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Face à la crise, l’endettement comme remède

Audio 48:30
Ursula von der Leyen et Moussa Faki Mahamat, le 7 décembre 2019, à Addis-Abeba en Éthiopie.
Ursula von der Leyen et Moussa Faki Mahamat, le 7 décembre 2019, à Addis-Abeba en Éthiopie. AFP/Eduardo Soteras

En Europe, les États ont décidé de s’endetter pour financer leurs plans de relance économique après plusieurs semaines de paralysie de leur activité. En Afrique, la crise est moins forte, mais la question du surendettement se pose aussi.

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Pour se protéger de la pandémie de coronavirus, la plupart des nations ont choisi de confiner leurs citoyens. Conséquence, pour aider les ménages et les entreprises à faire face au manque d’activité et de revenus, les gouvernements ont débloqué des aides importantes. Pour se procurer les finances nécessaires, qui se chiffrent en centaines de milliards d’euros, il a fallu s’endetter.

C’est le cas de la France, par exemple, dont l’endettement devrait atteindre à la fin de l’année 115% de son Produit Intérieur Brut. De son côté, l’Europe des 27 hésite à mutualiser son endettement et l’Afrique cherche à éviter d’aggraver un endettement qui était déjà important avant la crise. D’où les questions qui vont être posées dans cette émission. La dette est-elle un bon instrument pour faire face à la crise ? L’histoire donne-t-elle des exemples d’un tel recours universel à l’endettement ? Toutes les nations sont-elles égales face à ce mécanisme ? Enfin une question qui agite beaucoup le monde des économistes, ces dettes devront-elles être remboursées ?

Des questions auxquelles répondront trois économistes :

Emmanuel Aka-Brou est professeur d’Économie à l’Université Félix Houphoüet Boigny d’Abidjan. Il y enseigne la macro-économie, les questions financières et monétaires et y dirige les masters de recherche en économie. Ses écrits sont pour l’essentiel consacrés aux économies ouest-africaines et sont publiés dans des revues scientifiques spécialisées.

Ishac Diwan est professeur à Paris Sciences et Lettres, regroupement d’universités et de grandes écoles parisiennes où il détient la chaire d’Économie du monde arabe. Il dispense ses cours d’économie à l’École normale supérieure de Paris. Son dernier livre “Crony capitalism in the middle east” a été publié l’an dernier (2019) aux éditions Oxford University Press

Jérôme Héricourt est professeur d’Économie à l’Université de Lille et conseiller scientifique au CEPII. L’un de ses derniers travaux pour ce centre de recherche en économie internationale, l’un des principaux en France, porte précisément sur le retour en grâce de la monétisation comme moyen de financement des dettes publiques.


Reportage de Joel Bronner
L’un des pays dont la dette a défrayé la chronique au lendemain de la grande crise de 2008, c’est la Grèce. Aujourd’hui, l’économie grecque est en meilleur état mais la dette reste importante. Et risque de gonfler encore. Car la pandémie de coronavirus fait planer une grave menace sur sa principale ressource économique, le tourisme. Le FMI prévoit une baisse du PIB de 10% cette année. Évidemment le gouvernement héllène soutient le projet d’une dette européenne commune.

Reportage Grèce dette

Reportage de Domitille Piron
La région actuellement la plus touchée par la pandémie, c’est l’Amérique latine. Cuba fait exception. Seulement 82 morts et moins de 2000 contaminations. De plus, fort d’un système de santé qui est son principal produit d’exportation, Cuba a envoyé ses médecins en Afrique du sud, au Togo ou en Angola pour ne citer que ces pays. Les ressources que cela fournit au budget cubain seront très utiles pour lutter contre la crise économique qui sévit à Cuba privé de ses touristes et dont la dette est un sujet souvent ignoré par les autorités. Mais en 2019, l’île a raté plusieurs échéances de remboursement de sa dette. Elle s’était engagée à payer fin mai 2020 et souhaite bénéficier maintenant d’un moratoire.

Reportage Cuba dette

Reportage de Coralie Pierret
Les pays créanciers font en tout cas des efforts pour atténuer le choc pour les économies africaines. Le Mali, dont les finances dépendent des cours mondiaux de l’or et du coton qu’il exporte, vient d’obtenir un moratoire pour sa dette. Le pays recommencera ses remboursements en 2022. Ce moratoire est-il une chance ou faut-il aller plus loin et revendiquer l’annulation de la dette.

Reportage Mali dette

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