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Chronique des médias

Google et Facebook nouent des partenariats avec des éditeurs pour lutter contre les infox

Audio 02:42
BRENDAN SMIALOWSKI, KIMIHIRO HOSHINO / AFP

Google et Facebook sont de plus en plus confrontés à leurs responsabilités auprès des éditeurs de médias. Ou en tant que plateformes dans la lutte contre les infox.

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Cela ressemble à une grosse concession de Google et pourtant ce n’est que la confirmation d’une politique. Jeudi, le géant a annoncé sur son blog qu’il acceptait de rémunérer des éditeurs de presse pour des contenus de qualité à travers une « nouvelle expérience de l’information ». Comprenez un accès à des articles payants dans une nouvelle plateforme d’actualités que Google rendra gratuite en versant à des partenaires un droit d’utilisation sous licence. En Allemagne, Der Spiegel, Die Zeit, Frankfurter Allgemeine Zeitung ont signé tout comme The Conversation ou Private Media en Australie ou encore Diarios Associados et A Gazeta au Brésil. D’autres pays devraient suivre comme les Pays Bas.

En France, les éditeurs sont réticents, ou tout au moins hésitent. Google a proposé le même type d’accords bilatéraux aux groupes Le Monde, Le Figaro, Les Echos-Le Parisien ou Ouest France. À la clé, quelques centaines de milliers d’euros, mais aussi le sacrifice de l’intérêt de tous au profit d’un seul ou de quelques-uns. Car la France a été le premier pays d’Europe, l’été dernier, à transposer dans la loi la directive sur les droits d’auteurs pour la presse, le droit voisin. Et Google a été sommé par l’Autorité de la concurrence, début avril, de négocier avec les éditeurs qui le souhaitent une rémunération. Un accord collectif, donc, qui est tout le contraire d’un arrangement entre deux parties.

De son côté, Google a bien compris qu’il lui fallait faire un pas du côté des éditeurs alors qu’il est dans le collimateur de nombreux pays pour sa position dominante sur Internet, sa difficulté à payer l’impôt et sa capacité à propager de la désinformation malgré la puissance de son algorithme. L’antidote de l’infox, c’est bien sûr l’information vérifiée.

Comme Facebook, le géant est confronté aux contre-vérités, ou à des contenus haineux sur Youtube. Or il sait que Facebook doit supporter, pour cette raison, un appel au boycott d’annonceurs américains, comme Verizon, Unilever ou Ben & Jerry’s, qui accusent le réseau social de ne pas lutter assez contre les messages de haine. Les marques peuvent se retrouver adossées, en plein « Black lives Matter », à de contenus racistes, antisémites ou complotistes. C’est ce qui est arrivé à Verizon. Pour essayer d’être vu non plus comme des ennemis mais comme des alliés des médias, Google - comme Facebook - noue des partenariats avec les éditeurs : sur les abonnements, à travers un fonds d’aide spécial Covid ou pour l’innovation des médias. C’est aussi une façon de dire qu’il revient à d’autres d’endosser une quelconque responsabilité éditoriale.

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