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Invité Afrique

Tchad: «La prorogation des mandats des députés a été votée à l'unanimité»

Audio 04:45
Jean-Bernard Padaré, secrétaire général adjoint du MPS, le parti d'Idriss Déby.
Jean-Bernard Padaré, secrétaire général adjoint du MPS, le parti d'Idriss Déby. AFRICA24/dailymotion.com

Jean-Benard Padaré, le secrétaire général adjoint du MPS, le parti du président Déby, est l'invité de RFI. L’ancien ministre de la Justice répond à l’opposant Mahamat Ahmad Alhabo qui, mardi 7 juillet, dénonçait sur notre antenne le nouveau report des législatives. Il qualifiait aussi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian d’« ami » du président tchadien, affirmant qu’il n’y avait rien à attendre du gouvernement d'Emmanuel Macron.

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RFI : Jean-Yves Le Drian reste aux Affaires étrangères, l’opposition le qualifie d’ami du président Idriss Déby, est-ce une réalité ?

Jean-Benard Padaré : Écoutez, Jean-Yves le Drian ne vient pas au Tchad pour passer des vacances. Il ne vient pas en visite privée. Il vient en visite officielle, il vient dans le cadre d’une mission et d’ailleurs la fois où il est allé à Amdjarass, c’est quand le président était en vacances et il y a passé même pas une heure de temps. Donc, c’est la France qui a des relations avec le Tchad. Il faut que cela soit très clair.

Pour ce qui est de la situation sécuritaire au Sahel, pourquoi le président Idriss Déby a-t-il décidé de ne pas envoyer un bataillon dans la zone des trois frontières ?

Parce qu’il faut bien qu’on sécurise d’abord nos frontières dans le Lac Tchad, qui avait fait l’objet d’une attaque de Boko Haram, que de déployer immédiatement nos troupes dans la zone des trois frontières, parce qu’il faut s’assurer de sa propre sécurité d’abord avant de se courir et éventuellement les voisins C’est cette maxime qui a simplement été appliqué.

Y a-t-il des craintes aussi du côté de la Libye, des rebelles tchadiens sont là-bas, on le sait dans le sud non loin de la frontière ?

Écoutez, des craintes pourquoi ? Écoutez, nous n’avons plus de rebelles. Nous avons des narcotrafiquants, des terroristes qui écument cette zone, mais jusqu’à maintenant, toute la zone du Tibesti est sécurisée. Ils n’arrivent plus à faire une incursion dans notre territoire.

À propos de la lutte contre Boko Haram, selon les défenseurs des droits de l´homme, les 44 prisonniers qui sont morts en détention n’étaient pas des terroristes. Ils sont morts par suffocation, de faim et déshydratés. Pourquoi ne pas accepter une enquête internationale, si vous critiquez le rapport du CCDH ?

Mais pourquoi accepter une enquête internationale, alors qu’on a une commission qui n’a pas encore rendu le rapport, une commission nationale. C’est la présidence de la République qui a saisi cette commission nationale des droits de l'homme pour savoir la vérité.

Est-elle indépendante ?

Mais oui les membres de cette commission sont totalement indépendants. Donc attendons qu’ils publient le rapport. Pourquoi tout de suite « international » ! Quand quelque chose se passe en France, est-ce qu'on met en place une commission internationale. Le gouvernement de toute façon n’a rien à cacher.
 
Alors les législatives qui devaient avoir lieu avant la présidentielle d’avril prochain sont finalement renvoyées en octobre 2021. L’opposition dénonce une fuite en avant, que répondez-vous
 ?

Eh bien nous disons simplement à l’opposition qu’elle se met dans l’art de la mauvaise foi, dans la mesure où elle est représentée à la Céni à 50%, la majorité présidentielle à 50%. C’est ça qu'on n'arrive pas à comprendre, ce comportement irresponsable parce qu’il n’y a pas d’autres mots pour qualifier ça. Je fais remarquer que la prorogation du mandat des députés avait été votée à l’unanimité, donc ce qui veut dire qu’ils ont laissé la porte ouverte. On ne peut pas proroger l’élection présidentielle, c’est impossible.

Quoi qu'il en soit, ces élections vont se tenir dans un contexte de méfiance la plus absolue, n’est-ce pas un véritable problème ?

Ça c’est vous qui le dites. Moi je pense que tout est sur la table pour que les élections se passent dans de très bonnes conditions et nous croisons les doigts pour que d'ici là, la Covid-19 soit vaincue. Pour le reste, c'est une manœuvre tendant à retarder les échéances, et pour qu’on aboutisse à quoi ? Eh bien, à un vide juridique en avril pour conduire notre pays à la transition, c’est ce que souhaite l’opposition, c’est inacceptable.

Et pourquoi ne pas coupler ces législatives avec la présidentielle du mois d’avril ?

On ne peut pas coupler ! Vous le savez très bien que notre peuple, nos populations, nos électeurs, pour qu'ils comprennent déjà. Est-ce que vous imaginez que les gens cochent sur un bulletin pour les élections législatives et sur un autre bulletin pour les élections présidentielles ? Non. Nos populations ne sont pas encore prêtes pour assumer des élections cumulées. On ne peut pas prendre ce risque-là.

Le président Idriss Déby vient d’être honoré du titre du maréchal du Tchad, était-ce vraiment opportun dans le contexte actuel ?

C’est un titre qui est prévu dans nos textes. Ce n’est pas un grade, mais une dignité. C'est un témoignage de reconnaissance que la Nation a eu à lui faire.

« Cela nous fait penser à Mobutu, à Bokassa, à Idi Amin Dada », rétorque que l’opposition.

Ça n’a rien à voir !  Mobutu s’est autoproclamé, Bokassa s’est autoproclamé, Idi Amin Dada s’est autoproclamé aussi. Aujourd’hui, c’est la représentation nationale qui a décidé de l’élever à la dignité de maréchal. C’est purement honorifique.

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