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Chronique des matières premières

Les prix du sucre ont-ils touché le fond?

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Champ de canne à sucre dans une ferme de Piracicaba, au Brésil.
Champ de canne à sucre dans une ferme de Piracicaba, au Brésil. Paulo Fridman/Bloomberg/Getty Images

Les prix mondiaux du sucre s’étaient ressaisis avant l’épidémie de coronavirus, mais ils ont replongé de concert avec les cours du pétrole, car le Brésil réoriente sa récolte de canne vers le sucre, aux dépens de l’éthanol.

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Cette campagne devait être celle du rebond pour le sucre, la fin des excédents et même un déficit de production de 10 millions de tonnes par rapport à la demande en 2019-2020. Mais la livre de sucre roux qui avait timidement grimpé à 15 cents de dollars est vite retombée à 10 cents à la Bourse de New York, entraînée par le plongeon des cours du brut.

En un mois 10% de sucre supplémentaires au Brésil

Le lien entre le pétrole et le sucre, c’est l’éthanol. Quand les cours du pétrole chutent, l’éthanol n’est plus rentable pour les producteurs de canne à sucre brésiliens. Au lieu d’un tiers de sucre et deux tiers d’éthanol, ils devraient cette année produire presque autant de sucre que d’éthanol. En un mois, la production de sucre a déjà augmenté de 10 points, elle pourrait atteindre 40 millions de tonnes sur la campagne. Les producteurs sont d’autant plus encouragés à exporter tout ce sucre qu’ils en retirent des dollars, alors que la monnaie brésilienne, le real, s’est effondrée de 30%.

Spéculation propre au sucre

La spéculation est aussi très forte sur ce marché du sucre. Il y a trois semaines, les investisseurs étaient net vendeurs de 3 millions de tonnes sur les marchés financiers, c’est énorme. « Le sucre est souvent excessif, reconnaît l’analyste de marché de la Confédération générale des planteurs de betterave. Le marché mondial n’est pas forcément révélateur des marchés domestiques. En dehors du Brésil, souligne Alexandre Valenza Troubat, de Marex Commodities, il n’y a pas de sucre : l’Europe est déficitaire, on a fermé des usines et encore réduit les surfaces de betteraves au printemps. »

Prix des marchés européens et africains plus élevés

Les prix européens sont plus élevés que lors des campagnes précédentes d’autant qu’en deux mois de confinement les ménages ont acheté autant qu’en neuf mois les années passées, cela a quasiment compensé la baisse de consommation de sucre dans l’industrie et les restaurants. Alors certes l’Europe n’est pas ouverte au sucre brésilien, ou très marginalement, mais « en Afrique, les acheteurs sont pressés de se positionner, ce qui n'est pas un signal de marché en excédent. Gardons les yeux ouverts, conclut ce négociant, il risque d’y avoir un fort mouvement à la hausse des prix du sucre ».

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