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Reportage international

Faute de touristes, les éléphants de Thaïlande retournent dans leur village

Audio 02:22
Un mahout regarde son jeune éléphant dans le village de Baan Na Klang, dans la province de Chiang Mai (dans le nord de la Thaïlande) où plus de 100 éléphants sont revenus de divers camps touristiques depuis l'épidémie du coronavirus.
Un mahout regarde son jeune éléphant dans le village de Baan Na Klang, dans la province de Chiang Mai (dans le nord de la Thaïlande) où plus de 100 éléphants sont revenus de divers camps touristiques depuis l'épidémie du coronavirus. LILLIAN SUWANRUMPHA / AFP
Par : Carol Isoux
6 mn

En Thaïlande, l’absence de visiteurs, la fermeture des frontières privent de revenus les centaines de camps d’éléphants destinés au tourisme. Faute de pouvoir les nourrir, certains dresseurs d’éléphants ont décidé de rentrer dans les villages de forêt avec leurs animaux. Reportage dans le nord du pays.

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Comme tous les jours, Tchokia l’éléphante et sa petite Lotus montent l’étroit sentier qui mène à la forêt. En temps normal, elles sont nourries au camp par les touristes qui leur offrent bananes ou canne à sucre. Mais, Covid-19 oblige, elles ont dû apprendre à se nourrir seules, sous l’œil attentif de leur gardien, le jeune Thanarat. « Vu que cela fait deux, trois mois qu’il n’y a plus un seul touriste, on est obligés de passer beaucoup de temps tous les jours à emmener nos éléphants dans la forêt pour qu’ils puissent se trouver à manger. Ce qu’on leur donne au camp en ce moment, ça ne suffit pas et ça devient de plus en plus difficile de trouver de la nourriture. Donc, si les touristes ne reviennent pas très vite, la situation va s’aggraver. »

Mais, tous les camps n’ont pas accès à la forêt et, faute de revenus, certains propriétaires ont démissionné, abandonnant à leur sort les éléphants et ceux qui les accompagnent, les mahouts, si bien que certains ont décidé de reprendre le chemin de la forêt.

Au village de Huay Bong, dans les montagnes karens, une vingtaine d’éléphants est arrivée depuis quelques semaines après un long voyage par la route. Nam y a participé. « Nous, on était très contents de rentrer à la maison, et les éléphants aussi, même si c’était un voyage épuisant. On a traversé des villages où certains enfants n’avaient jamais vu d’éléphants. Les éléphants n’habitaient plus la région depuis plus de vingt ans. Pourtant, c’est ici qu’ils sont nés. »

Pour les associations, la crise représente une occasion unique de faire cesser complètement l’activité, et de permettre aux hommes et aux animaux de rester chez eux. « On aimerait devenir un écovillage touristique. Les éléphants n’ont rien à faire en ville. C’est ici chez eux. Et nous, on n’aurait pas besoin d’aller travailler dans les camps, en usine ou dans les plantations de maïs. On ferait de l’agriculture chez nous, les éléphants nous aideraient à prendre soin du village et les touristes viendraient voir les éléphants ici et dormiraient chez l’habitant. »

Mais l’absence d’investissements, la pollution des cours d’eau et de récentes lois qui privent les Karens de l’usage de la forêt rendent le coût d’entretien des éléphants trop lourd pour ces villageois et le projet d’écovillage reste un rêve lointain.

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