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Reportage international

Colombie: les chiffons rouges de la solidarité

Audio 02:37
Des denrées offertes à l'association des femmes indépendantes, Ami, à Medellin.
Des denrées offertes à l'association des femmes indépendantes, Ami, à Medellin. RFI/Najet Benrabaa

En Colombie, en temps de confinement et de pandémie, un nouveau symbole de solidarité est né : le chiffon rouge accroché à la porte pour signaler le besoin d'aide. Outre les institutions locales, des entrepreneurs, restaurateurs et pâtissiers français qui vivent en Colombie aident les plus démunis. Depuis un mois et demi, ils livrent des repas dans les quartiers les plus défavorisés.

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Lina Marcela Durán Machado, 38 ans, est mère de trois enfants. Elle vit dans une maison familiale au pied des escaliers électriques du quartier San Javier. C’est l’un des sites touristiques les plus visités de Medellín. On vient y découvrir les fresques murales.

Depuis le début du confinement, l’économie est à l’arrêt. Sans revenus, Lina s’est résignée à mettre un chiffon rouge sur sa porte. « Ta famille t’interpelle et te dit “Maman, il n’y a plus de papier, plus de savon, plus de nourriture, plus de dentifrice”. Là, on commence à mourir de l’intérieur. Personne ne peut imaginer nos situations et je ne la souhaite à personne. Car regarder ses enfants manger uniquement du riz avec un verre d’eau ou seulement boire un verre d’eau, car il n’y a rien à la maison, c’est trop dur. Ça fait très mal. »

« Il y a beaucoup de gens qui, littéralement, meurent de faim »

Lina travaillait en intérim. Elle gagnait le salaire minimum soit environ 230 euros par mois. Désormais, elle survit grâce à la solidarité... Et ce mardi, deux Français arrivent avec une livraison. Adrien Albouys et Sylvain Lefebvre sont restaurateurs. Depuis 4 ans, leur café est installé dans le quartier voisin, Laureles.

« Nous avons mis en vente des bons d’achat pour nos clients qu’on a publiés sur les réseaux sociaux. Les clients ont répondu très présents », affirme Albouys, le fondateur du Café Cliché. « Ils nous font un transfert bancaire d’un montant de leur choix et nous avons eu l’idée, avec mon associé, de reverser 20 % de cette somme à des associations qui viennent en aide aux personnes les plus vulnérables. Il y a beaucoup de gens qui, littéralement, meurent de faim. Donc, on avait envie de faire quelque chose en ce sens pour les aider eux aussi. »

Des milliers de familles dans le besoin

Pour cette deuxième livraison de la semaine, les restaurateurs offrent 60 sandwichs et desserts à l’association des femmes indépendantes, Ami. « Ce n’est pas qu’il n’y a pas de nourriture. Il y en a. Mais pas assez pour garantir à tous “le droit à l’alimentation”. Ici, 90 % des habitants sont des personnes qui vivent du travail informel. Et 50 % vivent dans la pauvreté, la pauvreté extrême », explique Maria Socorro Mosquera Londoño, la directrice de l’association.

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Dans le secteur Independencia du quartier San Javier, plus de 7 000 familles sont dans le besoin. Même constat dans les autres quartiers de Medellín. Alors la mairie a mis en place une plateforme de distribution de dons. « Grâce à la plateforme “Medellín prend soin de moi” nous avons livré plus de 650 000 dons aux personnes les plus vulnérables de la ville, dont 350 000 colis alimentaires », affirme Esteban Restrepo, représentant du département d’Antioquia.

En Colombie plus de 46 % du travail est informel. Le confinement a augmenté la pauvreté.

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