Reportage France

Réouverture du musée du Louvre

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La pyramide du musée du Louvre à Paris, le 25 juin 2020.
La pyramide du musée du Louvre à Paris, le 25 juin 2020. REUTERS/Gonzalo Fuentes

C’est la réouverture du plus grand musée du monde. Après près de quatre mois de fermeture, on pourra de nouveau accéder au cœur du Louvre. Un Louvre comme vous ne l’avez jamais vu, avec une fréquentation limitée à 30% de l’affluence habituelle, Covid-19 oblige, et dans le plus grand respect des règles sanitaires.

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En temps normal, le musée du Louvre accueille 10 millions de visiteurs par an : jusqu'à un million par mois en été, 40 000 personnes par jour. Pendant le confinement, un silence de cathédrale régnait dans les murs de ce palais vieux de 800 cents ans. Leila Cherif-Hadria, adjointe au directeur en charge de la surveillance : « C’était très silencieux, calme. Je n’avais jamais connu depuis que je suis au musée, j’y travaille depuis une vingtaine d’années. Donc, un musée vide de personnes, quelques agents pour gérer la sécurité, suivre la conservation des œuvres. On n’a pas vu de fantôme (rigole). On était seul et pendant très longtemps sans aucun bruit. C’est assez déroutant. On savait qu’on vivait quelque chose d’unique et qui se reproduirait, j’espère, plus jamais, mais c’était un moment assez magique puisqu’il n'y avait aussi personne dans les rues tout autour, donc un moment un peu suspendu dans le temps. »

Pour redémarrer la machine, le Louvre a mis en place tout un arsenal de mesures sécurisantes : gel, masques, parcours fléchés, vestiaires fermés, mais prêt de poussettes ou de fauteuils roulants désinfectés possible - tout est fait pour rassurer les visiteurs dont le nombre est régulé via les réservations en ligne. Jean-Luc Martinez, directeur du Louvre : « Psychologiquement, on sort aussi de deux, trois mois de confinement. Peut-être que les gens n'ont pas envie de se retrouver dans des lieux confinés. Or, le Louvre, ce n’est pas un lieu confiné. Il y a des grandes cours de sculptures, des grands espaces. Mais pour autant, c’est vrai que tous les sondages semblent l’indiquer : il y a déjà 60% des Français qui ne vont pas au musée. »

L'objectif premier : reconquérir le public de proximité, à travers des visites plus personnalisées par exemple. Car en l'absence des touristes non-européens - Américains et Chinois avant tout -, la fréquentation du musée se trouve en chute libre : « Si le public français et européen est au rendez-vous, la fréquentation sera entre 20 et 30%, donc maximum 10 000 personnes par jour. Donc, c'est aussi l'occasion de voir ou de revoir des salles du musée autrement. »

La Joconde, la star du Louvre, accessible via un parc d'attente avec des points de stationnement, fait partie des 30 000 œuvres étalées sur 45 000 m2, soit 70% des espaces. Après, on avisera : « Nous avons perdu 10 millions d’euros par mois, donc là, on a dépassé les 40 millions depuis le début de la fermeture. Donc aujourd'hui, c'est vrai que nous ne savons pas de quoi sera fait l'avenir. En revanche, le désir du Louvre à l’international, la diversification aussi des ressources avec le Louvre Abu Dhabi, avec un certain nombre d'expositions à l'étranger, avec notre fonds de dotations également qui garantit des revenus, nous ne dépendons pas que de la billetterie. Et ensuite, même si nous pensons traverser ce passage difficile, nous savons que nous allons rebondir. »

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