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Revue de presse Afrique

À la Une: la fin du Ramadan, entre relâchement et prudence

Audio 04:00
Au marché Police des Parcelles Assainies, à Dakar, les préparatifs d’un ramadan inédit. Le mois sacré de jeûne pour les musulmans rime habituellement avec une forte consommation des ménages.
Au marché Police des Parcelles Assainies, à Dakar, les préparatifs d’un ramadan inédit. Le mois sacré de jeûne pour les musulmans rime habituellement avec une forte consommation des ménages. RFI/Charlotte Idrac

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Célébrée samedi ou ce dimanche, selon que le croissant lunaire a été vu vendredi ou samedi, la fête du Ramadan, qui marque la fin du jeûne musulman, a eu lieu un peu partout en Afrique, dans des ambiances parfois bien différentes, selon les mesures de restriction en vigueur.

Le quotidien Aujourd'hui au Burkina fait le point. « En Côte d'Ivoire, de nombreuses restrictions anti-Covid-19 avaient été levées (ouvertures de maquis, levée du couvre-feu), mais néanmoins on a prié avec prudence, note le quotidien ouagalais, notamment avec les mesures-barrières, et le côté festif n’a pas été trop mis en avant. [] Au Burkina Faso, ce fut aussi un Ramadan sans rassemblement festif ni effervescence, et dans la sobriété, le couvre-feu restant en vigueur de 21 heures à 4 heures. Les questions de la rentrée scolaire, du cas des réfugiés au Nord et au Centre-Nord avec la saison des pluies qui s’annoncent et de l’insécurité, le tout dans une ambiance de Covid-19, étant toujours prégnantes. […] »

« Le Mali, lui, poursuit Aujourd'hui, n’a pas eu besoin de consignes particulières pour cette fête, car la plupart des mesures anti-contagion du Covid-19 étaient inexistantes depuis longtemps. C’est un pays qui a tenu des législatives en mode Covid-19 en mars et avril et les prières collectives dans les mosquées étaient une réalité à cette fête, sans distanciation. »

Par contre , relève encore Aujourd'hui, « la Korité, autre vocable pour la fin du Ramadan au Sénégal, n’a pas dérogé aux oukases des grands imams des mosquées, qui avaient refusé d’ouvrir les lieux de culte, malgré les décisions gouvernementales. Ainsi donc, ces mosquées sont restées fermées, pas de visites familiales, pas de rassemblement, on a privilégié la fête en famille, et le tout dans une ambiance assez morose, dans ce pays à forte densité musulmane ! »

Morosité et fatalisme...

« Morose », c'est l'adjectif utilisé également par Ledjely en Guinée pour qualifier cette fin de Ramadan. « Les grands rassemblements étant interdits en Guinée suite à l’instauration de l’état d’urgence pour lutter contre la propagation du Covid-19, c’est dans une ambiance morose que la fête s’est déroulée. Sans prière collective. Les fidèles ont prié à leurs domiciles respectifs avec leurs familles. »

Fraternité Matin en Côte d'Ivoire se veut fataliste : de toute façon, écrit-il, « il faut apprendre malheureusement à vivre avec cette maladie, jusqu'à ce qu'un vaccin soit trouvé. Des cas, il y en aura encore, comme il y a des malades du paludisme. Mais ne nous laissons pas gagner par le désespoir. Nous devons revoir nos habitudes et comprendre que chacun, à son niveau, peut briser la chaîne de contamination en respectant les mesures barrières. Arrêtons de nous défausser sur le gouvernement, poursuit Fraternité Matin, et soyons les premiers censeurs de ceux qui ne veulent pas respecter les mesures édictées. C'est ensemble que nous arriverons à contenir le virus. »

Vigilance !

Ce qui est sûr, c'est que la pandémie ne recule pas sur le continent, bien au contraire... C'est ce que constate le docteur Ibrahima Socé-Fall, chargé des interventions d’urgence à l’OMS, interrogé par Le Monde Afrique : « L’Afrique est de plus en plus atteinte, affirme-t-il. Le nombre de nouveaux cas et celui des décès continuent d’augmenter plus rapidement. Nous voyons que certains des pays qui avaient mis en place un confinement commencent à le lever. Ils ont procédé à une analyse de risque, mais cela ne signifie pas qu’ils aient réellement maîtrisé la dynamique de l’épidémie, qu’ils soient capables de prendre en charge les cas additionnels et qu’ils aient les capacités de détection et de suivi des contacts. »

« Il est difficile de prédire ce qui passera, poursuit le docteur Ibrahima Socé-Fal, mais différents scénarios sont envisageables. Les trois principaux sont celui d’une fin d’épidémie classique qui régresse et disparaît ; celui d’une transmission qui persiste longtemps à un niveau bas ; et enfin l’éventualité de petites flambées épidémiques qui peuvent prendre de l’importance. Cela dépendra aussi de la capacité des pays à prendre toutes les mesures nécessaires pour combattre la pandémie. »

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