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Revue de presse Afrique

À la Une: tensions au sommet de l’État en RDC

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Le président congolais Félix Tshisékédi et son prédécesseur Joseph Kabila lors de la cérémonie d'investiture du nouveau chef de l'État à Kinshasa, le 24 janvier 2019.
Le président congolais Félix Tshisékédi et son prédécesseur Joseph Kabila lors de la cérémonie d'investiture du nouveau chef de l'État à Kinshasa, le 24 janvier 2019. REUTERS/Olivia Acland

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Rien ne va plus entre les deux formations au pouvoir : l’attelage FCC (le Front commun pour le Congo), de Joseph Kabila, et Cach (Cap pour le changement) de Félix Tshisekedi n’est pas loin de la sortie de route.

« Le prétexte de cette nouvelle brouille, relate Ledjely en Guinée, se trouve être trois propositions de loi portées par deux députés du FCC, Sakata et Minaku. Des propositions de loi portant sur la réforme de la justice qui ne font pas l’unanimité. En effet, on soupçonne derrière certaines dispositions préconisées par les deux parlementaires, une volonté de subordonner le système judiciaire à l’exécutif en général et au ministre de la Justice en particulier. Mais ce qui a provoqué la crise, pointe Ledjely, c’est la transmission par le ministre de la Justice des observations du gouvernement relatives à ces trois propositions à l’Assemblée nationale, sans en référer ni au président Félix Tshisekedi, ni au gouvernement. Une attitude que le chef de l’État interprète comme un déni de son autorité. Un comportement qui l’a irrité à un tel point qu’il a brusquement interrompu sa participation au Conseil des ministres qu’il présidait vendredi dernier. Puis, poursuit Ledjely, dès le lendemain, les choses se sont accélérées avec l’interpellation de Célestin Tunda Ya Kasende, le vice-premier en charge de la Justice (sous pression, le Parquet a relâché le ministre après une simple audition). Puis, hier dimanche, il y a eu cette sortie sous forme de protestation du premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilukamba. Bref, le tandem au sommet de la RD Congo a connu des jours plus sereins. »

Pour Le Potentiel à Kinshasa, la peur a changé de camp

« L’interpellation du vice-Premier ministre en charge de la Justice secoue la classe politique autant qu’elle ravive le feu allumé par les trois propositions de lois initiées par les députés FCC, Minaku et Sakata, sur la réforme de la justice. Pour les caciques du FCC, les juges commencent à pécher par excès de zèle. Mais pour une large opinion, pointe Le Potentiel, c’est la peur qui hante le camp kabiliste, ceux qui ont trempé 18 ans durant, dans le détournement des deniers publics. Entre les deux, un fait se dégage : le Parquet a délivré et exécuté contre son "chef hiérarchique" un mandat d’amener ! Est-ce le premier pas vers l’État de droit ?, s’interroge le quotidien kinois. Sinon, pourquoi la République des juges fait-elle peur aux bonzes du FCC ? »

En tout cas, apeuré ou pas, le camp Kabila s’en tire bien à nouveau, estime Afrikarabia. « L’interpellation inédite du ministre de la Justice et sa rapide libération, montre que dans le rapport de force permanent entre le président Tshisekedi et Joseph Kabila, c’est bien l’ancien président qui a de nouveau remporté la bataille, affirme le site spécialisé sur la RDC. À chaque bras de fer avec le FCC, l’UDPS et Félix Tshisekedi sont le plus souvent obligés de battre retraite. On se souvient de la rocambolesque destitution du député UDPS Jean-Marc Kabund de son poste de 1er vice-président de l’Assemblée nationale en mai dernier. Et à la question de savoir qui détient réellement le pouvoir en République démocratique du Congo ? La réponse devient de plus en plus claire avec ce nouvel épisode, pointe Afrikarabia. Le FCC détient l’ensemble des pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires… ce qui fait dire à certains observateurs que la République démocratique du Congo bascule petit à petit vers un régime parlementaire, affublé d’un président sans réels pouvoirs. »

Pour Le Pays au Burkina, « la brouille entre le FCC et le Cach n’est pas étonnante. Tôt ou tard, cela devait arriver. En effet, le mariage entre Kabila et Tshisekedi n’a jamais été une union d’amour, relève le quotidien ouagalais. C’est un mariage qui n’a été dicté que par les intérêts. Kabila, pour garantir l’impunité à sa personne et à ses partisans, n’avait pas hésité à manipuler les résultats des législatives et de la présidentielle. Pour faire avaler la pilule, il avait concédé la présidentielle à Félix Tshisekedi au détriment de Martin Fayulu. En contrepartie, Tshisekedi avait promis à son bienfaiteur de ne "jamais fouiner dans le passé". C’est de ce deal qu’est née l’alliance des deux personnalités. Depuis lors, les scènes de ménage ne font que se succéder. »

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