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Musiques du monde

Ray Lema rend hommage à Franco Luambo “On entre KO – On sort OK”

Audio 48:30
Ray Lema au fleuve Congo.
Ray Lema au fleuve Congo. Thomas Freteur

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Ray Lema JazzKif 2019.
Ray Lema JazzKif 2019. Thomas Fréteur

Biographie de Ray Lema 

Ray Lema n’a de cesse de vouloir transmettre aux nouvelles générations tout le patrimoine qui a fait l'identité de son pays. Non pour en faire des pièces de musée, tel un folklore conservé dans le formol, mais bel et bien pour nourrir encore et toujours la créativité. La sienne n’est plus à démontrer à l’aulne d’une carrière cinquantenaire qui l’a vu concilier comme peu des cultures que beaucoup opposent : le savant et le populaire, l’écrit et l’improvisé, le symphonique et ladite world music, les rythmes et les harmonies, la mélodie etc… Lui n’entend dans tout cela qu’une chose : de la musique.

Rodriguez Vangama, Ray Lema et Michel Alibo en répétition.
Rodriguez Vangama, Ray Lema et Michel Alibo en répétition. RFI/Laurence Aloir

Ce dont parle à tout moment François Luambo Makiadi, dont le génie se mesure aux surnoms qui lui furent attribuées : "le Grand Maître", le "Vénérable Yorgho", le "Sorcier de la guitare"… Celui qui aura porté la rumba congolaise sur toutes les pistes de danse du continent, et bien au-delà. Ce serait néanmoins limiter le message de Franco de ne l’envisager que comme un ambianceur de première : sa musique portait la parole du petit peuple comme elle parlait des grandes heures d’une Afrique enfin libérée. Tout un chacun, la belle Kinoise comme le jaloux saboteur, se retrouvait dans cette verve qui slalomait dans les maux comme sa guitare dribblait entre les mots. Franco disait tout haut ce que tout le monde pensait.

One Drop

"Après toutes ces années, la musique de Franco n’a pas pris une ride. " Ray Lema en est persuadé plus que jamais, lui qui tout gamin faisait le ngembo, c'est-à-dire la chauve-souris agrippée à un arbre, pour écouter le tout puissant créateur de l’Ok Jazz. Chez le natif de Sonabata, Ray Lema entend tout autant l'immense tradition qu’il a expertisée, dès les années 70, en tant que directeur du ballet national que les intenses innovations qui ont fourni le diapason de la musique congolaise depuis, notamment le sebene, cette marque de fabrique qui fait de la guitare, l’axe de sa musique, une roue rythmique.

Pour prendre l'épaisseur de ce parcours, il a choisi des faces des débuts à commencer par Nani Apedalaki te et le classique d’entre les classiques Mario, à l’hiver de sa carrière, des titres taille patron dans lesquels il a bien fallu tailler. Un défi pour tout arrangeur quand on sait qu’un titre de Franco pouvait tourner des heures. Il y a ajouté son grain de sel, qui ne manque pas de pimenter cette novelles sauce : la section des soufflants dont les motifs écrits pas ses soins tracent des lignes inédites, de nouvelles perspectives à la musique de Franco. Certains y verront une touche jazz à la rumba. Ce serait néanmoins en limiter la portée ce cette relecture, qui parvient à "moderniser" l'irrésistible groove de Franco. Disons qu'il ne s'est pas contenté d'une copie décalquée pour saluer à sa juste valeur le talent de la rumba.

Jacques Denis pour One Drop.

Séance photo Ray Lema et son gang, avec Emanuel Bovet.
Séance photo Ray Lema et son gang, avec Emanuel Bovet. RFI/Laurence Aloir

Titres extraits de l’album Hommage à Franco : Luvumbu, Mario, Testament ya bowule, Nani a pedalaki, Nakoma mbande ze, Cheri bondowe.

 

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