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Aujourd'hui l'économie

Dette mutuelle: le sursaut de l’Europe

Audio 04:08
La commission européenne à Bruxelles, le 3 décembre 2019
La commission européenne à Bruxelles, le 3 décembre 2019 AFP/Aris OikIonomou

Pour la première fois de son histoire l’Europe envisage d’émettre de la dette commune pour venir en aide aux États membres les plus affectés par le coronavirus. En quoi la mise en place de ce nouveau fonds de 500 milliards d’euros proposé par le couple franco-allemand peut-il changer la donne ?

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La BCE d’un côté, la Commission européenne de l’autre, ont déjà beaucoup fait pour sortir les Vingt-sept de la crise créée par la pandémie. Mais pas assez pour effacer cette sensation de repli nationaliste très claire au début de la pandémie. Pas assez non plus pour parer au risque réel d’un éclatement de la zone euro. On voit au contraire les écarts se creuser entre les États membres. La moitié des aides publiques autorisées à titre exceptionnel par la Commission émane de l’Allemagne, les pays du sud, aux finances contraintes, ont mécaniquement des moyens bien moindres pour soutenir leur économie. Avec cette proposition faite hier par le président Macron et la chancelière Angela Merkel se manifeste enfin un véritable élan de solidarité européenne. Le président Macron a insisté : il s’agit bien de dons à ceux qui en ont le plus besoin, en gros les pays du sud.

La dette commune était jusqu’à maintenant un sujet tabou en Allemagne

« Les eurobonds, jamais de mon vivant » avait affirmé la chancelière quand cette proposition était en discussion au plus fort de la crise grecque. On parlait alors de reprendre la dette accumulée par Athènes. Cette fois c’est différent. Avec ce fonds on émet de la dette nouvelle, on ne paie donc pas l’addition des « cigales » mais on vient en aide à ceux qui ont été plus frappés par la pandémie. En réalité, Angela Merkel a évolué sous la pression des milieux politiques et économiques allemands. Les sociaux démocrates d’un côté, plusieurs économistes allemands respectés de l’autre, plaident depuis plusieurs semaines en faveur de ce nouvel outil d’intégration européenne. Le patronat allemand s’est aussi allié avec les représentants français et italiens pour exiger une forte relance européenne dans une tribune publiée la semaine dernière. Au sommet de sa popularité grâce à sa gestion de la pandémie, Angela Merkel a le crédit politique pour faire un geste impensable en janvier.

Le plus dur reste à faire : convaincre les pays du nord, les plus hostiles à cette idée de dette commune

Les Pays-Bas, le Danemark et la Finlande y sont opposés. Le chancelier autrichien a déjà fait savoir hier soir que son pays acceptait le principe d’emprunt commun mais refusait celui du transfert budgétaire. Les Vingt-sept se préparent donc à un nouveau bras de fer. Il faut aller vite. Le président Macron a insisté : cet argent doit être rapidement débloqué car c’est dans les mois qui viennent que les régions, les secteurs dévastés par le confinement ont besoin d’un soutien. Le montant de 500 milliards représente plus de trois fois le budget annuel de l’Europe, c’est donc un effort conséquent, que les Vingt-sept devront à un moment à un autre rembourser. Pourquoi pas avec de nouvelles taxes, sur le carbone ou le plastique ? Mais cela ne suffira pas. Il faudra déterminer qui rembourse le solde, et en fonction de quel critère répartir cette manne. C'est le défi auquel va s'atteler la Commission européenne.

EN BREF

Les marchés asiatiques sont euphoriques ce matin. À l'unisson avec les Bourses européennes, ils saluent l'initiative franco allemande, ils sont surtout enthousiasmés par les résultats encourageants du vaccin expérimental américain de la biotech Moderna.

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