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Invité Afrique

Bénin: «Il n'y avait plus d'organisation politique capable de jouer le rôle de l'opposition»

Audio 04:52
Eric Houndété, ici lors d'une conférence de presse à Cotonou en mai 2019, est le président du nouveau parti béninois Les Démocrates.
Eric Houndété, ici lors d'une conférence de presse à Cotonou en mai 2019, est le président du nouveau parti béninois Les Démocrates. Yanick Folly / AFP

Au Bénin, un nouveau parti politique vient de voir le jour, Les Démocrates, composée d’anciens du FCBE (Forces cauris pour un Bénin émergent) et de proches de Thomas Boni Yayi. L’ancien chef de l’État béninois en est d’ailleurs l’un des membres fondateurs. Les responsables de ce nouveau mouvement ont déposé mercredi 5 aout une demande de reconnaissance légale auprès du ministère de l’Intérieur. Pourquoi créer un nouveau parti à un an de l’élection présidentielle ? Comment Les Démocrates pourront-ils présenter un candidat à ce scrutin sans parrainages d’élus ? Autant de questions que Pierre Firtion a posé à Éric Houndété, le président de cette nouvelle formation.

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Pourquoi avoir créé ce nouveau parti, Les Démocrates, et avoir choisi de le nommer ainsi ?

Eric Houndété : Nous avons choisi de créer ce parti parce qu’il n’y avait plus véritablement d’organisation politique forte, capable de jouer le rôle de l’opposition et d’affronter, disons,  les dérives du gouvernement du président Patrice Talon. Nous avons nommé ce parti « Les Démocrates », simplement parce qu’il était temps que notre pays retourne à ses vieux amours, le pays des démocraties, le pays des libertés. Et donc, l’un des grands déficits que nous avons aujourd’hui, une des grandes faiblesses du régime du président Patrice Talon, c’est qu’il a saccagé notre démocratie, c’est qu’il a jeté aux oubliettes tout ce que nous avions comme libertés. Il a confisqué la justice. Il a privatisé l’administration publique. Et donc, on ne peut pas continuer à vivre comme ça. On ne fait pas le bonheur d’un peuple contre son gré.

 

Thomas Boni Yayi, ancien président du Bénin de 2006 à 2016, en est l’un des membres fondateurs. Nicéphore Soglo, ancien président du Bénin de 1991 à 1996, n’a pas rejoint Les Démocrates. Pour quelles raisons, il est pourtant lui aussi membre de La Résistance, ce rassemblement formé au lendemain des élections législatives d’avril 2019 ?

Il ne s’agit pas pour le président Soglo de rejoindre les démocrates. Il s’agit pour nous de mettre en place un instrument politique auquel nous associons dans une démarche inclusive l’ensemble des leaders du pays qui partagent notre vision, à savoir rétablir la démocratie au Bénin. Donc, nous sommes dans le processus d’écoute du président Soglo pour prendre en compte ses idées, pour prendre en compte sa pensée politique et, le moment venu, il agira comme il se doit. Quant au président Boni Yayi, il a choisi d’adhérer directement, j’allais dire d’être membre fondateur du parti et nous avons accueilli cela avec beaucoup de joie.

 

Le Parti social libéral de l’homme d'affaires Sébastien Ajavon et le parti de l’ancien ministre Candide Azannaï (Le parti Restaurer l'Espoir (RE)), n’ont pas non plus intégré votre mouvance. Est-ce que ce n’est pas un problème pour vous ?

Non. Pas du tout. Nous sommes ensemble avec la plupart des forces dans ce que nous avons appelé La Résistance. Et donc, La Résistance est une plateforme plus large. Mais nous avions besoin d’un parti-locomotive, d’un parti qui se met aux côtés des autres pour que nous puissions conduire l’action de La Résistance et l’action de la restauration de notre démocratie.

 

La semaine dernière, vous avez déposé une demande de reconnaissance légale de ce parti auprès du ministère de l’Intérieur, combien de temps peut prendre cette procédure et avez-vous dans craintes qu’elle n’aboutisse pas ?

Non, nous n’avons pas de crainte qu’elle n’aboutisse pas, simplement parce que nous sommes dans le droit et si par extraordinaire, le gouvernement en arrivait à tenter de nous empêcher de jouir de nos droits, nous apporterons la riposte qui convient. Ceci étant, en principe la loi leur donne deux mois pour examiner le dossier. Et nous avons fait le travail à leur place, c’est-à-dire que nous avons veillé à ce que du point de vue administratif, tous les documents à présenter soient présentés. Nous avons fait toutes les vérifications et nous avons mis plus de deux mois à organiser cela. Donc, il n’y aura aucune raison à mon avis que l’administration nous complique l’existence. Si nous sommes dans une république, une administration républicaine, à mon avis au bout d’une semaine ou deux semaines, ils devraient pouvoir nous faire leurs  observations. Aucune œuvre humaine n’est parfaite, nous attendons qu’ils nous fassent leurs observations pour qu’on procède aux corrections qu’il faut et que très rapidement ils nous délivrent le récépissé.

 

En déposant cette demande de reconnaissance, vous acceptez en quelque sorte le système électoral mis en place par le pouvoir ?

En politique, à des moments donnés, il faut faire l’évaluation de la situation. Ce qui était important pour nous aujourd’hui, c’est de nous donner et de donner à notre peuple un instrument de combat. Et l’instrument de combat que nous lui offrons, c’est un parti politique dénommé « Les Démocrates » qui travaillera avec l’ensemble des forces de l’opposition regroupées au sein de La Résistance pour que nous puissions disons libérer notre pays, restaurer la démocratie dans notre pays.

Pour pouvoir se présenter à la présidentielle de 2021, les candidats devront recevoir des parrainages d’élus. Or, votre nouveau parti n’a ni maire ni député. N’est-ce pas là une première difficulté de taille qui risque de vous empêcher de concourir à la prochaine présidentielle ?

Non. Il s’agit de demander au gouvernement de constater que c’est une disposition qui n’est pas juste, c’est une disposition qui ne favorise pas une élection inclusive. L’ensemble du pays ne peut pas être exclu. Des députés qui ont été nommés par le chef de l’Etat, des maires qui ont été nommés par le chef de l’Etat. A quoi peut-on s’attendre ? A ce que le président Talon soit candidat unique. Et ça, ça n’est pas possible.

Donc, vous êtes convaincu de pouvoir présenter un candidat en 2021 ?

Le peuple décidera. Nous ne sommes qu’un instrument aux mains du peuple.

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