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Afrique économie

Afrique du Sud: le risque d'une explosion du chômage

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Des habitants du township d'Alexandra à Johannesbourg lisent des prospectus informatifs sur le coronavirus, le 27 avril 2020.
Des habitants du township d'Alexandra à Johannesbourg lisent des prospectus informatifs sur le coronavirus, le 27 avril 2020. MARCO LONGARI / AFP

La crise économique suite à l’épidémie de coronavirus fait planer le spectre du chômage de masse dans différents pays du monde. Aux Etats-Unis, 25% de la population pourrait se retrouver sans emploi. La Chine, habituée au plein-emploi, devrait, elle aussi, y être confrontée. Le continent africain ne sera sans doute pas épargné, et en particulier le géant sud-africain, déjà mal en point avant la pandémie. Le pays a commencé l’année en entrant en récession et 29% de la population était déjà au chômage. Le président Cyril Ramaphosa a annoncé dimanche 24 mai, un nouvel allègement des mesures de confinement à partir du 1er juin. Mais les perspectives pour l’après-crise sont peu réjouissantes pour les travailleurs du pays.

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Judith et son amie ont installé leurs chaises sur le trottoir du township d’Alexandra. Désœuvrées, elles attendent que le temps passe :

« On travaillait avant, mais plus maintenant. J’avais un petit boulot dans le recyclage, mais avec le confinement c’est fini. Donc, je reste là, toute la journée. »

Comme Judith, Sello n’a pas encore reçu de compensation du gouvernement. Depuis mars, son entreprise n’a plus de travaux d’installations électriques à lui donner, et il ne touche plus rien de son salaire de 500 euros. Il est venu faire la queue une nouvelle fois devant les bureau de la caisse d’allocation chômage :

« Á cause du coronavirus, beaucoup d’endroits ont fermé, donc je n’ai plus de contrats. Mais j’ai des enfants, j’ai des factures à payer ! Et quand on vient ici, avec les bons documents, pour récupérer des aides pour lesquelles notre entreprise a contribué, c’est impossible. Je ne sais même pas si je retrouverai mon travail ensuite, car on dépend d’autres entreprises, et de leurs besoins. »

Malgré des difficultés, la caisse d’allocations a jusqu’à présent versé près de 730 millions d’euros à plus de 2,5 millions de travailleurs. Le gouvernement a aussi mis en place des mesures pour soutenir les entreprises. Beaucoup pourront d’ailleurs reprendre leur activité à partir du 1er juin. Cette levée des restriction est primordiale pour Cos Coovadia, directeur de l’organisation patronale BUSA :

« Ce sont surtout les plus petites entreprises qui sont à risque, c’est pour ça qu’il est très important de relancer l’économie aussi vite que possible, sans bien sûr compromettre la santé des habitants. »

La crise fait aussi s’effondrer de grosses entreprises qui étaient déjà en difficulté, comme le géant de la distribution Edcon, ou la compagnie publique South African Airways. Pour l’économiste Kevin Lings, le pays aura du mal à se relever :

« La situation est désormais très inquiétante. La croissance pour cette année pourrait décliner de 9 à 10%. Cela signifie que nous allons observer un nouveau bond du taux de chômage. On estime que sur 12 mois, l’Afrique du Sud devrait perdre plus ou moins 2,1 millions d’emplois. Et on devrait assister à des faillites d’entreprises. Donc, une fois que l’on aura contrôlé l’épidémie, tous les efforts du gouvernement se porteront sûrement sur le redémarrage de la croissance économique du pays et la création d’emplois. »

Les agences de notations comme Standard&Poor’s ne sont pas beaucoup plus optimistes et s’inquiètent du poids que les mesures font peser sur la situation financière du pays.

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