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Revue de presse française

À la Une: abstention record et vague écologiste

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Scènes de liesse à Bordeaux lors de la victoire du candidat Europe écologies les Verts Pierre Hurmic, au centre de la photo, le 28 juin 2020.
Scènes de liesse à Bordeaux lors de la victoire du candidat Europe écologies les Verts Pierre Hurmic, au centre de la photo, le 28 juin 2020. AFP/Nicolas Tucat

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C’est le grand titre de Ouest France ce matin qui synthétise les deux grands enseignements de ces élections municipales.

« Le taux de participation a été terriblement bas au premier tour, rappelle le journal, 44,3 %. La faute au Covid-19 et à la peur de la contamination, évidemment. Un argument qui ne tenait plus au second tour, hier, dont le taux de participation (40 %) a été pire encore que le 15 mars. Le délai inédit de trois mois entre les deux scrutins y est pour quelque chose. Le déconfinement aussi. Les Français n’avaient pas la tête à voter. »

Et puis cette vague verte, pointe Ouest France : « Jamais les Verts n’avaient obtenu pareils résultats à des élections locales. Habitués à faire de la figuration aux municipales, ils confirment leurs performances aux Européennes en décrochant une flopée de grandes villes, dont Lyon, Bordeaux (à la surprise générale), Strasbourg, Poitiers, Annecy, Tours ou Besançon. »

La surprise bordelaise

Bordeaux… on s’y attarde : avec la victoire surprise donc d’un quasi-inconnu. « Déjouant la plupart des pronostics, Pierre Hurmic fait tomber la capitale régionale, qui vire à gauche après 73 ans de règne de centre droit, s’exclame Sud-Ouest. Scène surréaliste hier soir au Palais Rohan : le sortant Nicolas Florian, la mine fermée, annonce sa défaite dans les salons de la mairie tandis que, dans la cour, résonnent les "On a gagné !" des supporters de Pierre Hurmic arrivé au même moment. La gauche en avait rêvé, l’écologiste l’a fait : il sera l’homme de l’alternance à Bordeaux. C’est un coup de tonnerre, d’autant que Pierre Hurmic était donné largement distancé, de 9 points, dans le dernier sondage paru il y a dix jours. Il a réalisé une remontada impressionnante. Le registre de l’alternance qu’il n’a cessé de défendre tout au long de la campagne a parlé aux Bordelais. »

Alors, « non, s’exclame Le Parisien, l’écologie n’est plus ce mouvement fantaisiste qui s’illustre lors d’un scrutin et réduit à néant son capital par des luttes intestines. Il s’agit d’une lame de fond portée par une prise de conscience collective. »

Les Verts transforment l’essai des européennes

« L’écologie en marche », lance Libération en première page. « Portés par la prise de conscience écologique, sans doute favorisés par l’examen de conscience imposé par le confinement, confortés par la mobilisation des jeunes générations, les Verts transforment l’essai des européennes et se retrouvent pour la première fois à la tête d’importants exécutifs. (…) Deux victimes, pointe aussi Libération : la démocratie d’abord, minée par un taux d’abstention record ; le parti présidentiel ensuite, qui rate sa tentative d’implantation et dépend plus que jamais du destin de son seul chef : une pyramide sans base ou une tête sans corps, comme on voudra. Restent deux ombres pour la gauche, relève encore Libération : faible dans ce scrutin, le RN gagne une grande ville, Perpignan, une victoire inquiétante. La droite, enfin, relève la tête en gardant la majorité des villes de plus de 9 000 habitants. Pour la gauche soudain verdie, la route est encore longue. Mais elle vient de franchir une étape. »

Macron : le recentrage à droite ?

Le Figaro le reconnait : « L’écologie politique était une virtualité, elle devient - en tout cas dans la France urbaine - une réalité… Une réalité que les citoyens des métropoles, pour le meilleur ou pour le pire, vont désormais expérimenter… Lyon, Marseille, Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, Besançon, Tours... le vert est mis, et c’est tout le paysage politique qui en est chamboulé. Pour le RN, qui aurait pu espérer tirer profit de l’inquiétude et du mécontentement ambiants et qui, sauf à Perpignan fait du surplace, c’est vexant. Pour Les Républicains, qui ambitionnaient de donner le coup d’envoi de la reconquête, c’est frustrant : la vague verte fait passer au second plan leurs bons résultats dans la France des campagnes, des petites villes et des villes moyennes. Mais c’est pour le parti d’Emmanuel Macron que l’échec est le plus cinglant, pointe Le Figaro : le président de la République rêvait de changer le jeu en enracinant sa famille politique au cœur du pays ; il devra y renoncer. »

Et désormais, estime le journal : « Le chef de l’État doit se tourner sans tergiverser du côté où sont les électeurs qui lui restent : au centre et à droite, qu’il doit impérativement fédérer s’il veut disposer, entre le RN persistant et la gauche requinquée, d’une base électorale assez large pour aborder l’élection de 2022 avec quelque chance de l’emporter. »

Macron : le virage écolo ?

En attendant, constate La Dépêche du Midi, « pour Emmanuel Macron et son gouvernement, ce second tour des municipales sonne comme une évidente interpellation. L’écologie, à défaut d’être seulement un label politique, est devenue l’une des préoccupations majeures des Français. Dès aujourd’hui, en recevant les membres de la Convention sur le climat, il faudra au chef de l’État trouver des paroles convaincantes et surtout poser des actes forts qui collent au message envoyé par les électeurs et répondent en même temps aux anxiétés du pays. Le Président qui, dans sa dernière allocution, ambitionnait de tracer à l’avenir un chemin "solidaire et écologique" se trouve en quelque sorte au pied du mur. »

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