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Reportage international

Taïwan soutient les militants hongkongais contre la loi sur la sécurité imposée par Pékin

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Manifestation d'Hongkongais exilés à Taiwan, le 23 juin 2020 à Taipei.
Manifestation d'Hongkongais exilés à Taiwan, le 23 juin 2020 à Taipei. AP/Chiang Ying-ying

La loi sur la sécurité imposée par Pékin à Hong Kong pousse une partie des militants à réfléchir à une porte de sortie. Certains pays n'ont pas attendu pour leur tendre la main. C’est le cas de Taïwan, la dernière démocratie du monde chinois qui reste sous la menace de Pékin. Ce mercredi 1er juillet, le gouvernement taïwanais a ouvert un bureau pour accompagner les candidats hongkongais à l’exil. 

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Dans le sud de Taipei, les murs de ce petit café sont couverts d’affiches de soutien à Hong Kong. L’événement du jour est organisé par un collectif de Hongkongais résidant à Taïwan. Casquette vissée sur le crâne et masque chirurgical, cet étudiant hongkongais de 20 ans dit avoir participé aux manifestations.

Souhaitant rester anonyme, il explique ses motivations. « Je participe à cet événement parce que récemment, on a constaté que certains Taïwanais avaient peur que davantage de Hongkongais viennent à Taïwan. Je veux montrer que les Hongkongais qui arrivent ici veulent non seulement prendre part à la société, mais aussi partager leur expérience avec les Taïwanais. On a beaucoup de convictions en commun, donc on doit s’entraider », soutient-il.

Taïwan est revendiqué par la Chine, mais son système autonome et démocratique échappe au contrôle de Pékin. Depuis les premières manifestations, le nombre de titres de séjour accordé aux Hongkongais a donc grimpé en flèche. La nouvelle loi sur la sécurité pourrait amplifier ce mouvement.

Ce jeune étudiant réfléchit, lui aussi, à prolonger son séjour. « Si la situation à Hongkong s’aggrave, il y a évidemment plus de chance pour que je reste à Taïwan. Mais d’un autre côté, continuer à aller dans la rue, ça fait partie de mes responsabilités. Donc ce sont deux motivations qui me tirent en même temps », dit-il.

La société taïwanaise aux côtés des manifestants hongkongais

La société civile et le gouvernement taïwanais ont déjà aidé des centaines de manifestants hongkongais à se réfugier à Taïwan. Mais cette assistance restait discrète, par crainte des représailles du voisin communiste.

« Nous accompagnons des Hongkongais qui sont directement impliqués dans les manifestations contre la loi anti-extradition de 2019 », explique Lin Jun-hong, porte-parole d’un collectif d’aide juridique composé d’une trentaine d’avocats bénévoles. Puis de détailler : « Nous les aidons à s’installer et à démarrer en toute sécurité une nouvelle vie à Taïwan. Jusqu’à maintenant on pouvait compter sur les décisions du gouvernement au cas par cas pour accorder des visas, mais il n’y avait pas encore de procédure unique ».

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Le gouvernement taïwanais a finalement décidé de sortir de l’ombre. Lundi 29 juin, les frontières ont été rouvertes aux Hongkongais menacés pour raisons politiques, et ce mercredi 1er juillet, le gouvernement a dévoilé un bureau d’accompagnement pour les expatriés hongkongais.

« Un soutien transpartisan pour Hongkong »

La nouvelle loi sur la sécurité a fait office de déclencheur pour Freddie Lim. Ce célèbre rockeur devenu député est à la tête d’un groupe parlementaire de soutien aux Hongkongais. « [La loi sur la sécurité] c’est vraiment un tournant qui a permis d’avoir à Taïwan un soutien transpartisan pour Hongkong. Avant cela, le gouvernement taïwanais avait toujours des excuses pour repousser l’annonce d’un plan officiel pour les réfugiés hongkongais. Mais maintenant, c’est vraiment le bon moment pour montrer que nous soutenons fermement les Hongkongais », dit Freddie Lim.

La réponse de la Chine ne s’est pas fait attendre. Pékin a immédiatement fustigé un complot entre les indépendantistes hongkongais et taïwanais. « La Chine a prouvé que la formule “un pays, deux systèmes” n’est pas faisable à Taïwan », a rétorqué la présidente taïwanaise.

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