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Revue de presse française

À la Une: c'est toujours la contestation aux États-Unis

Audio 04:22
Une voiture de la police d'Atlanta brûle alors que les gens protestent contre la mort, à Minneapolis, en garde à vue de l'afro-américain George Floyd, près de CNN Center à Atlanta, Géorgie, États-Unis, le 29 mai 2020.
Une voiture de la police d'Atlanta brûle alors que les gens protestent contre la mort, à Minneapolis, en garde à vue de l'afro-américain George Floyd, près de CNN Center à Atlanta, Géorgie, États-Unis, le 29 mai 2020. REUTERS/Dustin Chambers
Par : Aurélien Devernoix
10 mn

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Un pays « d'injustice permanente » pour les Africains-Américains lance Libération, un « volcan » sur lequel est assis Donald Trump pour Le Parisien qui se demande bien comment le président américain va gérer la situation. Libération lui répond : « Trump le choix du chaos au risque du KO ». Pour le journal, « à cinq mois d’un scrutin présidentiel qui l’obsède depuis le premier jour et qui, dans sa psyché de milliardaire allergique à la défaite, ne peut avoir d’autre issue qu’une réélection, Donald Trump ne semble pas disposé à jouer l’apaisement ». On a d'ailleurs pu s'en rendre compte cette nuit...

Mais les menaces du président américain semblent avoir peu d'effet sur les manifestants. De Minneapolis à New York en passant par Los Angeles, les envoyés spéciaux et correspondants de la presse française constatent la même détermination : « le mouvement ne peut pas s'arrêter, c'est trop tard, c'est partout », estime un manifestant dans les colonnes de Libération, alors qu'un autre confie à La Croix : « depuis que je suis enfant, on nous répète à l’école que la situation des Noirs s’est améliorée depuis l’esclavage, mais plus on grandit, plus on se rend compte que les discriminations persistent  ».

Le Figaro prend lui un chemin de traverse en publiant un reportage sur les habitants de Minneapolis cherchant à se défendre contre les pillages et dégradations ayant accompagné les manifestations

Des habitants qui se sentent abandonnés par une police débordée par les contestations. Le journal raconte leurs tentatives pour s'organiser ou pour éviter d'éventuelles attaques. L'une des personnes interviewées, électeur du parti démocrate, s'inquiète par ailleurs des conséquences électorales des débordements en marge des marches pacifiques. « En 1968 , rappelle-t-il, après les émeutes [ayant suivi l'assassinat de Martin Luther King], c'est Nixon qui avait été élu ».

Autre pas de côté dans Le Monde qui consacre un article aux journalistes ciblés par la police. « Des dizaines de reporters couvrant les manifestations ont directement été pris à partie par les forces de l'ordre », explique le quotidien, « un choc dans un pays où la presse bénéficie de garanties constitutionnelles généralement respectées ». « Des scènes qui rappellent la Chine ou l'Iran », s'inquiète un journaliste. Habituellement, explique Le Monde, les tensions avec la police sont rares, mais le contexte a évolué depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, qui présente régulièrement les médias « comme l'ennemi du peuple ».

Et puis c'est à noter depuis quelques jours, de nombreux sportifs et sportives prennent la parole pour apporter leur soutien aux contestataires

Certains mêmes descendent dans les rues, c'est le cas notamment du basketteur des Boston Celtics, le Français Vincent Poirier. Il s'est rendu avec deux coéquipiers dans une manifestation dimanche. « J'étais là pour dire que même si là ça se passe aux Etats-Unis, c'est quelque chose qui arrive en France et dans le monde entier », explique-t-il à l’Équipe. « Moi [qui suis blanc] je peux marcher librement dans la rue et je veux que ce soit pareil pour tout le monde. Ça me dérange que ce ne soit pas le cas ».

L’Équipe qui consacre également un article au coup de gueule du sextuple champion du monde de Formule 1 Lewis Hamilton. Il a dénoncé le silence du monde de la F1 face à la situation aux Etats-Unis. Un appel qui a eu son effet puisque dans la foulée une demie douzaine de jeunes pilotes ont réagi en partageant les slogans et autres hashtag en vogue sur le sujet sur les réseaux sociaux.

La presse française qui s'intéresse également largement à la nouvelle étape dans le déconfinement qui débute aujourd'hui dans l'Hexagone

Avec là aussi des approches bien différentes d'un journal à l'autre, Le Figaro consacre ainsi sa Une à « ces Français impatients de reprendre le travail ». De nombreuses entreprises qui avaient mis leurs employés en chômage partiel s'apprêtent à voir revenir les salariés dans les locaux. « C'est l'euphorie totale », confie un directeur de centre de thalassothérapie. Une joie partagée par de nombreux dirigeants d'entreprises interrogés par le quotidien... Les employés sont eux aux abonnés absents parmi les interviewés, trop occupés sans doute à célébrer leur retour au travail. Peut-être est-ce aussi lié à la préconisation de l'économiste Agnès Verdier Molinier dans les colonnes du journal, qui appelle à travailler plus longtemps et à prendre moins de vacances.

Mais du travail encore faut-il en avoir... le nombre de chômeurs a fortement augmenté et cela pourrait encore empirer

En raison notamment de l'arrivée sur le marché du travail des jeunes diplômés. « Une génération sacrifiée » lance Le Monde. Le recrutement de cadres débutants s'est par exemple effondré en avril, explique le quotidien : -69% d'offres. Une inversion totale de la tendance des mois précédant la crise du Covid-19.

Le gouvernement français a bien conscience du problème: Les Echos rappellent qu'un plan global pour les jeunes doit être présenté avant l'été. Emmanuel Macron doit quant à lui rencontrer les dirigeants des syndicats et du patronat jeudi, explique le quotidien économique, avec pour objectif de trouver des solutions pour « préserver l'emploi ». Le gouvernement qui se veut fort de l'expérience de la crise de 2008-2009 pour éviter un décrochage trop violent de l'économie.

Problème, ce décrochage il a déjà commencé, note de son côté Mediapart qui publie un reportage réalisé près de l'aéroport de Roissy. Une zone où beaucoup d'entreprises ont habituellement besoin de travailleurs intérimaires. Sauf que le confinement a totalement asséché les offres d'emploi, en particulier dans la logistique et l'hôtellerie, explique Mediapart. Même constat pour les auto-entrepreneurs, chauffeurs ou petits commerçants. Pire, les communes environnantes ont payé un tribut important au coronavirus, ce qui fait craindre à une médecin une « triple peine » : sanitaire, sociale et économique.

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