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Aujourd'hui l'économie

L'impôt sur les grandes fortunes, le retour ?

Audio 04:13
Des «Gilets jeunes» à Paris tiennent une bannière sur laquelle on peut lire «Rendez l'ISF ou la taxe sur la fortune», un appel à abroger la décision du président français l'année dernière de couper l'ISF qui était prélevé sur les hauts revenus.
Des «Gilets jeunes» à Paris tiennent une bannière sur laquelle on peut lire «Rendez l'ISF ou la taxe sur la fortune», un appel à abroger la décision du président français l'année dernière de couper l'ISF qui était prélevé sur les hauts revenus. Zakaria ABDELKAFI / AFP

Le président Macron va-t-il rétablir l’impôt sur les grandes fortunes (ISF)? C’est la question « du jour d’après la pandémie » qui est en train de monter dans le débat public.

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Et pas seulement en France : la création d’un impôt sur les ultra riches est très discutée en ce moment, au nord comme au sud, dans les pays émergents comme dans économies les plus avancées. C’est le FMI qui a allumé la mèche. Dans une récente publication sur les questions budgétaires le fonds recommande la mise en place d’une taxe sur les grandes fortunes, présentée comme un impôt de solidarité pour faire face à l’explosion des dépenses liées à la pandémie. En Inde, une centaine de personnalités ont signé une pétition envoyée au Premier ministre Narendra Modi pour réclamer un impôt de 2% sur les 1% les plus riches. La question est aussi d’actualité en Afrique du Sud et dans de nombreux pays d’Amérique latine.

Les plus fortunés paieraient donc la facture du Covid-19 ?

C’est le schéma retenu aux États-Unis par l’économiste Daniel Markovit. Il préconise l'introduction d'une taxe ponctuelle de 5% sur les 5% les plus riches. Recettes escomptées : 2 000 milliards de dollars, soit le montant du premier plan de sauvetage proposé par Donald Trump. Au moment où les déficits se creusent et où la dette enfle, augmenter l’impôt parait inévitable. Mais ponctionner ceux qui sont déjà durement affectés par la crise, les ménages ou les entreprises serait contre-productif. C'est pourquoi cet impôt sur les riches, s’il est bien encadré pour parer à l’évasion fiscale, semble économiquement le plus facile à mettre en place. Un trio d’économistes français -Emmanuel Saez, Gabriel Zucman et Camille Landais, suggère aux Européens de créer un impôt sur le patrimoine lui aussi limité dans le temps. En imposant les patrimoines supérieurs à deux millions d'euros ils estiment que l’addition de la pandémie serait remboursée en dix ans. En Amérique latine et en Afrique du Sud où le taux d’imposition rapporté au PIB est beaucoup plus faible que dans les pays développés, les promoteurs de cet impôt y voient aussi un instrument idéal pour corriger les inégalités de revenus.

Les gouvernements sont-ils favorables à cette taxe sur les hauts revenus ?

En Amérique latine, seul le gouvernement argentin y est vraiment favorable. En revanche en Équateur, au Paraguay, au Brésil ou au Chili, un pays dirigé par un président milliardaire, les propositions avancées par les partis d’opposition ont peu de chance d'aboutir. En Afrique du Sud, la discussion est encore cantonnée aux cercles académiques. En France l’idée chemine dans les médias ; un proche de l’ancien président Sarkozy -Raymond Soubie son conseiller social-, voit mal comment le gouvernement pourra y échapper. Après son élection Emmanuel Macron s'était empressé de vider l’ISF de sa substance, il pourrait être tenté par une marche arrière parient les analystes. Histoire de rompre avec l’image de président des riches qui lui colle à la peau. Selon Gianmarco Monsellato, avocat associé au sein du cabinet d’avocats Deloitte Taj et expert en fiscalité internationale, l’impôt sur les riches est peu efficace en termes de recettes fiscales mais c’est un puissant message politique. Et donc tentant pour les gouvernements confrontés à des lendemains douloureux sur le plan économique. Cet expert de la fiscalité européenne juge toutefois improbable que l’Europe se convertisse. Elle qui est déjà incapable d’harmoniser l’imposition sur les entreprises. À moins suggère-t-il que les États-Unis ne montrent la voie. Une question qui fera sans doute partie du débat de l’élection présidentielle.

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