La médécine traditionnelle chinoise connait un grand succès en Asie

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Un marché local où des herbes médicinales sont vendues à Vientiane au Laos, pays qui a largement recours à la médecine traditionnelle chinoise. (Image d'illustration)
Un marché local où des herbes médicinales sont vendues à Vientiane au Laos, pays qui a largement recours à la médecine traditionnelle chinoise. (Image d'illustration) HOANG DINH NAM/AFP

En Asie, on assiste à un essor de la médecine traditionnelle. C’était déjà le cas avant l’épidémie de Covid-19, et depuis, l’engouement a encore augmenté, grâce à l’accent mis sur l’immunité par la discipline. Chez ses voisins sud-est asiatiques, le gouvernement chinois forme des milliers de médecins traditionnels. Au Laos, un petit pays enclavé au sud de la Chine, la majorité des soins médicaux sont traditionnels.

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Au rez-de-chaussée d’une petite maison dans un quartier excentré de Vientiane, la capitale laotienne, une rangée de lits aux matelas fatigués, tous les jours, le docteur Duangdao reçoit ses patients, qui consultent pour toutes sortes de problèmes : bronchites à répétition, douleurs musculaires ou encore perte du sommeil. « Ça vous fait mal là. Vous avez pris des médicaments ? demande-t-elle. - Oui, je suis allée à l’hôpital, ils m’en ont donné plein… ça n’a rien fait. »

La patiente souffre des symptômes d’une sciatique. Le médecin la fait allonger et lui plante une série d’aiguilles de la hanche jusqu’à la cheville, reliées à une machine qui diffuse un courant électrique. Cela semble calmer la douleur très rapidement. Elle fait aussi brûler des herbes au niveau du nombril, selon la technique de la moxibustion. « Ça, c’est pour son niveau d’énergie, qui est très bas, elle a pris beaucoup trop de médicaments, son foie est fragilisé, il faut rééquilibrer ça », explique le docteur Duangdao.

À l’origine, le docteur Duangdao est diplômée de médecine occidentale. Elle exerce toujours en hôpital la journée, mais elle a profité de formations offertes par la Chine. « Tous les ans, j’y retourne, pour des sessions de perfectionnement financées par le gouvernement chinois avec l’accord du gouvernement laotien, raconte-t-elle. Parmi mes patients, surtout les plus âgés, beaucoup sont très fragilisés par la prise de médicaments. Dans les campagnes, beaucoup refusent de prendre des médicaments, parce que c’est trop cher ou ont peur de sombrer dans l’addiction ou la dépression. Maintenant, je peux les aider ».

La médecine chinoise s’appuie aussi sur des techniques de massage, de pratique sportive douce, ou encore sur l’alimentation pour soigner souvent avec succès des affections comme le diabète ou la dépression. Partout en Asie, la Chine finance des formations comme à l’hôpital Hua Chiew de Bangkok, où des patients atteints du Covid ont été traités selon les protocoles chinois. « On peut utiliser l’acupuncture ou alors des exercices traditionnels pour retarder voire stopper l’évolution de la maladie. Le principe d’action, c’est de renforcer le système immunitaire, les défenses du corps et de le laisser faire le travail, si votre immunité est bonne, la maladie ne peut pas gagner du terrain », explique le docteur Oradoch.

L’OMS recommande désormais une collaboration entre les approches moderne et traditionnelle, mais beaucoup de résistance demeure, notamment à cause de la difficulté à prouver les bénéfices d’une discipline holistique par des études scientifiques. Beaucoup voient aussi dans cette médecine un instrument d’influence culturelle et politique au service de la puissance chinoise.

► (Ré)écouter : La médecine traditionnelle chinoise au XXIe siècle

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