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Revue de presse Afrique

À la Une: l'Afrique s'indigne après le meurtre de George Floyd

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Des dizaines de milliers de personnes ont participé à la marche en hommage à George Floyd à Houston, le 2 juin 2020.
Des dizaines de milliers de personnes ont participé à la marche en hommage à George Floyd à Houston, le 2 juin 2020. Mark Felix / AFP

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« Plus d'une semaine après la mort de George Floyd à Minneapolis, l'onde de choc n'en finit pas de secouer les États-Unis, constate Le Point Afrique. Et les Afro-Americains ne sont pas seuls à crier leur rage. Des dizaines de milliers de femmes et d'hommes dans le monde leur ont prêté leurs voix, notamment en Afrique. (…) Les opinions publiques du continent voient un parallèle entre leur situation et celle des Afro-Américains, relève Le Point Afrique, notamment face aux violences policières. Au-delà des réactions de soutien, le mouvement, qui prend de l'ampleur de l'autre côté de l'Atlantique, questionne d'une façon inédite le rapport des Africains avec les États-Unis et jette une lumière crue sur la situation réelle des Afro-Américains et des réfugiés africains loin de vivre le 'rêve américain'. »

Trop de condescendance et de mépris

« L’Afrique a-t-elle raison de s’indigner ? », s'interroge Ledjely en Guinée.

Oui, répond le site. Parce que, « sous d’autres cieux et parce qu’ils sont noirs, les Africains aussi subissent la condescendance et le mépris. Cela est particulièrement manifeste dans le monde du football, où ces dernières années de nombreux joueurs africains ou d’origine africaine évoluant notamment dans les meilleurs clubs européens ont goûté au fruit amer du racisme sous forme de chants, d’insultes, de cris de singe ou encore de jets de banane. »

Pour autant, poursuit Ledjely, « comment expliquer notamment que l’Union africaine se préoccupe du sort réservé aux Noirs des États-Unis, alors qu’elle ne le fait pas toujours suffisamment pour de nombreux Africains que l’on tue ou que l’on persécute sur le continent même ? »

En RDC, au Cameroun, au Mali, en Guinée, « et dans d’autres pays encore, des citoyens sont tués, emprisonnés et torturés, sans qu’aucune institution ne veuille lever le moindre doigt. L’ironie est telle, conclut Ledjely, que quand c’est sur le continent, c’est aux autres de s’indigner, de condamner et de déplorer. Nous autres, citoyens et institutions confondus, nous regardons ailleurs. »

Trump conspué

De son côté, Le Pays au Burkina concentre le tir sur Donald Trump... « Au-delà du drame humain, ce qui crève le cœur dans cette affaire, c’est sa gestion politique. En effet, le président américain, qui n’a jamais fait mystère de ses accointances avec les suprématistes blancs, ne s’est même pas donné la peine de compatir à la douleur de la famille de George Floyd, pas plus qu’il n’a condamné ce crime. Pire, poursuit Le Pays, il prend l’option de faire appel à l’armée pour réduire au silence les cris de colère des Américains. En choisissant ainsi de souffler sur les braises, toute honte bue, Trump tente une récupération politique dont le but est de galvaniser sa base électorale d’extrême-droite et de se faire passer dans l’imaginaire des couches aisées comme le champion de l’ordre face à l’anarchie. »

La voix des intellectuels

Pour leur part, les intellectuels africains s'indignent... « Comment une population soumise à un tel traitement ne se révolterait-elle pas, quand un policier étouffe froidement un homme dont le seul tort est d’être noir ?, s'exclame ainsi l'historien Pap Ndiaye, professeur à Sciences Po Paris, dans une tribune publiée par Jeune Afrique. Les départements de police de trop nombreuses villes américaines sont gangrenés en profondeur par un racisme structurel qui ruine la vie des Américains noirs depuis des décennies. Des efforts sérieux ont été consentis ici et là, mais on est encore très loin du compte. (...) Dès lors, seule une voix collective populaire et puissante est susceptible de faire évoluer les choses, estime Pap Ndiaye. Par exemple, en faisant que le meurtrier de George Floyd soit inculpé de meurtre et non d’homicide involontaire. »

C'est désormais chose faite depuis hier

Enfin, pour l'écrivain nigérian Wole Soyinka, prix Nobel de littérature, qui s'exprime dans les colonnes de WakatSera au Burkina, « la solution est assez simple : les Afrodescendants sont pour ainsi dire condamnés à l’excellence et à la conquête du pouvoir économique et politique partout où ils vivent, affirme l'écrivain. Il ne faut attendre aucun salut ni aucune compassion d’un système fondé depuis le 15ème siècle sur le pillage de l’Afrique et l’asservissement ou l’infériorisation de ses descendants. Pourquoi, conclut Wole Soyinka, voulez-vous que ce système accepte sa propre perte ? »

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