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Aujourd'hui l'économie

Comment le marché de l’art reprend des couleurs

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Le musée Picasso dans le quartier du Marais, à Paris, le 24 avril 2018.
Le musée Picasso dans le quartier du Marais, à Paris, le 24 avril 2018. AFP/Philippe Lopez

Comme la plupart des grandes foires d’art contemporain, celle de Paris et maintenant celle de Bâle qui devaient se tenir à l’automne sont annulées. Car le coronavirus a plongé le marché de l’art dans l’une des pires crises de son histoire.

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Dans ce milieu d’esthètes, les expériences vécues, visite au salon ou à la foire, à la galerie ou vente aux enchères, sont encore déterminantes pour faire circuler l’argent, le curseur de la popularité des artistes et surtout celui des folies des investisseurs collectionneurs. Ce marché pesait environ 14 milliards d’euros en 2019, pour les seules ventes aux enchères. Mais la pandémie a totalement anéanti les rituels de cette clientèle d'amateurs fortunés, plongeant les marchands dans une profonde dépression. Jamais leur moral n’a été aussi bas d’après l’indice de confiance qui donne la température du milieu depuis 2005. Cet indice est tombé à 6,4 sur 100, c'est 85% de moins qu'au dernier trimestre de 2019. Et c’est en-dessous de son niveau d’après la crise financière de 2008. Et si le moral dévisse c’est parce que les ventes se sont effondrées. Au premier trimestre 2019 les transactions ont rapporté 4,2 milliards de dollars. Pour le premier trimestre 2020, c’est huit fois moins : 528 millions de dollars seulement.

C’est donc le bon moment pour acheter ?

Pour tous ceux qui en ont les moyens, oui c’est le meilleur moment, car il y a beaucoup plus d’offres que de demandes. Comme à chaque crise, les galeristes font de grosses ristournes, de 20 à 40%, pour retrouver un peu de cash. Les acheteurs font des affaires en soutenant la cote des artistes et au passage relancent un marché qui tourne encore au ralenti. La galerie parisienne Loeve & Co propose ainsi chaque semaine des œuvres à prix bradés. En indiquant le prix d’avant et celui d’aujourd’hui sur son compte twitter. D'autres proposent des visites en 3D ou encore à 360°. Il faut des outils sophistiqués pour permettre aux acheteurs potentiels de mieux appréhender les oeuvres qu'ils convoitent.

Car dorénavant les ventes se font de plus en plus en ligne

Comme pour de nombreux secteurs d’activité, le confinement a donné un coup d’accélérateur à la numérisation. Certaines foires sont maintenant déclinées en version virtuelle. Christie’s va organiser cet été une méga vente en ligne étalée sur plusieurs jours et ponctuée par des évènements dans les grandes capitales de l’art, Hong Kong, Paris, Londres puis New York. Des valeurs sûres dont un Picasso et un Roy Lichtenstein sont inscrites à son catalogue, leurs mises en vente devraient faire flamber les enchères. Chez Christie’s, les ventes en ligne ne représentent aujourd’hui que 4% du chiffre d’affaire. Il y a donc une belle marge de progression. C'est bon pour le marché de l'art, en revanche, pas forcément pour l'industrie du tourisme qui bénéficiait largement des retombées de ces foires. Les diverses foires organisées à Bâle par exemple génère un revenu annuel estimé à 6 milliards 500 millions d'euros. L’autre mode de transaction qui pourrait repartir de plus belle, c’est celui des ventes privées, souvent opaques. Et ce n’est pas forcément une bonne nouvelle pour ce marché très peu régulé où on estime que 10% des échanges relèvent de la fraude ou du marché noir.

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