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Aujourd'hui l'économie

Coronavirus: les entreprises, copilotes de la crise

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Des TGV de la SNCF parqués au dépôt de Charenton-le-Pont, le 29 avril 2020, alors que l'épidémie de Covid-19 impose toujours un confinement en France.
Des TGV de la SNCF parqués au dépôt de Charenton-le-Pont, le 29 avril 2020, alors que l'épidémie de Covid-19 impose toujours un confinement en France. Charles Platiau/Reuters

Dans plusieurs pays, notamment en France, on se prépare à la levée progressive des restrictions instaurées avec l’épidémie de coronavirus. Un retour à l’école, au travail qui suscite craintes et inquiétudes chez beaucoup. Si les États sont les premiers acteurs de la réponse, les populations attendent aussi beaucoup du monde de l’entreprise. C’est le constat dressé dès le début de la crise par l’enquête mondiale de l’Institut Edelman sur la confiance dans les institutions.

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L'enquête menée pour le « baromètre de la confiance » auprès d’un échantillon représentatif dans une dizaine de pays dont les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Inde, la Chine dit d’abord une chose entendue: comme à chaque grande crise, c’est d’abord l’action publique qu’on attend. Au-delà des problèmes survenus çà et là, les confinements ou les plans d’aides économiques des gouvernements sont bien accueillis. Au Royaume-Uni par exemple, la cote du gouvernement qui était au plus bas avec la gestion du Brexit, a bondi.

En revanche, pour la moitié des sondés, les entreprises privées ont mal géré la crise, notamment au début. Pour eux, elles ont privilégié leurs profits et leurs actionnaires, face à tout autre considération, notamment la santé des travailleurs. Bien-sûr, ce sondage mondial dresse un tableau global et sans nuances mais il en dit long sur les attentes vis-à-vis des entreprises.

Qu’est-ce que le public attend des entreprises dans un contexte de crise comme celui-ci ?

Et bien avant tout de la PROTECTION. On l’a vu clairement avec la problématique des masques dans tous les secteurs exposés comme la grande distribution par exemple. La virulence de la crise a montré de manière frappante la grande vulnérabilité de ces travailleurs, comparé à d’autres. C’est un des points les plus saillants de l’étude. Les syndicats entendent en profiter pour relancer ces questions au cœur des entreprises. En France, le succès il y a quelques jours d’une action en justice contre le géant du commerce Amazon, prié de mieux assurer la protection de ses travailleurs a été salué comme une grande victoire par les syndicats et leurs avocats.

65% des Français font d’ailleurs confiance à leur entreprise pour les protéger face au risque de transmission du virus.

Oui, c’est le sondage ODOXA publié mercredi, et donc, après plusieurs semaines de confinement. C’est vrai qu’avec la crise, certaines entreprises ont profité de la situation pour imposer des conditions plus dures, voire enfreindre la loi. Mais beaucoup ont changé leur façon de faire et ont aménagé leur organisation pour améliorer la sécurité et le bien-être des salariés. Nombreuses sont celles qui envisagent de prolonger le recours au télétravail qui a facilité le confinement et ainsi assuré la protection des salariés.

Ça ne se fait pas sans mal surtout dans ce contexte tendue économiquement. Ces dernières semaines, et encore pour celles à venir, le défi financier organisationnel, humain est absolument inédit pour les entreprises. Sans compter que la sortie de confinement, même très progressive, relève de l’inconnue totale pour elles.

À plus long-terme, et c’est la conclusion de l’étude Edelman, les entreprises doivent gagner la confiance en participant à la sortie de crise

Les entreprises qui survivront sont celles qui redonneront la priorité à l’humain. Ce débat sur l’éthique de l’entreprise n’est pas nouveau. Mais alors qu’on compte les morts, et déjà les chômeurs aux États-Unis, les entreprises qui perdent la confiance de leurs clients, fournisseurs ou collaborateurs aujourd’hui ne la retrouveront jamais conclut le baromètre. On a vu nombre d’entreprises qui faute de clients, se sont mises au service des personnels soignants. La majorité des sondés pensent qu’après la crise, elles devraient continuer à mettre à profit cette agilité pour trouver en partenariat avec les États des solutions concrètes en faveur de la santé et du bien-être des populations.

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