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Revue de presse française

À la Une: Jean Castex Premier ministre, un procurateur à Matignon

Audio 05:31
Jean Castex, le 13 mai 2020.
Jean Castex, le 13 mai 2020. AFP/Ludovic Marin
11 mn

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Effet de surprise ou désappointement ? C’est à un vrai concours de formules que s’adonne la presse ce samedi matin pour évoquer la nomination de Jean Castex à Matignon.

Et pas seulement la presse française. Témoin le Financial Times. Selon ce quotidien britannique, Emmanuel Macron a choisi « le modeste bureaucrate Jean Castex pour être son Premier ministre dans une tentative de faire renaître sa présidence avant les élections de 2022 ».

À la télévision, vendredi soir, les Français ont donc découvert le « modeste bureaucrate », que Le Figaro dépeint en trois mots : « Enracinement, simplicité, rondeur ». Jean Castex, c’est « la surprise de Macron », lance ce quotidien. En le nommant, Emmanuel Macron entend démontrer qu’il a toujours « la capacité de surprendre » en choisissant « celui que l’on n’imaginait pas à ce poste et qui signe l’audace macronienne ». Mais avec Castex à Matignon, « c’est Macron qui joue son va-tout », décrypte Le Figaro, Jean Castex sera un « secrétaire général du gouvernement ».

C’était inévitable, le mot qui revient également à de nombreuses reprise sous la plume des éditorialistes, est le mot « collaborateur », que l’ancien chef de l’État Nicolas Sarkozy avait un jour utilisé pour évoquer son Premier ministre François Fillon. Un mot qui avait choqué en son temps et auquel nous préfèrerons ici substituer celui de « procurateur », en référence, bien sûr, au souci d’Emmanuel Macron, à travers la nomination de Jean Castex, de complaire à ce qu’il convient d’appeler désormais « les territoires » et que, jadis, des Romains jusqu’à un passé récent, en passant par celui de Blaise Pascal, on osait encore appeler « les provinces ». 

Jean Castex le provincial, donc ? C’est un « inconnu » qui a été nommé à Matignon, pointe en Une Le Parisien, et c’est « le pari de Macron ».

Mais derrière cet inconnu des Français, la presse écrite voit surtout Emmanuel Macron monter en première ligne

Pour La Croix par exemple, pas de doute, Emmanuel Macron est désormais « en campagne ». Le quotidien catholique en est convaincu : « Tout dans la décision de remanier son gouvernement, projette le pays vers 2022 », énonce La Croix.

Le Parisien souligne l’intention « si peu dissimulée » du chef de l’État de « reprendre les rênes ». Dans ce quotidien, une « vieille connaissance » d’Emmanuel Macron n’hésite même pas à prononcer un lapidaire requiem constitutionnel. « Il n’y a plus de Vème République, dit cet anonyme au Parisien. C’est le président qui va être Premier ministre. Là, il prend un collaborateur. »

Concours de formules, disais-je ? Des mots qui dépassent la pensée ? Que dire alors de ce « visiteur du soir » d’Emmanuel Macron également cité par Le Parisien, et qui explique que le président avait besoin d’un « exécutant » !

N’en jetez plus ? Le journal Libération n’écrit guère autre chose… La nomination du « Monsieur déconfinement » du gouvernement d’Édouard Philippe à la primature française inspire à ce quotidien une formule de Une selon laquelle le président « confine Matignon », car le Premier ministre français, c’est désormais... Emmanuel Macron lui-même.

Selon Libé, c’est en effet plutôt un « chef d’état-major » que le président a nommé en remplacement d’Édouard Philippe. « Emmanuel Macron signifie par là qu’il joue désormais son va-tout, qu’il prend en main toutes les commandes, et incarnera, à lui seul ou presque, les décisions qui seront prises dans les deux ans qui viennent », estime en conséquence Libé. Journal selon lequel la nomination de Jean Castex à Matignon « réduit pratiquement à néant l’hypothèse d’un "tournant" dans le quinquennat, à propos duquel on a beurré d’innombrables tartines. Ayant navigué entre Fillon, Sarkozy et Bertrand, Castex est un homme de droite de modèle courant, solidement pragmatique et conservateur ». Et en fait de « tournant », Libération s’attend de sa part à un « virage en ligne droite » !

Avec Jean Castex, le « nouveau chemin » ne passera « ni à gauche ni au vert », précise Ouest-France. Premier tirage de la presse régionale quotidienne française, ce quotidien de l’ouest du pays relève les similitudes entre Jean Castex et son prédécesseur. « Il vient de la droite, comme Édouard Philippe. Il est maire (…) tout comme Édouard Philippe (…). Il est tout aussi méconnu du grand public qu'Édouard Philippe au moment de sa nomination ». On connaît désormais la suite…

Non-lieu confirmé par la Cour d’appel de Paris dans l’affaire de l’attentat contre l’avion de l’ex-président rwandais Juvénal Habyarimana

Un arrêt rendu « faute de charges suffisantes » et qui conduit le journal Libération à se demander si l’on saura un jour « qui a tué le président rwandais Juvénal Habyarimana », et ce que sera « la suite ? Qui reprendra l’éventualité d’une piste conduisant à incriminer les extrémistes hutus », mais aussi « la piste française, la dernière à ne pas avoir été explorée. C’est au fond la plus vertigineuse », énonce Libé, celle « évoquée dès 1994 par la journaliste belge Colette Braeckman, qui avait alors avancé l’hypothèse de l’implication dans l’attentat de deux militaires français », piste à laquelle Libération semble accorder du crédit.

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