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Revue de presse française

À la Une: un peu de liberté...

Audio 04:50
À la gare Saint-Lazare à Paris, le 11 mai 2020, premier jour de déconfinement en France.
À la gare Saint-Lazare à Paris, le 11 mai 2020, premier jour de déconfinement en France. REUTERS/Charles Platiau

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« La France s’est réveillée doucement hier, constate Le Parisien, comme groggy (…). Après cinquante-cinq jours isolés à domicile, pour ceux qui ne peuvent pas télétravailler, la routine du matin a quelque peu évolué : "est-ce que j’ai mes clés ? Mon téléphone ?" et désormais : "est-ce que j’ai bien mon masque et mon gel hydroalcoolique ?". Des équipements sanitaires majoritairement présents, hier, dans les transports en commun et nombreux dans les rues. Sur fond de crainte d’une deuxième vague, la première étape du déconfinement s’est faite à tâtons, comme si les Français redécouvraient un environnement pourtant familier mais avec des yeux en alerte. »

Alors « bien sûr, poursuit Le Parisien, il y a quelques images préoccupantes dans les transports parisiens. Et dans la soirée, toujours dans la capitale, le comportement inconséquent de certains a amené la police à inervenir pour évacuer les bords du canal Saint-Martin, où des apéros improvisés prenaient un peu trop d'ampleur. Mais cette première journée de déconfinement a été marquée par l'expression d'une bonne volonté des Français. »

Fracture...

Tout de même, une grande disparité hier et même une « fracture sociale », s'exclame Libération.

« D 'un côté, des travailleurs qui se pressent dans les transports aux aurores, au risque de se contaminer ; de l'autre, des cadres qui télétravaillent à l’abri... Une reprise à deux vitesses qui exacerbe les inégalités », estime le journal.

Et Libération de s'interroger : « Dans cette situation de pandémie, ceux qui gagnent le moins sont ceux qui prennent le plus de risques. N’est-il pas temps d’interroger, concrètement, à la lumière de la crise, les écarts de revenu, parfois abyssaux, qui séparent dirigeants et dirigés, manuels et intellectuels, cadres et ouvriers ? Quand on entend les ministres du gouvernement Philippe expliquer qu’on ne saurait imposer plus les plus favorisés au risque de les décourager, on se demande s’ils ont compris le sens de la crise que nous traversons. »

Reprise !

Le Figaro a une toute autre préoccupation... La reprise économique ne peut plus attendre : « C'est une bataille qui s'engage et qui impose de décréter sans ambiguïté l’état d’urgence économique. De tout mettre en œuvre pour inciter à une reprise massive et rapide du travail. N’en déplaise à certains people repus et enivrés de bons sentiments, le retour d’une croissance forte, et lui seul, constitue, estime Le Figaro, le meilleur rempart contre la crise sociale qui vient : on ne crée ni richesses ni emplois sans activité. »

« Sus aux tifs ! »

L'une activités qui a redémarré en trombe hier, c'est la coiffure... « Sus aux tifs. Hallali sur les épis. Pellicule, on te follicule !, s'exclame Nice Matin. Panique au bac ? Il se dit que les Français, douilles en bataille et mèche rebelle, placent la visite chez le coiffeur tout en haut sur l’échelle de leurs priorités. »

Et en effet, les salons de coiffure ont fait le plein hier. « Les coiffeurs, tous ciseaux dehors, porteront le symbole de cette libération des petits riens, relève La Provence. Un grand ouf capillaire chanté dès l’aube. Il raconte les volontés résilientes de passer à autre chose, d’effacer les traces du temps broussailleux sur nos crânes et existences malmenés. Il dit aussi la lutte qui s’engage pour reprendre le fil de la vie économique et la nécessité, jusqu’entre bacs et sèche-cheveux, de penser de nouvelles organisations, de respecter la distanciation, de réinventer nos relations sociales par temps de corona. »

Une « fine couche de glace »

Car la pandémie n'est pas terminée, loin de là... « À l’heure où chacun aimerait tourner la page, il est clair que nous en sommes loin, relève Le Monde, tant sont nombreuses les incertitudes qui subsistent sur le comportement du SARS-CoV-2 et sur notre capacité à enrayer l’épidémie autrement que par des mesures de confinement. Ni le mode précis de contamination ni l’intensité exacte de sa circulation ne sont connus. Pas plus que l’importance des enfants dans la transmission du virus, ou le rôle de la température ambiante dans son activité. (…) Nous vivons "sur une fine couche de glace", a résumé justement la chancelière allemande Angela Merkel. »

En effet, poursuit Le Monde, « jamais les responsables politiques, sous toutes les latitudes et quelle que soit leur obédience, n’ont eu à gérer au même moment une agression aussi pernicieuse et imprévisible, dont les seules parades connues, en paralysant l’activité, risquent de multiplier les ravages. Raison de plus, estime le quotidien du soir, pour prendre le temps d’écouter humblement les citoyens et tout faire pour gagner ou conserver leur confiance. Raison de plus pour travailler dès maintenant à tirer les leçons d’une crise inédite – sur l’organisation des systèmes de santé et de gestion internationale des pandémies, sur la place des travailleurs de "première ligne" dans la société, sur les chaînes d’approvisionnement, entre autres – raison de plus donc pour tirer les leçons d'une crise avec laquelle nous allons devoir vivre durablement, conclut Le Monde, qu’il s’agisse de son impact sanitaire ou de ses dégâts économiques. »

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