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Revue de presse française

À la Une: le saut dans l'inconnu du déconfinement

Audio 05:09
Les statues de l’esplanade des droits de l’homme sur la place du Trocadéro à Paris près de la tour Eiffel portent des masques de protection, le 2 mai.
Les statues de l’esplanade des droits de l’homme sur la place du Trocadéro à Paris près de la tour Eiffel portent des masques de protection, le 2 mai. REUTERS/Benoit Tessier

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Saut dans l’inconnu, c’est bien le sentiment des Français. Selon une enquête Ifop que publie Le Parisien Dimanche, « 53 % des Français estiment que le plus grand risque pour eux et leurs proches est d’être infecté par le (coronavirus). Tandis que, pour 47 % des sondés, ce sont les conséquences économiques de la crise qui sont la plus grande source d’inquiétude ».

Selon cette enquête Ifop, « 54 % des personnes les plus aisées estiment qu’il vaut mieux un retour rapide à la vie normale, quitte à assumer un plus grand risque sanitaire, pour protéger l’économie. Le contraire pour 73 % des plus pauvres qui militent pour un excès de mesures sanitaires même si cela entraîne une aggravation de la crise économique », signale Le Parisien Dimanche.

Le pari est immense, à l’école surtout :

« Demain, c’est le jour J », décompte Le Journal du Dimanche, à la Une duquel le ministre de l’Éducation nationale lance un regard qui se veut confiant. Et le lecteur du JDD aura vite traduit que, derrière cette apparente assurance, Jean-Michel Blanquer tente probablement de dissimuler la tension de cette insolite « rentrée » des classes que, dans Le JDD, le ministre préfère appeler la « reprise ».

Et Jean-Michel Blanquer joue gros. Car c’est lui qui a pris la décision de rouvrir les écoles malgré l’avis du conseil scientifique qui préconisait de les rouvrir en septembre à cause de la menace du coronavirus sur la santé des élèves et de leur famille :

Le moins que l’on puisse dire en tout cas, est que, plus que jamais, le très communicant Blanquer communique à tout va.

Dans Le JDD encore ce matin, et même dans Elle quelques jours plus tôt. Dans sa vraie plaidoirie à ce magazine féminin, Jean-Michel Blanquer signale ainsi au présumé lectorat de mamans que, durant le confinement, 4% des élèves ont « disparu des écrans radars, soit 500 000 élèves » ! Il fallait rouvrir les classes explique-t-il, car fermer l’école pendant plus de six mois, c’était « courir le risque d’une déscolarisation de dizaines de milliers d’enfants. On ne meurt pas que du Covid-19, justifie donc le ministre de l’Éducation dans Elle. Il y a les violences intrafamiliales et le décrochage scolaire a des conséquences dramatiques. (…) Il faut raisonner a contrario, argumente-t-il. Est-ce qu’on resterait chez soi jusqu’à ce qu’un vaccin soit trouvé ? C’est inimaginable. »

Dans l’hebdomadaire L’Obs, un conseiller du ministre l’admet. « Si jean-Michel Blanquer a fait "des pieds et des mains" pour obtenir du président (Macron) une rentrée en mai (…) c’est qu’il est intimement persuadé des bienfaits de la scolarisation… et de sa propre politique pour lutter contre la difficulté scolaire ». Mais cette crise du coronavirus « aura vu l’étoile (de Jean-Michel Blanquer) pâlir chez les enseignants. Mais aussi au sein de la macronie », pointe L’Obs.

Alors si la France vit aujourd’hui son dernier jour sous cloche, c’est à se demander en lisant L’Obs, si le ministre de l’Éducation ne va pas, très vite, se faire sonner les cloches…

En Afrique, sous couvert de venir en aide aux populations, la pandémie de coronavirus a alimenté la récupération politique de certains dirigeants :

Bidons d’huile ou sacs de pâtes offerts dans les quartiers à grands renforts de tambours et trompettes. Et goodies aussi, parfois, à l’effigie du très généreux, très désintéressé et très très démocratique donateur.

L’Express rapporte ainsi qu’en Côte d’Ivoire, « le visage rond du Premier ministre ivoirien ainsi que ses initiales – "AGC", pour Amadou Gon Coulibaly – s’affichent sur des seaux pour se laver les mains, des bouteilles de savon liquide et des sacs de riz.

Les photos de la distribution de kits d’aide à des familles frappées par la crise sanitaire en Côte d’Ivoire ont (…) provoqué la polémique », pointe L’Express. "Une opération de propagande électorale ! Ne politisons pas la pandémie du coronavirus", a dénoncé le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (…) Gêné aux entournures, le cabinet du Premier ministre a assuré que l’image du dirigeant avait été utilisée "sans son autorisation préalable" par des élus locaux qui cherchaient à se faire bien voir », complète L’Express.

La Côte d’Ivoire, mais pas que… :

Cet hebdomadaire signale en effet qu’au Gabon, le président Ali Bongo, aurait ainsi créé « sur ses propres deniers » un fonds de 2,1 milliards de francs CFA (3,2 millions d’euros) pour rembourser les frais médicaux des ménages les plus fragiles. « Mais, comme son père et prédécesseur, Omar, il aurait tendance à confondre les finances publiques avec sa bourse personnelle », énonce L’Express.

Magazine dans lequel Séverin Kouamé, enseignant-chercheur à l’université de Bouaké, explique que « ces gouvernants profitent du fait qu’une bonne partie des électeurs sont analphabètes. Ils misent sur une solidarité de l’émotion et du ventre plutôt que sur un programme politique », reprend L’Express.

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