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Rendez-vous culture

À Paris, le bilan de la première semaine de réouverture des galeries d'art

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Une visiteuse dans la galerie Nathalie Obadia, dans le quartier du Marais, à Paris. Photo prise le 19 mai 2020.
Une visiteuse dans la galerie Nathalie Obadia, dans le quartier du Marais, à Paris. Photo prise le 19 mai 2020. © Siegfried Forster / RFI
6 mn

Après sept semaines de fermeture, les galeries d’art ont ouvert leurs portes la semaine dernière en France. Quel impact a eu la pandémie du coronavirus et comment se dessine l’avenir ?

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Dans le quartier du Marais, à Paris, non loin du Centre Pompidou, se concentrent nombre de galeries d’art contemporain. La Galerie Thaddaeus Ropac, installée d’abord à Salzbourg et récemment à Londres, fête ses 30 ans cette année à Paris. La galerie défend plus particulièrement des artistes germaniques et américains et s’ouvre de nouveau aux collectionneurs et visiteurs, après avoir tenté de garder le contact par Internet. « Autant les médiums en ligne qui se sont développés sont formidables, mais ils ne remplaceront jamais la physicalité des œuvres », affirme Bénédicte Burrus, la directrice de la galerie.

Des artistes plus autonomes ?

Nathalie Obadia dispose de deux espaces dans le Marais à Paris et un autre à Bruxelles. Elle défend beaucoup d’artistes français dont Laure Prouvost qui a représenté la France à la Biennale de Venise l’année dernière. Selon Obadia, c’est justement une certaine frange d’artistes qui sera aujourd’hui privilégiée : « Nous allons avoir peut-être un peu plus d’artistes qui sont autonomes dans leur processus de création. Donc, ce sont les peintres, les dessinateurs, les sculpteurs... Ceux qui n’ont pas été obligés d’être dépendant d’ateliers de production extérieurs. Ceux qui ne sont pas obligés d’avoir des coûts de production très importants. »

« Il faut du temps pour regarder une œuvre d'art »

Avant la pandémie, la mondialisation battait son plein et le marché de l’art n’avait pas de frontières. Baudoin Lebon, qui privilégie la photographie dans sa galerie, doute de l’intérêt des foires à profusion. « Depuis quelques années, effectivement, le nombre de foires, 300 ou 400 dans le monde, ce n’est plus possible, parce qu’il faut du temps pour regarder une œuvre d’art, il faut des explications. Ce n’est pas en voyant mille ou deux mille œuvres dans la journée qu’on peut acheter une œuvre. Du coup, cela a provoqué de plus en plus de produits "flashy", faciles à regarder, et qui ont tourné l’art à autre chose : plus vers le design ou l’art décoratif que vers l’art, même si je radicalise un peu... »

La crise et la solidarité

À terme, la crise aura-t-elle un impact sur l’existence des multiples foires d’art ? En tout cas, aujourd’hui, elle affecte les galeries en général, et bien sûr les plus jeunes sont les plus touchées. « Il y a de très belles initiatives qui se sont mis en place, par exemple l’hébergement en ligne de jeunes galeries, explique Bénédicte Burrus. Nous, nous avons décidé d’accueillir Jeune création, une association d’artistes, en septembre, à Pantin. Cela va leur permettre de montrer et éventuellement vendre leur travail. Je trouve que c’est aussi un aspect important de cette crise : la solidarité. »

Une solidarité qui sauvera peut-être les plus vulnérables.

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