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Revue de presse française

À la Une: l’affaire Fillon, l’ombre d’un doute

Audio 05:16
François Fillon et son épouse à leur arrivée au Tribunal de Paris, mercredi 24 février 2020.
François Fillon et son épouse à leur arrivée au Tribunal de Paris, mercredi 24 février 2020. REUTERS/Charles Platiau

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L’ombre d’un doute dans le traitement judiciaire de cette affaire qui sera jugée en première instance dans huit jours, et même « le poison du doute », lance la Une du Journal du Dimanche, pour évoquer les déclarations de l’ancienne procureure du pôle financier sur les « pressions » que, sous serment, Eliane Houlette confesse avoir subies lors de l’instruction de l’affaire Fillon en pleine campagne électorale de 2017.

Ces « confidences » ayant, comme l’admet Le JDD, fait ressurgir les « soupçons d’instrumentalisation de la justice », la ministre de la Justice, dans un entretien à cet hebdomadaire, estime justement « essentiel de lever ce doute délétère pour l'institution judiciaire ». Car « à tort ou à raison », les propos de l'ancienne procureure financière ont, « distillé le doute sur l'indépendance et l'impartialité de la justice dans la conduite de cette affaire », admet Nicole Belloubet dans Le Journal du Dimanche.

Journal dans les colonnes duquel la Garde des Sceaux n'exclut pas de diligenter une inspection judiciaire, si le Conseil supérieur de la magistrature, qui a été actionné dans cette affaire par le président Macron, « l'estime nécessaire ».

De doute sur cette affaire, Brice Hortefeux, lui, n’en a pas. Selon lui, « le résultat » de l’élection présidentielle de 2017, « à l’évidence », a été « faussé », dit l’ancien ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy au Journal du Dimanche.

Manuel Valls et l’explosive « guerre des races »

Les manifestations contre le racisme dans le monde ont marqué la semaine. Et en France, Manuel Valls est sorti du bois. L’ancien Premier ministre socialiste déplore rien moins qu’une « guerre des races » ! Ses camarades du Parti socialiste en sont restés sans voix, à commencer par le Premier secrétaire, Olivier Faure, qui s’est dit « consterné » par les déclarations de Manuel Valls, selon qui « la lutte des classes disparaît au profit de la guerre entre races ».

Pour ne rien arranger, c’est à l’hebdomadaire Valeurs Actuelles que l'ex-Premier ministre de François Hollande l’a dit. Selon Manuel Valls, « cette guerre est terrible, car elle essentialise en fonction de la couleur de peau. Elle s'agrège mais elle est aussi en concurrence avec l'islam politique. C'est un cocktail explosif », déclare l’ancien Premier ministre à Valeurs Actuelles.

Elisabeth Badinter et l’explosif « nouveau racisme »

Derrière ses déclarations-choc, Valls dissimule-t-il des arrière-pensées politiques que des polémistes lui prêtent ? Ce coup de cymbale, en tout cas, résonne en écho d’autres mises en garde du même tonneau. Témoin, Elisabeth Badinter. En couverture de L’Express, cette philosophe ne dit guère autre chose cette semaine. Spécialiste des Lumières, Elisabeth Badinter déplore « la naissance d’un nouveau racisme » dont « le Blanc » est, dit-elle, « le dernier avatar » et qui peut mener à un « véritable séparatisme ». Si elle salue la prise de conscience qui a suivi le meurtre de George Floyd et les manifestations contre le racisme qui s’en sont suivies de par le monde, Elisabeth Badinter « alerte vivement contre l’émergence d’un courant "antiraciste" qui insiste sur ce qui nous distingue plutôt que sur ce qui nous unit ».

Dans L’Express, Elisabeth Badinter affirme qu’aujourd’hui, « les indigénistes voudraient nous vendre une régression inouïe : l’idée que l’autre est un étranger avec lequel on n’a rien à faire. C’est évident que nous allons vers des conflits graves en développant ces théories-là », prévient-elle dansL’Express.

Michel Onfray droitise le Front populaire

Dans cet orchestre également, un nouvel instrument est né cette semaine, le 18 juin exactement (la date n’a pas été choisie au hasard) et il sera pour la première fois en kiosque après-demain. Il s’agit d’un nouveau magazine dont le nom n’a pas non plus été choisi au hasard, puisqu’il s’agit de Front Populaire. Lancé dans sa version en ligne le jour du quatre-vingtième anniversaire de l’appel du 18 juin du général de Gaulle, ce nouveau confrère, dont la déclinaison papier sortira en effet ce mardi 23 juin, est la revue trimestrielle du philosophe Michel Onfray. Et son titre est une référence au gouvernement de gauche ayant, sous la houlette de Léon Blum, dirigé la France pendant deux ans à partir d’avril 1936.

Et pourtant. Autour de Michel Onfray, anciens élus, « gilets jaunes », enseignants et autres juristes ou paysans sont « de gauche, de droite, d'ailleurs ou de nulle part », énonce Front Populaire. Laquelle revue, dans l’ossature de son équipe, compte un professeur de médecine désormais bien connu, le chantre de la chloroquine Didier Raoult.

On connaît la devise du journal Le Figaro, empruntée à Beaumarchais : « Sans liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur »). Front Populaire a choisi de se servir un siècle plus tôt, dans le Discours de la servitude volontaire, de La Boétie, sa devise étant : « Soyez résolus à ne plus servir et vous voilà libres », cette revue se proposant d’être « le parlement perpétuel des idées de ce que veulent les peuples contre les populicides qui souhaitent leur mort ». Dès à présent en ligne sur le site de ce nouveau confrère, des Cahiers de doléances, comme ceux de 1789 à Versailles, quatre ans avant la décapitation du roi de France…

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