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Chronique des médias

Altice se libère de «Libération»

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Le journal «Libération» se voit offrir la possibilité d'être indépendant en étant rattaché à un fonds de dotation.
Le journal «Libération» se voit offrir la possibilité d'être indépendant en étant rattaché à un fonds de dotation. AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD

Le groupe Altice, de Patrick Drahi, a choisi de se désengager du quotidien Libération, en lui offrant la possibilité d’être indépendant. Une annonce qui intervient en pleine tempête sur la distribution de la presse.

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Les élus du personnel de Libération étaient à la fois heureux et surpris, pour ne pas dire stupéfaits, jeudi, en apprenant que leur journal était en passe d’être cédé à une structure de propriété préservant leur indépendance, qui est celle de Médiapart ou du Guardian. Le groupe Altice a en effet choisi, de son propre chef, de créer un fonds de dotation, autrement dit une société à but non lucratif, non capitalistique et qui est abondée par de généreux mécènes, parmi lesquels Patrick Drahi lui-même, le magnat d’Altice, à titre personnel. Les profits seront reversés à d’autres fondations comme celle des Hôpitaux de Paris.

► À lire aussi : Altice France cède le journal «Libération» à un fonds de dotation

Voilà pour la belle histoire sur le papier. S’ils ne cachent pas leur satisfaction, les élus demandent tout de même des explications alors qu’ils n’ont pas été consultés jusqu’à présent. Altice peut-il garantir le montant de sa dotation financière et les emplois de 200 salariés ? Quelle sera la place du personnel dans la gouvernance ? L’économiste Julia Cagé craignait vendredi un « coup politique » de Patrick Drahi qui, tout en gardant potentiellement la main sur Libé, pourrait avoir trouvé le moyen de défiscaliser ses apports. « Aucun droit ne sera accordé en contrepartie des donations », a pourtant prévenu le groupe.

Une distribution de la presse toujours en crise

Quoi qu’il en soit, après la cession de l’Express et de ses magazines, il s’agit pour Altice de se retirer définitivement de la presse, au moment même où la crise sanitaire menace son équilibre. Et pas seulement en raison de la chute de la publicité.

Vendredi, le tribunal de commerce de Paris a prononcé le redressement judiciaire de Presstalis, qui distribue les trois quarts des journaux en France, dont Libé. Or, comme les quotidiens et les magazines ne sont pas parvenus à se mettre d’accord, c’est un plan de redressement présenté uniquement par les éditeurs de presse quotidienne qui a été accepté. Il prévoit que l’on gardera la moitié des 209 salariés du siège, 125 des 191 postes de la plateforme de Bobigny, mais aucun des 513 emplois des dépôts de province qui assurent la diffusion de 10 000 points de vente. En d’autres termes, c’est la liquidation pour une grosse majorité des employés de Presstalis et près de 700 suppressions de postes.

Évidemment, la CGT du Livre a commencé des actions de grève pour bloquer certains sites. Et ce sont tous les marchands de journaux et les plus petits éditeurs de presse, avec leurs factures impayées, qui sont directement menacés. Il est urgent que l’État présente son plan global pour sauver la presse. Une presse qui n’intéresse même plus… un grand milliardaire.

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