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Revue de presse française

À la Une: Merkel l’Européenne

Audio 05:06
La chancelière allemande Angela Merkel lors d'une conférence de presse conjointe avec le président français Emmanuel Macron, le 29 juin 2020 près de Berlin.
La chancelière allemande Angela Merkel lors d'une conférence de presse conjointe avec le président français Emmanuel Macron, le 29 juin 2020 près de Berlin. Hayoung JEON / POOL / AFP

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À un an du départ de la chancelière, l’Allemagne prend ce mercredi la présidence tournante de l’Union… Et à cette occasion, Angela Merkel pourrait bien laisser son empreinte.

En effet, « peut-on espérer ? On le dirait, s’exclame La Croix. Après bien des années où l’Union européenne a pataugé dans les contradictions d’intérêts nationaux à courte vue, plusieurs conditions semblent réunies pour qu’un seuil soit franchi en direction d’une plus grande solidarité des États membres. La chance et la malchance y sont pour quelque chose, relève le quotidien catholique. Côté malchance, une crise sanitaire qui va déboucher sur une violente dépression économique et, en même temps, un terrible passage à vide de la coopération internationale dû à la rivalité entre des puissances autocentrées : les États-Unis de Donald Trump, la Chine de Xi Jinping, la Russie de Vladimir Poutine. Pour faire face, poursuit La Croix, l’Europe ne peut compter que sur elle-même. Et c’est là où la chance intervient. Il se trouve qu’à la tête du pays le plus puissant de l’Union, l’Allemagne, se trouve une chancelière en fin de parcours politique. Elle n’a donc, personnellement, rien à perdre en termes politiques. Angela Merkel a visiblement pris la mesure de l’enjeu qu’il faut relever. Elle a pris, avec Emmanuel Macron, l’initiative d’un fonds de relance pour aider les pays les plus déstabilisés par la pandémie, acceptant la mutualisation de l’endettement nécessaire à l’opération. »

Bonne nouvelle pour l’UE

En effet, pointe Le Figaro, « jusqu’ici, l’Allemagne ne s’était jamais départie du rôle de la fourmi dans la fable de La Fontaine, refusant toute mutualisation de la dette après la crise financière de la dernière décennie. Aujourd’hui, elle entame son semestre de présidence de l’UE sans tâche plus urgente que ­d’enrôler les autres 'frugaux' (Autriche, Danemark, Pays-Bas, Suède) dans le plan de relance européen de 750 milliards d’euros. (…) C’est une bonne nouvelle pour l’édifice européen, estime Le Figaro. Considérée comme un 'canard boiteux' il y a six mois, la chancelière dispose d’un capital politique renouvelé à la faveur de sa gestion prudente et efficace de la pandémie. Elle en aura besoin pour traduire en actes la 'solidarité extraordinaire' qu’exigent les circonstances. Au terme de presque quinze ans de pouvoir, c’est sa dernière chance de laisser une trace en Europe : non seulement en aidant les Vingt-Sept à surmonter la crise, mais en les tournant vers un futur d’innovation et d’indépendance. Appliquer à l’UE un peu des ambitions et des méthodes allemandes ne risque pas de nuire. »

Rapide prise de conscience

C’est un « vrai virage à gauche », commente pour sa part le commissaire européen aux Affaires économiques, Paolo Gentiloni, interrogé par Libération. « L’élément déterminant dans ce processus a été la rapide prise de conscience allemande, affirme-t-il : la prospérité et la stabilité de l’euro sont devenues pour elle plus importantes que les tabous qui ont été dominants dans les vingt années précédentes. (…) Ce n’est pas la première fois que Merkel montre qu’elle est capable de changer d’avis pour gérer une crise, relève encore Paolo Gentiloni. La relation franco-allemande a joué un rôle fondamental dans sa prise de conscience qu’il était nécessaire de disposer d’un moteur commun de politique économique, en l’occurrence le fonds de relance, pour éviter la divergence entre les économies. »

Airbus dégraisse

Conséquence de la crise sanitaire en Europe : « Airbus supprime 15.000 emplois », c’est la Une de La Dépêche.

Quinze mille suppressions d’emplois dont 5.000 en France. « Sacré premier constructeur mondial de l’année 2019, l’avionneur européen est contraint, quelques mois seulement après sa victoire sur Boeing, de réduire drastiquement la voilure, soupire le quotidien toulousain. Le décrochage est sans précédent dans l’histoire d’Airbus. (…) Il y aura évidemment 'un avant et un après', pointe La Dépêche, qui se traduira par la destruction de 15.000 postes chez le constructeur et peut-être autant dans les entreprises de la sous-traitance et les secteurs sur lesquels ruisselle une partie des profits de cette industrie… Le couperet tombe brutalement sur l’emploi en dépit d’un plan d’aide de 15 milliards d’euros qui ne joue d’évidence qu’un rôle marginal d’amortisseur de la crise. (…) Pour les spécialistes en effet, un retour du trafic aérien à ses niveaux d’avant l’épidémie n’est pas attendu avant deux ou trois ans. Le pire est peut-être à venir… »

Les nouveaux visages de l’écologie

Libération nous brosse le portrait des nouveaux maires verts… « Jeanne Barseghian, du droit de l’environnement à la mairie de Strasbourg ; Léonore Moncond’huy, du scoutisme à la mairie de Poitiers ; Anne Vignot, du CNRS à la mairie de Besançon ; Grégory Doucet, de l’humanitaire à la mairie de Lyon ; ou encore Pierre Hurmic, du cabinet d’avocats à la mairie de Bordeaux ».

Alors, commente Libération, « renouveau dans les idées, dans les programmes, mais aussi dans les ascensions, qui changent des carrières programmées du sérail. Révolution risquée ? On en doute. Les impétrantes et les impétrants se sont longuement préparés, ils sont prêts à se colleter au réel, et même à passer les compromis nécessaires. La gestion d’une ville est aussi une école de pragmatisme. Voilà qui ne leur fait pas peur. D’autant qu’ils ont sous les yeux l’exemple du précurseur, Eric Piolle (à Grenoble). Après un mandat de six ans et une gestion sans à-coups, il a été réélu sans coup férir. La vague verte ne se retirera pas tout de suite… »

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