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Européen de la semaine

Rafal Trzaskowski, chef de l'opposition et bête noire de l'Église polonaise

Audio 02:29
L'actuel maire de Varsovie et chef de l'opposition Rafal Trzaskowski lors d'une conférence de presse, le 8 octobre 2019.
L'actuel maire de Varsovie et chef de l'opposition Rafal Trzaskowski lors d'une conférence de presse, le 8 octobre 2019. Dawid Zuchowicz /Agencja Gazeta via Reuters
Par : Eliott Brachet
6 mn

En Pologne, alors que l’élection présidentielle prévue initialement le 10 mai a été reportée sine die en raison du coronavirus, un nouveau candidat a fait son apparition dans les rangs de l’opposition : Rafal Trzaskowski.

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À 48 ans, le maire de Varsovie remplace la candidate démissionnaire Malgorzata Kidawa-Blonska qui était en chute libre dans les sondages. Rafal Trzaskowski a donc repris le flambeau de la Plateforme civique, première force d’opposition face aux ultraconservateurs du parti Droit et Justice (PiS), au pouvoir depuis 2015.

« Ils nous lanceront de nombreuses piques. Mais plus ils nous attaqueront, plus nous serons forts. Et je vous le dis, nous allons gagner cette élection. » Sans même avoir encore récolté les 100 000 signatures obligatoires, Rafal Trzaskowski est déjà en campagne. Personne ne sait quand se tiendront les élections en raison du coronavirus, mais ce quadragénaire charismatique sillonne déjà le pays, multiplie les meetings avec son masque sur le visage.

Pour Paul Gradvohl, spécialiste de l’Europe centrale et professeur à l’université de Lorraine, Trzaskowski incarne une alternative libérale et pro-européenne au président sortant Andrzej Duda. « Si lui a réussi à s’imposer, c’est parce qu’il est jeune et qu’il était prêt à assumer une mission impossible. Son parcours explique sans doute ce choix, c’est un vrai pro-européen qui a eu des fonctions au sein du Parti populaire européen (PPE) au Parlement européen, qui a pris avec 57% des voix au premier tour la mairie de Varsovie. C’est donc quelqu’un qui sait mener une campagne électorale. D’ailleurs, il est parti avec un crédit de 10% des voix il y a quelques semaines, et en moins d’un mois aujourd’hui, dans les sondages, il est à 28%. Alors que le mouvement inverse se constate chez le président de la république actuel, qui de 50% est passé à 38%. »

Trzaskowski aurait donc sa chance dans un éventuel second tour. Pourtant, malgré son CV bien rempli, le candidat peine à convaincre, et c’est un euphémisme, au sein d’une population polonaise plutôt conservatrice. L'an dernier, Trzaskowski a signé une charte pour la défense des personnes LGBT qui a mis le feu aux poudres et déclenché une campagne de haine aux relents homophobes.

« Pour répondre à la question qui est fondamentalement : cet homme peut-il faire l’unanimité ? La réponse est bien sûr : non, explique Paul Gradvohl. Il y a une attaque extrêmement violente contre Trzaskowski au nom de la morale chrétienne. Il a fait un tramway couleur arc-en-ciel, il a fait des manifestations de soutien à l’égalité entre membres des minorités sexuelles. Donc Trzaskowski a face à lui tous les curés de toutes les paroisses de Pologne, et en particulier à la campagne, qui le décrivent comme le diable. » 

Pour remporter la présidentielle, Trzaskowski, qui est perçu comme un candidat élitiste des grandes villes, devra donc conquérir la Pologne rurale largement acquise au PiS.

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