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Chronique des médias

Le bilan en demi-teinte de Franck Riester, ministre de la Culture

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Le ministre de la Culture Franck Riester.
Le ministre de la Culture Franck Riester. AFP/Ludovic Marin

Franck Riester s’apprête à quitter le ministère de la Culture avec un bilan mitigé malgré sa parfaite maîtrise du domaine de la communication et des médias.

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Ce n’était pas le choix du président, mais de son Premier ministre, Édouard Philippe, dont le départ ne fait que confirmer ce qui est aujourd’hui tenu pour acquis : Franck Riester ne sera sans doute pas prolongé au ministère de la Culture. L’homme en éprouvera sûrement une certaine amertume tant il est convaincu d’avoir œuvré au mieux dans son domaine de prédilection, celui de la communication et des médias. Il rappelait souvent qu’il avait porté plusieurs projets de loi qui ont permis notamment de transposer en droit français la directive sur les droits voisins imposant aux géants du numérique de payer pour reprendre les contenus de presse.

Il s’est aussi attelé à la réforme de la loi Bichet sur la distribution de la presse qui a abouti cette semaine à la création de France Messagerie, cette société qui remplace Presstalis et bénéficie d’une aide de l’État de 80 millions d’euros pour accompagner un plan social de 512 salariés. On lui doit aussi la création du Centre national de la musique ou, dès son arrivée, un accord sur la chronologie des médias qui a permis de réconcilier Canal+ avec le cinéma.

Passé au second plan pendant la crise sanitaire

Mais Franck Riester n’est pas parvenu à mener à terme son plus ambitieux projet : la réforme de l’audiovisuel qui devait permettre de réunir les sociétés audiovisuelles publiques, d’imposer aux plateformes internet de contribuer au financement de la création et de fusionner le CSA avec la Haute Autorité pour la protection des œuvres, la Hadopi. Il faut dire que la pandémie est arrivée au moment où ce projet de loi devait être porté au Sénat. Un virus qui a d’ailleurs frappé personnellement Franck Riester et lui a fait perdre un temps précieux.

Or, c’est surtout dans cette phase que l’action du ministre est la plus critiquée. Alors que les industries culturelles sont des secteurs particulièrement touchés par la crise, il est apparu au second plan à l’image, prenant des notes, face à un Macron annonçant lui-même une année blanche pour les intermittents du spectacle, leur permettant de reporter leurs droits. Il a fallu attendre mercredi pour que le ministre fasse enfin un bilan chiffré de ses actions de soutien. En tout, 5 milliards d’euros, essentiellement en chômage partiel et prêts garantis, mais 1,6 milliard quand même pour la communication et les médias.

Trop tard toutefois pour apaiser les milieux culturels qui le voyaient trop à l’écoute des groupes audiovisuels et pas assez soucieux des artistes. Un signe ? Le futur décret sur la publicité TV du cinéma, qui devait être réservée pour moitié aux films d’art et d’essai, n’a plus aucune contrainte pour ne pas déplaire aux chaînes.

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