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Chronique des médias

Coronavirus: des plans sociaux attendus dans les entreprises de média

Audio 02:43
Alain Weill, patron du groupe média NextRadioTV, en mars 2019.
Alain Weill, patron du groupe média NextRadioTV, en mars 2019. AFP / Eric Piermont

Des plans sociaux s’annoncent dans les entreprises de média en raison de la crise du coronavirus. Des départs sont attendus dans l’audiovisuel français.

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Il faut écouter Alain Weill, le patron du groupe NextradioTV, qui regroupe BFM TV, RMC Découverte, RMC ou BFM Business. D’après lui, on arrive à la fin d’un cycle, celui de la télévision numérique terrestre qui a tant profité à son groupe fort aujourd’hui de 1 600 employés.

Désormais, la télé ne voit plus croître ses revenus publicitaires, toute la croissance est aspirée par les géants du numérique, à savoir Google et Facebook pour la publicité mais aussi Amazon et Netflix pour ce qui de la captation du temps d’attention. Avec la crise liée au coronavirus, on en arrive à un paradoxe. BFM TV, par exemple, a vu son audience exploser au cours de la crise sanitaire, mais le recul de la publicité lui impose de se réorganiser.

D’où le lancement d’un plan social post-confinement, le premier dans les médias en France. On ne connaît pas encore précisément son ampleur mais on devine qu’il sera massif puisque le recours aux pigistes, aux intermittents ou aux collaborateurs extérieurs va être divisé par deux.

Patrick Drahi, le propriétaire, fait ainsi le ménage dans son groupe de médias qui va être réorganisé autour des marques BFM et RMC, avec bien sûr des synergies et des économies à la clé. Il s’est même félicité devant les analystes financiers, mercredi 20 mai, d’être critiqué parce que, je cite « nous sommes toujours les premiers à déclencher quelque chose ». Après le chômage partiel sur une activité de télécoms, SFR, qui se porte très bien, un plan de départs volontaires suivi de licenciements sur un pôle médias qui, lui, se porte moins bien.

D'autres plans d'économie dans l'audiovisuel français

NextradioTV d’Altice n’est pas le seul groupe média à engager une restructuration, mais c’est pour l’instant le seul qui lie cette restructuration à la crise sanitaire. Du fait de la concurrence de Netflix, Canal+ a par exemple engagé l’an dernier un plan de départs, strictement volontaires, portant sur 550 postes, en réalité 450 emplois occupés. De source syndicale, on estime que 100 à 150 postes manqueront à l’appel, faute de volontaires. Et comme Canal+, les groupes TF1, M6 et NRJ entament aujourd’hui des plans d’économies pour réduire la facture, notamment chez les intermittents.

En tout cas, on le voit, l’audiovisuel français suit une tendance observée dans les médias anglo-saxons. Vice a annoncé plus de 150 licenciements, Buzzfeed a arrêté sa rédaction au Royaume-Uni et en Australie, Condé Nast s’apprête à faire partir une centaine de personnes, The Economist 90 et The Atlantic 68. Télévision, radio, presse et même sites internet, le virus n’épargne économiquement personne. Excepté les Google, Facebook ou Amazon, toujours les mêmes : les fameux Gafa.

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