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Les dessous de l'infox, la chronique

Graphika épingle la désinformation russe

Audio 03:17
Vladimir Poutine, le président russe.
Vladimir Poutine, le président russe. Sputnik/Aleksey Nikolskyi/Kremlin via REUTERS
Par : Sophie Malibeaux

Un centre de recherche basé aux États-Unis dévoile une campagne de manipulation de l’information en ligne, pointant du doigt de mystérieux opérateurs russes. Cela fait 6 ans que cela dure, quelques 300 plateformes sont concernées, plus de 2500 infox mises à jour dans le rapport « Secondary infektion ». Avec quel objectif ? Selon quel mode opératoire ? Cette étude soulève beaucoup de questions.

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La mise à jour par les experts de Graphika d’une opération de désinformation sévissant depuis 2014 sur internet permet de détecter une nouvelle forme d’intoxication aux fausses informations. Le nom durapport « Secondary Infektion » fait référence à l’opération de propagande nommée« Infektion », lancée en pleine Guerre froide dans les année 80 pour présenter le sida comme une fabrication américaine. La Stasi, police politique d’Allemagne de l’est, est alors chargée par les services secrets de l’Union Soviétique de créer ce mythe pour le répandre à l’ouest. Toute ressemblance avec la nouvelle opération dévoilée par la société Graphika s’arrête là.

Entre temps, l’internet est devenu le moyen le plus efficace de propager les infox. La véritable difficulté c’est désormais de remonter à la source. À en croire les experts de ce centre de recherche, spécialistes de l’analyse des contenus en ligne, la provenance russe de ces manipulations est quasi certaine, même s’il n’est pas possible d’attribuer l’opération à un acteur en particulier.

Propagande de basse intensité

La plupart de ces infox, de fausses lettres sous de vrais logos, des déclarations officielles mensongères, des accusations infondées etc…sont principalement postées sur des blogs, des sites internet éphémères ou des forums plus ou moins connus –le ventre mou de l’internet- pour ne pas devenir viral, ne pas attirer trop d’attention, mais juste laisser une emprunte et permettre une certaine diffusion.  Facebook et le forum Reddit ont repéré les premières traces de manipulation. Les analystes de Graphika ont ensuite collaboré avec un grand nombre de plateformes plus modestes pour tracer les contours de l’opération. Ils ont épinglé environ 2 500 publications, toutes centrées sur quelques thématiques favorables au Kremlin ces six dernières années.

Campagne de dénigrement d’opposants russes, propagande anti ukrainienne, présentation de l’Otan comme puissance agressive, et - concernant l’Europe - une constante : il s’agit de semer la discorde entre pays voisins, d’instiller la peur sur les questions migratoires et sur le coronavirus que les États-Unis sont accusés d’avoir fabriqué.

Le Royaume-Uni particulièrement visé

Mis à part le contenu pro-russe de la plupart des infox repérées, Graphika signale aussi une accumulation d’erreurs linguistiques dans les publications en ligne, et suffisamment d’éléments techniques de nature à identifier la provenance russe de ces messages.

L’étude de Graphika également mise en lien sur Twitter, a aussi relancé la tendance #PublishRussiaReport, c’est à dire les appels à la publication de l’enquête réalisée il y a 6 mois au Royaume-Uni pour faire la lumière sur les interférences russes dans les derniers scrutins, référendum sur le Brexit, puis élections générales. Beaucoup s’interrogent sur les raisons de Boris Johnson de ne pas publier ce rapport. L’opération « Secondary infektion » apporte des éléments de réponse. Le Royaume-Uni y est particulièrement ciblé.

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