Accéder au contenu principal
Reportage international

Au Brésil, le coronavirus fait plus de victimes chez les jeunes

Audio 02:29
Prise de la température  avant l'accès à un centre commercial de Sao Paulo, le 11 juin 2020.
Prise de la température avant l'accès à un centre commercial de Sao Paulo, le 11 juin 2020. REUTERS/Amanda Perobelli

Au Brésil, le coronavirus touche davantage de jeunes que dans d’autres pays. Alors que 95% des morts du coronavirus ont plus de 60 ans dans des pays comme l’Italie ou l’Espagne, ils représentent 69% des décès au Brésil. Une situation due à de multiples facteurs. 

Publicité

Paolo Camargo est médecin et travaille en ce moment dans l’hôpital de campagne du stade Maracana de Rio, monté spécialement pour les patients atteints de coronavirus. Il a vite été étonné du nombre de jeunes en soins intensifs.
« Tous les cas de jeunes que j’ai eus étaient obèses. Des personnes entre 20 et 30 ans, jusqu’à 40 ans… Toutes, sans exception, avaient un degré significatif d’obésité. »

Au Brésil, 86 millions d’adultes feraient partie des « groupes à risque », selon une étude de l’université fédérale de Sao Paulo. Et le pays fait face à une véritable « pandémie d’obésité », selon Eduardo Grecco, gastro-chirurgien.
« L’obésité est une maladie. Si on fait la somme des personnes en situation de surpoids et d’obésité, on parle de plus de 60% de la population. Si on prend seulement les cas d’obésité sévère et morbide, c’est autour de 15%-20%, qui représentent les patients les plus graves. »

La « pyramide des âges » au Brésil donne une seconde explication du fort taux de jeunes touchés : si les plus de 60 ans représentent 25% de la population en Italie ou en Espagne, ils ne forment que 14% des 210 millions de Brésiliens.

Selon la pneumologue Margareth Dalcolmo, le virus « rajeunit » au Brésil. « Ce n’est pas seulement une question de distribution de notre pyramide des âges, c'est aussi qu’un grand nombre de ces jeunes vivent dans des zones très densément peuplées et dans des communautés très dépossédées d’un point de vue socio-économique. »

Les favelas, quartiers pauvres brésiliens, sont davantage habités par des jeunes travaillant dans le secteur informel. Ces travailleurs pauvres sont obligés de continuer leur activité et sont donc plus vulnérables au virus.

Hugo Precep est médecin dans une clinique de famille à Rio. « Je pense que ça a à voir avec la façon dont notre société se reproduit : dans les inégalités, dans la forme d’organisation du travail, dans l’accès aux services publics, aux politiques publiques qui tentent de réduire les inégalités, dans l’accès à l’éducation… », explique-t-il.

Enfin, un dernier facteur avancé par les experts : l’influence du discours du président brésilien, qui minimise la pandémie depuis le début. Un grand nombre de ses partisans se sentent protégés et continuent d’ailleurs de participer à des manifestations publiques chaque dimanche.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.