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Afrique économie

Marrakech, fleuron du tourisme marocain, sinistré par le coronavirus

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La place Jemaa el-Fna,à Marrakech, désespérément vide, le 22 juillet 2020.
La place Jemaa el-Fna,à Marrakech, désespérément vide, le 22 juillet 2020. APo/Mosa'ab Elshamy
Par : Nina Kozlowski
6 mn

Au Maroc, le secteur du tourisme, stratégique pour l’économie du pays, est à l’arrêt à cause de la crise sanitaire et la ville de Marrakech en souffre énormément.

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À Marrakech, jamais la mythique place Jemaa el-Fna n’avait été aussi déserte. Gargotes, charmeurs de serpents, et surtout touristes ont disparu de la carte postale. Cette année, pandémie oblige, le Maroc va perdre 10 millions de touristes. La capitale touristique du Royaume est la ville la plus sinistrée.

Au Radisson Blue, un hôtel classé du centre-ville, Fabrice Castelorizio, directeur général, a réussi à conserver ses 150 salariés. Mais l’avenir semble très incertain. « On a eu cette audace de rouvrir, aujourd’hui on bricole avec 15- 20% d’occupation, explique Fabrice Castelorizio. C’est bien sûr très loin d’être ce qu’il faut pour couvrir nos charges. D’autres hôteliers n’ont bien sûr pas pu prendre cette décision faute d’activité, faute de visibilité. » Puis d’ajouter : « La situation reste très critique et nous pouvons tenir de cette manière avec un aussi faible taux d’occupation pendant quelques semaines ou quelques mois ; après il faudra que nous retrouvions une activité d’au moins 40 ou 50 % pour couvrir toutes nos charges. »

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L’importance de la clientèle venue de l’étranger

En 2019, le taux d’occupation de l’ensemble des hôtels flirtait avec les 90 %. Aujourd’hui, 70 % des 1 500 établissements hôteliers sont fermés. En cause : la fermeture des frontières pour les étrangers et la limitation des déplacements nationaux.

Ibtissam Jamili, directrice générale du Kenzi Menara Palace, ne voit qu’une seule solution pour sortir de la crise : l’ouverture des frontières. « Les principaux marchés sont à l’étranger, alors si jamais il n’y a pas d’ouverture, on va vers les fermetures des établissements certainement », craint-elle.

Menace sur les emplois

L’ensemble de l’écosystème touristique est menacé : les salariés de l’hôtellerie et de la restauration, mais aussi les agences de voyages, les fournisseurs, les transporteurs ou encore les artisans. Face à cette situation, certains redoutent la catastrophe, comme Fouzi Zemrani, vice-président général de la Confédération du tourisme. « C’est un secteur qui crée des emplois, directs et indirects, et si la machine ne repart pas, on risquerait d’avoir un drame social incommensurable », prévient-il.

Le tourisme représente 7 % du PIB marocain et crée 500 000 emplois directs. En plus d’avoir rapporté environ 75 milliards de dirhams (6 millions d'euros) en 2018, il a créé plus de deux millions d’emplois indirects. Mais selon les prévisions officielles, l’impact économique de la pandémie pourrait se faire sentir jusqu’en 2023.

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Le Maroc est toujours englué dans la crise du Covid-19, et a dépassé les mille cas de contamination par jour, et cumule à plus de 43 000 cas. Les autorités ont d’ailleurs prolongé l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 10 septembre.

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