Chronique des matières premières

Premières pertes semestrielles depuis plus de 20 ans pour les géants chinois du pétrole

Audio 01:58
La raffinerie de Sinopec à Wuhan, dans la province du Hubei (image d'illustration).
La raffinerie de Sinopec à Wuhan, dans la province du Hubei (image d'illustration). REUTERS/Stringer

Les compagnies pétrolières chinoises ne sont pas épargnées par la crise du coronavirus. Après PetroChina, c’est au tour de Sinopec de déplorer ses premières pertes semestrielles en plus de 20 ans.

Publicité

La Chine s’est remise plus vite du Covid-19, mais le coronavirus n’en a pas moins pulvérisé les profits de ses géants du pétrole. Sinopec est dans le rouge, pour la première fois depuis sa cotation à la bourse de Hong Kong en 2000. Une perte de 22 milliards de yuan, soit 3,2 milliards de dollars. Sinopec ou China Petroleum & Chemical Corp a beau être le premier raffineur d’Asie, il a été frappé comme ses concurrents internationaux par la chute de la demande de carburants : il n’a transformé « que » 111 millions de tonnes de brut de janvier à juin dernier, 10% de moins qu’en 2019.

Le groupe doit déprécier des actifs, vendre ses parts dans les oléoducs et réduire ses dépenses d’investissement de 10% en 2020.

Dépréciations d’actifs mais production d’hydrocarbures soutenue

Le premier producteur chinois de pétrole PetroChina a publié des résultats encore plus mauvais il y a quelques jours : 30 milliards de yuans soit 4,4 milliards de dollars de pertes sur les six premiers mois de l’année. PetroChina a subi le plongeon des cours du pétrole et le coup de frein de la demande chinoise et mondiale de brut. Lui aussi déprécie ses actifs d’1,2 milliard de dollars. Enfin CNOOC, China National Offshore Oil Corp, plus orienté vers l’exploitation des hydrocarbures à l’étranger, reste dans le vert mais voit ses profits plonger des deux tiers.

Maintien de prix du brut « à un niveau bas » selon Sinopec

Paradoxalement, les trois grands groupes pétroliers publics chinois ont continué à produire des hydrocarbures de façon soutenue. Au premier semestre, la production de Sinopec n’a baissé que de 0,4%, celle de CNOOC a bondi de 6%, celle de PetroChina de 7%.

Mais le sentiment pour le reste de l’année est très mitigé. Sinopec croit, certes, à une reprise forte de la demande pétrolière et pétrochimique en Chine, mais juge que les prix du brut vont continuer « à fluctuer à un niveau bas » au deuxième semestre, à cause de l’instabilité et de l’incertitude croissantes sur le sort de l’économie mondiale. ChinaCorp s’attend à une fin d’année difficile avec une concurrence accrue sur le sol chinois, puisque les compagnies pétrolières étrangères peuvent depuis peu y investir sans partenaire local.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail