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Afrique économie

Le défi de la mobilisation des recettes fiscales en période de pandémie

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Le marché de Rood Woko à Ouagadougou, en pleine crise de coronavirus, le 20 avril 2020 (image d'illustration).
Le marché de Rood Woko à Ouagadougou, en pleine crise de coronavirus, le 20 avril 2020 (image d'illustration). OLYMPIA DE MAISMONT/AFP
Par : Stanislas Ndayishimiye

Alors que la plupart des pays africains peinent habituellement à capter les recettes fiscales intérieures et face à la hausse des dépenses provoquée par la pandémie de Covid-19, quelles réponses peuvent-ils apporter pour continuer à mobiliser des ressources intérieures, dans une situation de faible activité économique ? Les administrations se sont penchées sur la question dès le début de la crise sanitaire, selon les témoignages de représentants de certains pays. C’était lors d’une visio-conférence organisée par la FERDI, la Fondation pour les études et recherches sur le développement international.

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Le Burkina Faso prévoit une baisse de plus de 12% de ses recettes fiscales cette année à cause de la pandémie de covid-19. Si l’on ajoute les mesures prises par le gouvernement pour alléger le fardeau des entreprises, la baisse globale des recettes sera de 16%. Et ça pourrait être pire, selon Céline Yonoba Coulibaly, conseillère technique auprès du ministre burkinabè des Finances.

« Nous avons fait ces calculs en espérant que d’ici fin juin, nous allons sortir du Covid et que l’activité économique va reprendre normalement. Nous sommes en train de réviser nos ambitions en termes de mobilisation des recettes. Nous sommes conscients que les mesures qui ont été prises, d’une durée de trois mois sont insuffisantes. »

Le gouvernement burkinabè devrait consulter dans les tous prochains jours le secteur privé, avant de prendre de nouvelles mesures pour tenter de maintenir les entreprises à flot.

La baisse des activités économiques dans le monde a entrainé celle des flux des échanges commerciaux et donc celle des recettes douanières. Au Niger, les effets de la crise sanitaire ont aggravé une situation déjà très difficile, selon Mahamane Elhadji Ousmane, directeur de la règlementation et des relations internationales de la douane.
« En septembre 2019, le Nigeria a fermé sa frontière de manière unilatérale. Cette crise de la Covid est venue se superposer à celle causée par la fermeture [de la frontière] du Nigeria. La première chose que nous avons constaté à la douane, c’est une baisse des importations des produits de grande consommation. Et puis, l’administration des douanes a exonéré tous les produits et équipements utilisés dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19. Mais ce qu’il faut retenir, c’est que du point de vue douanier, les mesures qui ont été prises ont permis de faire ressortir que l’impact de la fermeture du Nigeria a été beaucoup plus ressenti par l’économie nigérienne que la pandémie de Covid-19. »
Cette conclusion ne concerne que les trois derniers mois (mars, avril et mai).

De son côté, comme la majorité des pays du monde, la Guinée a élaboré un plan de riposte contre la pandémie de Covid-19. Laurent Sabathier, dépêché par Expertise France en Guinée depuis novembre 2019 pour accompagner la mise en route de la MAMRI, la Mission d’appui à la mobilisation des ressources internes.
« Le coût total de ce plan de riposte, c’est 3 500 milliards de francs guinéens – à peu près 320 millions d’euros – financés par 1 350 francs d’économie sur le budget national et complété par des contributions des partenaires financiers internationaux. »

Après la mise en place des premières mesures de riposte, une commission de pilotage des responsables de la douane, du Trésor public, de la Banque centrale, de l’agence de promotion des investissements et des représentants du secteur privé sera créée. Sachant que l’objectif de la MAMRI est de porter les recettes internes en Guinée à 20% du PIB au lieu de 13,5% aujourd’hui.

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