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Afrique économie

Le paiement des dividendes en question en zone UEMOA

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Le siège de l'Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) à Ouagadougou, au Burkina Faso. (Image d'illustration)
Le siège de l'Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) à Ouagadougou, au Burkina Faso. (Image d'illustration) Creative Commons BY-SA 3.0

Payer ou pas les dividendes en cette année de pandémie qui a conduit à une baisse importante des activités économiques dans plusieurs secteurs ? C’est la question incontournable lors des assemblées générales des actionnaires pour les entreprises cotées. L’antenne nationale de Bourse de Côte d’Ivoire a organisé cette semaine une conférence virtuelle autour de ce sujet. 

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Organisatrice de la première conférence virtuelle sur le paiement des dividendes aux actionnaires des sociétés cotées, la directrice de l’antenne nationale de Bourse de Côte d’Ivoire, Corinne Ormon, s’interroge : « Quelle attitude adopter en matière de paiement de dividendes en période de crise, sachant que dans certains pays, de nombreuses voix se sont élevées pour demander un gel du versement des dividendes aux actionnaires ? Car s’il est juridiquement possible de verser des dividendes, le principe de précaution doit s’appliquer dans le contexte économique actuel ».

Pour donner un éclairage à ce questionnement, la Bourse régionale des valeurs mobilières d’Abidjan a convié Charles Kié, directeur général de New African Capital Partners, une plateforme d’investissement spécialiste des services financiers. Il rappelle que l’une des conséquences de la crise sanitaire de Covid-19, c’est la contraction économique dans tous les pays.

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« Pour la première fois depuis 25 ans, l’Afrique pourrait connaître une situation de récession. Si nous prenons le simple cas de l’UEMOA, qui est la zone dans laquelle nous sommes, les premières estimations faites en mars et en avril donnent quelques indications d’une perte potentielle de 4 points de PIB, pour une zone qui a connu une croissance entre 5 % et 6 % - et quelques fois même 6,7 % - sur la période récente. Mais si la crise devait se poursuivre au-delà du mois de juin, cette zone pourrait connaître une situation de récession elle aussi ».

Champ libre pour les entreprises cotées

Dans ce contexte-là, les entreprises cotées, ont la latitude de faire ce qu’elles veulent, à savoir payer ou pas les dividendes à leurs actionnaires, précise Charles Kié. « Rien ne s’oppose juridiquement à ce qu’une société qui, à la fin de l’année 2019, a réalisé des bénéfices et a accumulé au cours des années précédentes des reports à nouveau bénéficiaires puisse distribuer des dividendes », dit-il. 

Puis il ajoute : « Sur les marchés où nous sommes et notamment lorsque certaines sociétés décident de se mettre en bourse, un des éléments de l’attraction des investisseurs, c’est la perspective de percevoir des dividendes. Autant certains regardent la société par rapport à la perspective de l’accroissement de la valeur sur le marché, autant d’autres ne le regardent qu’à l’aune des dividendes qu’ils vont percevoir année après année et surtout à la régularité de ces dividendes ».

Au sein des sociétés cotées à la bourse régionale des valeurs mobilières, les petits porteurs, c’est-à-dire les investisseurs individuels, constituent 20 % de l’actionnariat. Aucun État de la zone UEMOA n’a recommandé aux entreprises cotées qui bénéficieront des aides publics pour faire face aux conséquences de la pandémie, de ne pas distribuer les dividendes à leurs actionnaires.

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