Chronique des matières premières

Taïwan ouvre davantage son marché intérieur au bœuf et au porc américains

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Un élevage de porcs dans une ferme de Duncan, dans l'Illlinois aux Etats-Unis (image d'illustration).
Un élevage de porcs dans une ferme de Duncan, dans l'Illlinois aux Etats-Unis (image d'illustration). SCOTT OLSON/AFP

Nouveau signe de rapprochement entre Taïwan et les États-Unis face à la Chine, le gouvernement de Taïpei annonce qu’il ouvre plus grand les frontières au bœuf et au porc américains, en faisant des concessions sanitaires. Cela pourrait être le premier pas vers un accord de libre-échange américano-taiwanais.

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Taïwan ouvre ses frontières au bœuf américain âgé de plus de 30 mois, il avait été interdit après les cas de vache folle aux États-Unis au début des années 2000. L’île asiatique accepte aussi désormais le porc américain contenant de la ractopamine, un dopant largement utilisé en Amérique du Nord pour augmenter la masse musculaire de l’animal, mais qui est toujours interdit par l’Union européenne, par la Russie, par la Chine et qui l’était donc par Taïwan.

Taïpei renonce à des règles sanitaires strictes

L’île nationaliste chinoise est un des pays au monde où la consommation de viande est la plus importante par habitant, 90 kilos. C’est donc un marché d’importation très intéressant. D’ailleurs les États-Unis étaient déjà le premier fournisseur de bœuf et le quatrième fournisseur de porc de Taiwan, mais sur des quantités faibles, respectivement 70 000 tonnes et 9 000 tonnes. Car Taïpei conservait des règles très strictes sur la viande importée pour deux raisons : l’exigence des consommateurs et la volonté de protéger l’élevage, en particulier porcin. L’île est autosuffisante à 90% en viande de porc, même si ses élevages peinent à rester compétitifs.

Depuis 2010, déjà, la population est plus ouverte à la viande importée. Cette année-là une maladie animale avait décimé les élevages porcins taiwanais et conduit à la plus forte inflation de la viande locale en dix ans. L’an dernier, la fièvre porcine africaine venue de Chine a fait son apparition à Taiwan, menaçant à son tour les élevages.

Préparer l’économie post-Covid à Taïwan

Les concessions sanitaires accordées à la viande importée des États-Unis s’inscrivent dans un contexte bien particulier. Celui d’un rapprochement de Washington avec Taipei, sur fond de menaces militaires accrues de Pékin dans le détroit de Taiwan. L’île nationaliste a reçu début août le secrétaire américain à la santé, premier visiteur de haut rang depuis la rupture des relations diplomatiques en 1979.

Le calendrier est favorable à l’ouverture de négociations pour un traité de libre-échange, estime la présidente de Taïwan. Tsai Ing-wen se défend d’exploiter la prochaine élection présidentielle américaine, mais elle voit une opportunité de replacer Taïwan au cœur des échanges post-Covid. Elle affirmait vendredi « si nous faisons un pas décisif dans ce dossier du porc et du bœuf américain, ce sera un important départ pour la coopération américano-taiwanaise, sur tous les fronts. ».

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