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Revue de presse française

À la Une: soupçon de micmac dans l’affaire Fillon

Audio 05:09
François et Pénélope Fillon au Tribunal de grande de instance de Paris, le 27 février 2020.
François et Pénélope Fillon au Tribunal de grande de instance de Paris, le 27 février 2020. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

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C’est une affaire dans une affaire, celle des pressions exercées dans « l’affaire Fillon ». Pour avis, Emmanuel Macron saisit le Conseil supérieur de la magistrature, après les propos polémiques de l’ancienne procureure du Parquet national financier Éliane Houlette. Le président français attend du Conseil supérieur de la magistrature qu’il vérifie si le parquet national financier « a pu exercer son activité en toute sérénité, sans pression », lors de son enquête dans l'affaire Fillon.

Tout a commencé il y a trois jours par un article de l’hebdomadaire Le Point qui a soulevé cette tempête politico-judiciaire.

Laquelle tempête est épinglée ce matin à la Une du Figaro. Proche de la droite en France, ce quotidien dénonce « en manchette » lesdites « « pressions » dans l’affaire Fillon », subies par l’ancienne procureure Eliane Houlette quand elle instruisait ladite affaire, en pleine campagne électorale, avant que le candidat de droite François Fillon soit prestement mis en examen puis éliminé au premier tour de l’élection présidentielle de 2017.

Tempête en effet car, dans une interview à l’hebdomadaire Marianne il y a pile un an, la même Eliane Houlette déclarait qu’elle n’avait « jamais subi aucune pression. Ni reçu aucune consigne ». Depuis, cette procureure est partie à la retraite.

Alors ? Alors, à neuf jours du jugement dans l’affaire Fillon, Le Figaro, ce matin, se penche sur « l’onde de choc » de cette affaire dans l’affaire.

Comme le relève le magazine Le Point, lors de son audition le 10 juin dernier par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur « l’indépendance du pouvoir judiciaire », Eliane Houlette a dit avoir subi la « pression du parquet général », sous la forme de « demandes très pressantes de remontées d’informations ».

« Le ver est dans le fruit », formule Le Figaro, la procédure dans l’affaire Fillon est « désormais pourrie de l’intérieur ».

Dans le résumé qu’il publie de cette « tempête », le quotidien Le Parisien précise que lesdites « pressions » admises sous serment par l’ancienne procureure du Parquet national financier émanaient de sa supérieure hiérarchique, Catherine Champrenault, qui est « toujours procureure générale de la cour d’appel de Paris », souligne ce journal.

Eliane Houlette, hier, a eu beau dire que ceux qui « exploitent » ses propos « en ce sens les dénaturent » et qu’ils font preuve de « mauvaise foi », Me Antonin Lévy, avocat de l’ancien Premier ministre, enfonce le clou dans Le Figaro de ce matin en déclarant que l’enquête qui visait François Fillon, ainsi que son épouse, « n’a pas suivi un cours normal » et que son client « a fait l’objet d’un traitement de défaveur ». Et Me Lévy affirme que, dans l’affaire Fillon, le parquet général « tire les ficelles depuis le début ».

Le charnier de Paris-Descartes

Du nouveau dans le scandale du Centre de don des corps de l’Université Paris-Descartes (des corps destinés aux leçons d’anatomie). L’Igas, l’Inspection générale des affaires sociales, a rendu son rapport. En attendant les conclusions de l’enquête préliminaire de la justice, toujours en cours. Le journal Libération dévoile ce samedi matin la synthèse de ce rapport de l’Igas. Publié le 13 juin, ce rapport «  pointe la responsabilité directe de l’université Paris-Descartes » dans l’affaire du le centre du don des corps de cette université, « temple  parisien de l’anatomie, formule ce quotidien.

Etant rappelé que ce scandale a été révélé par l’hebdomadaire L’Express le 26 novembre 2019, et que nous avons alors rapporté l’essentiel dans la revue de presse des hebdomadaires et magazine, le dimanche matin sur RFI, on résumera qu’à grands traits, L’Express mettait au jour l’existence d’un vrai « charnier » dans ce centre où les corps destinés à la dissection pour les besoins de formation des médecins étaient entassés pêle-mêle, souvent démembrés façon puzzle, rats et souris en faisant leurs repas, sans que l’état de putréfaction de ces macchabés ne leur coupe l’appétit, quand ils n’étaient tout simplement pas utilisés dans l’industrie automobiles lors de « crash-tests », vous savez, ces accidents de voiture en atelier, et durant lesquelles sont observés les effets des chocs sur le corps humain. Nous en avons déjà parlé. Passons.

Libération a rencontré des familles révoltées dont des proches avaient fait don de leur corps à la science. 72 d’entre elles ont en effet saisi la justice. Ce journal signale aussi que Frédéric Dardel, président de Paris-Descartes de 2011 à 2019, a été démis de ses fonctions de conseiller spécial de la ministre de l’Enseignement supérieur « la veille » de la publication du rapport de l’Igas.

En tout cas, l’état de délabrement avancé de ce centre d’anatomie n’était pas le résultat d’un manque de moyens. Libération révèle même que le CDC gagnait de l’argent, un million huit cent mille euros « au profit de l’université entre 2013 et 2016 », sans compter des dons.

Et ce journal se demande comment on a pu « à ce point bafouer la générosité du don opéré par le mort du temps de son vivant pour faire avancer la recherche médicale ou scientifique ? Comment dédaigner avec un tel cynisme la souffrance des familles ? », interroge Libération. Une vraie danse macabre…

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