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Rendez-vous culture

Le premier tube symbole des indépendances africaines, «Independance Cha Cha»

Audio 02:35
Photo du groupe African Jazz dans les années 1960. En RDC, chaque fête du 30 juin est vécue au rythme d'une chanson devenue l'hymne des espoirs rapidement déçus en Afrique après 1960 : "Independance Cha Cha".
Photo du groupe African Jazz dans les années 1960. En RDC, chaque fête du 30 juin est vécue au rythme d'une chanson devenue l'hymne des espoirs rapidement déçus en Afrique après 1960 : "Independance Cha Cha". ALEXIS HUGUET/AFP

Dans le rendez-vous culture de RFI, chaque jour qui marque un anniversaire des indépendances africaines, nous vous racontons l'histoire d'un « tube » de l'époque. Le 30 juin 1960, il y a 60 ans, c'est l'indépendance du Congo, qui s'émancipe de la Belgique. Dans ce jeune pays qui allait devenir le Zaïre puis la RDC, ce jour-là, résonne cette rumba : « Indépendance Cha Cha ».

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Indépendance Cha Cha, c'est l'histoire en musique et en détail, des négociations de l'indépendance du Congo belge. L'African Jazz, de Joseph Kabasele, est arrivé à Bruxelles fin janvier 1960, à la demande expresse de Patrice Lumumba, le père de l'indépendance, fan de l'orchestre devant l'Éternel.  

Parmi les musiciens, le batteur Yantula Bobina Pierre Elengesa dit « Petit Pierre ». Il est le dernier survivant de l'African Jazz. Au micro de Kamanda wa Kamanda Muzembe, il se souvient du premier public d'Independance Cha Cha « On était invités à l’hôtel Plazza, le jour d’ouverture de la table ronde. Un monde fou. Il y avait d’abord les leaders congolais, il y avait aussi des étudiants belges, qui étaient là, à l’ouverture de la table ronde. Donc, c’était la première fois qu’on a chanté cette chanson-là en public. » 

On entend trois des langues majoritaires du Congo

Succès fulgurant d'Independance Cha Cha. Florent Mazzoleni, producteur, photographe, auteur du livre Afro Pop : « Ce qui est assez fort dans Independance Cha Cha, qu’on entend trois des langues majoritaires du Congo : le lingala, le kikongo, le ciluba. Donc, cela parle à toutes les minorités, tous les grands hommes politiques de l’époque sont mentionnés. Et c’est une sorte de chronique en direct, puisque, je pense qu’ils ont écrit les paroles en une journée. Dès le lendemain, ils sont entrés en studio pour enregistrer. Il y a deux morceaux qui font explicitement référence à cette indépendance à venir du Congo belge : Table ronde et cette fameuse Independance Cha Cha, mais je pense que c’est plus Independance Cha Cha qui a marqué les esprits, parce que c’est devenu le premier tube panafricain. »  

Le 30 juin 1960, jour de l'indépendance, l'African Jazz se produit devant un parterre de dignitaires du monde entier à Léopoldville, future Kinshasa. « Petit Pierre », le batteur, se souvient : « J’étais très ému, parce qu’on n’avait pas encore l’hymne national. C’est Independance Cha Cha qui a “remplacé” l’hymne nationale le jour après la déclaration de l’indépendance. Ce jour, je ne le pourrai jamais oublier, parce que tout le monde était émotionné. » 

L'histoire continue

Independance cha cha continuera d'écrire l'histoire : le morceau sera joué dans de nombreux pays bientôt indépendants, eux aussi, en juillet/août 1960.

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