Revue de presse Afrique

A la Une: le deuil en Côte d’Ivoire

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Abidjan, le 2 juillet 2020: le président ivoirien Alassane Ouattara (D) salue le Premier ministre Gon Coulibaly (G) de retour de France où il était soigné pour des problèmes de santé.
Abidjan, le 2 juillet 2020: le président ivoirien Alassane Ouattara (D) salue le Premier ministre Gon Coulibaly (G) de retour de France où il était soigné pour des problèmes de santé. SIA KAMBOU / AFP

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Huit jours de deuil national ont été décrétés après la disparition du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. C’est ce que pointent en chœur « les Unes » des titres aussi divers que le journal gouvernemental Fraternité Matin ou celui qui est le plus proche du parti présidentiel, à savoir Le Patriote, les quotidiens relevant de la même sensibilité que sont Le Jour et L’Intelligent d’Abidjan (dont « la Une », s’agissant de ce dernier, trahit manifestement la fébrilité qui s’est emparé de ses équipes à l’heure du bouclage…), ou encore le confrère indépendant Soir Info, celui proche du PDCI qu’est Le Nouveau Réveil, mais aussi celle du quotidien Le Nouveau Courrier, journal proche, lui, de l’ex-président Laurent Gbagbo.

Le deuil de tout un pays, donc, mais aussi, et sans attendre, les spéculations en plein deuil sur la succession d’Amadou Gon Coulibaly à la candidature du RHDP, en vue de la prochaine élection présidentielle

Sans attendre en effet, car abdiquant toute retenue en de telles circonstances, en Côte d’Ivoire comme partout en Afrique, une partie de la presse ivoirienne relaie les interrogations qui se sont manifestées dans la presse mondiale, sitôt l’annonce de la disparition de feu Amadou Gon Coulibaly.

Ce matin encore, le quotidien Le Sursaut ouvre « sa Une » ce que ce journal, pourtant proche lui aussi du pouvoir, appelle la « guerre des héritiers », en se demandant si, telle la Guerre de Troie – non pas la vraie mais celle immortalisée par Jean Giraudoux – si donc cette « guerre des héritiers » aura « lieu », énonce Le Sursaut.

Proche de Laurent Gbagbo, le quotidien Aujourd’hui s’indigne de ce qu’il appelle le « quarteron de fidèles » d’Alassane Ouattara, qui sont, selon ce journal, « particulièrement obnubilés par leurs positions » et qui plaident pour un troisième mandat du chef de l’Etat alors que le président est « inéligible », martèle Aujourd’hui.

Le journal Le Temps se demande aussi « qui pour le remplacer, comme candidat du Rhdp, même s’il est trop tôt de poser la question, modère ce quotidien proche de l’ex-président Laurent Gbagbo ? Est-ce qu’Alassane Ouattara pourrait décider finalement de se présenter ? Choisira-t-il un autre dauphin ? Au cas où il ne voudrait plus revenir sur ses engagements de ne pas se représenter, des noms circulent déjà ». Et Le Temps les cite : Hamed Bakayoko, qui « a le soutien de Mme Dominique Ouattara, épouse du chef de l’Etat », affirme Le Temps ; celui du secrétaire général de la présidence Patrick Achi, à qui Alassane Ouattgara fait « totalement confiance », énonce ce journal ; Amadou Soumahoro, actuel président de l’Assemblée nationale, mais qui « aurait des soucis de santé », signale ce quotidien ; le vice-président Daniel Kablan Duncan, hypothèse à laquelle Le Temps ne croit guère… Mais ce confrère abidjanais évoque aussi l’hypothèse Tidjane Thiam qui « aurait la faveur de l’Elysée », affirme Le Temps, car l’intéressé « a été reçu à l'Élysée et contrairement aux rumeurs pour faire diversion, ce n'était pas pour occuper Bercy, mais pour être briefé ».

Au Burkina Faso voisin, le quotidien Wakat Sera est lui aussi gagné par la fièvre du remplaçant

Certes, admet ce journal ouagalais, « l’heure est encore au deuil » de Amadou Gon Coulibaly, et Wakat Sera signale à son tour les hommages qui « pleuvent toujours sur le cadavre encore chaud du Lion de Korhogo ». Toutefois, complète-t-il, « il urge pour les siens de lui trouver un remplaçant (car) toutes les cartes sont à rebattre au sein d’un parti, où il a été clairement signifié à ceux qui ne l’avaient pas encore compris, après l’évacuation pour « suivi médical » de AGC en France, qu’il n’y avait pas de plan B, en ce qui concerne le candidat du RHDP. C’était Gon où Gon ».

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