, quoi qu’elles en disent, se sont habituées à cette longue pause qui les éloignait des inconvénients de l’existence au travail, dans les transports, ou simplement des tracas ordinaires de la vie sociale. »

Le vélo, star du déconfinement ?

À la Une de Libération : le vélo... « Il y a quelques mois, le vélo était l’une des vedettes des longues semaines de protestation contre la réforme des retraites. Plus de métro ? Pas grave, j’ai mon vélo ! Et voilà la petite reine qui redémarre de plus belle, constate Libération. Cette fois, c’est la difficile sortie du confinement qui lui donne l’occasion de briller. La bicyclette se présente en tout cas comme une alternative sérieuse à la fréquentation de transports publics, métros, bus ou tramways, où le respect de la distanciation sociale relève de la gageure. Un peu partout en France, constate le journal, les villes, régions, départements, avec les encouragements de l’État, ont déjà prévu ou prévoient de multiplier les kilomètres de pistes cyclables et d’inventer des aménagements temporaires pour faciliter la vie des "vélotafeurs". »

Alors, estime Libération, « il serait simpliste de voir dans le vélo la solution en termes de transports à tous les défis du déconfinement. Il n’empêche, les innovations qui seront mises en place dans les jours et semaines qui viennent pour booster la pratique du deux-roues en diront long sur la volonté des politiques à réellement penser au monde d’après, ou au contraire leur propension à repartir à fond de cinquième vers le monde d’avant. »

Un tiers des bars et cafés pourraient ne pas rouvir...

Enfin, « sauvons nos cafés ! », c'est le cri d'alarme lancé ce matin par Le Midi Libre. Le Midi Libre qui insiste sur la situation catastrophique des bars et cafés plus particulièrement en Occitanie. « Pour 77% des Français, le café est le lieu principal du lien social, rappelle le journal. Avec un chiffre d’affaires global de 6 milliards d’euros, nos commerces, bar, cafés, dépositaires de pains, vendeurs de jeux et de journaux, officines de la poste… représentent un trait d’union entre nous les Français. Et ils sont partout, en ville, à la campagne, en montagne, en bord de mer. Le Midi Libre ne pouvait rester insensible à cette profession, s'exclame le journal, qui au soir du samedi 14 mars a baissé définitivement le rideau de fer. Avec quelles perspectives ? On annonce 30% de fermetures. C’est énorme. »

Alors en soutien, Le Midi Libre pubie une double page de photos, avec des tenanciers posant devant leur établissement, en Aveyron, en Lozère, dans l’Hérault et dans le Gard. « Nous leur rendons hommage, souligne le journal. Pour qu’ils continuent à vivre. »

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